11
avr

Blok Party

Alexander Blok is a major poet of the Russian Symbolism style.

***
A night, a street, a lamp, a drugstore
A meaningless and dismal light
A quarter century outpours – 
It’s all the same. No chance to flight.

You’d die and rise anew, begotten.
All would repeat as ever might:
The street, the icy rippled water,
The store, the lamp, the lonely night.

October 10th, 1912



             There is a man in flames.

                                                            Fet 

    How difficult it is to walk among people

    While pretending not to have been killed,

    And on the tragic play staged by desires

    Lecture those who've yet to begin to live.

    And scrutinizing your daily nightmare

    Find structure in feelings' confused whirl

    So that you may in art's pale glimmer

    Decipher this life's devastating fire. 

                                             10 May 1910

 

    As from the void – a blue fountain

    Of light splashed forth.

    Our heads raised up to the mountain –

    And it has fled north,

    Scattered above the black distance

    In golden hues,

    And here, again, an arch, a spiral,

    A sphere, a swirl,

    In green, yellow, fire-red, sky-blue –

    Night's lights go on...

    And, having stirred for no reason,

    Wither from view. 

                                             October 1913

Agitatorn by Hans Hammarskiold, London, 1955.jpg

(Agitatorn by Hans Hammarskiold, London, 1955)

09:38 11/04/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

9
avr

Intime. Amour.

«Das neue Strahlen». From Jugend, 1896.jpg (art : «Das neue Strahlen». From Jugend, 1896)

« Le désir est torve, il ne se conforme pas à nos idéaux, et voilà pourquoi nous avons tellement besoin d'eux. Le désir se moque de tous les efforts humains et leur donne un sens. Le désir est l'anarchiste originel, le premier agent secret – pas étonnant que les gens veulent l'éradiquer. Et au moment précis où nous pensons tenir fermement la bride au désir, il nous laisse tomber ou il nous remplit d'un espoir nouveau. Le désir me fait rire parce qu'il se moque de nous tous, autant que nous sommes. Mais autant se laisser rouler dans la farine par lui que devenir fasciste. »

(Extrait de Intimité de Hanif Kureish)

22:20 09/04/2013 | Lien permanent | Tags : luv, humoeurs |  Facebook

8
avr

Lettre à un chercheur de Dominique Massaut

Lettre à un chercheur

 

Après un courrier de l’Office National de l’Emploi,
LETTRE A UN CHERCHEUR

Tu as cherché de l’air, et tu as trouvé de l’air, un très grand cri dès la première bouffée. Tu as cherché la peau douce d’un sein, et son lait, et tu l’as trouvé, à coup très sûr. Tu as cherché pendant de longues années à comprendre mille et une étrangetés qui s’allumaient à portée de tes sens. Tu as cherché à te faire accepter par le monde autour de toi. Et le monde autour de toi était en expansion constante. Le champ de la recherche était vaste. Et sa population dense. Tu as vite compris que, si tu voulais te faire aimer du monde, il fallait que tu ne blesses pas le monde, et qu’il t’était utile de te rendre utile au monde. Alors tu t’es appliqué. Bien avant la fin de ton parcours scolaire, tu essayais de comprendre le vivant. Tout ce que tu en percevais, tout ce que tu en lisais, tu décidais d’en faire relecture en t’imaginant dans la tête d’un autre. Chaque fois que tu croisais un quelqu’un, une quelqu’une hurlant de douleur, tu cherchais à dessiner dans ton propre corps la réplication de cette douleur, et tu t’immobilisais un long moment pour être sûr d’avoir été au plus proche, au plus sincèrement proche. Et tu suivais le même chemin quand tu rencontrais les cris du plaisir ou de la joie, ou même un regard discret où quelque chose invitait à l’écoute. Tu as très souvent ralenti ton pas. Pour ne passer distraitement à côté de rien. Durant de longues décennies, tu as écouté bien plus que tu n’as parlé. Tu as essayé d’entendre les bruits du monde, ceux des langues proches et lointaines, ceux des gens qui pensent avec des dieux, ceux qui pensent avec des machines, ceux qui pensent avec la testostérone, ceux qui pensent avec les livres et ceux qui pensent avec les odeurs. Le bruit des peuples guerriers. Le bruit des peuples aux mâles mijaurées. Celui des peuples aux rôles confus. Tu accueillais sous ton crâne des milliards de petits points d’interrogations, et les pensées qu’ils faisaient fleurir n’étaient pas celles de l’ordre propre d’une plate-bande de ville, mais des pensées sauvages, semées et ressemées hirsutes au hasard des tourbillons. Tu as cherché, tous azimuts, et sans calcul dans le cou. Tu regardais le monde, et tu t’es dit qu’il manquait grossièrement de confiance dans la richesse de sa diversité. La peur dont il affublait le foisonnement de ses singletons et de ses ensembles le conduisait au petit génocide hebdomadaire, rassurant comme un coup de javel de printemps. Car, oui, le monde élaguait, facettait, façonnait les faims et les soifs de sa population, et enseignait avec génie le bêlement. Et cette peur qu’il cultivait si bien était entrée dans chaque tête allant sa vie. Toi, c’est l’efficacité de la peur qui t’a fait peur. Et ton corps s’est comme figé d’azote liquide quand tu as vu comment le monde apaisait cette inquiétude, que par ailleurs il continuait de nourrir. Tu le voyais gaver ses ouailles jusqu’au foie mort, l’inondant d’une marée de victuailles frelatées, de montagnes de verroteries, de troupeaux de sexes virtuels professionnels, de starlettes dopées ou de bibelots électroniques. L’effroi. Mais un moteur fulgurant pour ta recherche. Tu as continué à chercher. A écouter les travailleurs pétris d’angoisse dans les nouveaux packs de management. A écouter leurs arrêts affolés de travail ou leurs suicides. A écouter la parole vide des collégiens errants dans le ventre des centres commerciaux. A écouter ceux à qui on refuse les droits, la protection, les soins de santé sur notre sol parce qu’ils ne sont pas nés sur notre sol, et parce qu’ils n’ont pas de portefeuille obèse à vider sur notre sol. Tu as écouté des vieux perdus devant la multiplication des touches sur les appareils, les changements semestriels des fonctions de ces touches, et la bouche bée de ces vieux devant le changement de la matière même des interlocuteurs au téléphone.
Tu as cherché à voir. Et tu as vu. Des commerçants trafiquer les étiquettes ou les balances, cacher, frelater, voler, privatiser pour mieux encore trafiquer les étiquettes ou les balances, cacher, frelater, voler, et reprivatiser encore. Des actionnaires pousser à la gestion folle. Des propagandistes sournois démanteler l’idée du bien commun. Des chefs démocrates mettre leurs rivaux sur écoute. Des chefs démocrates empoisonner leurs opposants. Des chefs démocrates trafiquer les urnes. Des chefs démocrates accidenter des journalistes. Des candidats démocrates enfouir les questions sous des couches de shows. Des usines télévisuelles censurer la parole brute par leurs castings. Ou des marchants de rêves anesthésier le rêve, ou le réduire sur les bandes étroites de la pécune. Tu n’as pas voulu faire de même. Tu n’as pas voulu occuper, ni même chercher à occuper, un emploi qui fabrique des armes ou porte des valises au Luxembourg. Un emploi qui fabrique des graines stériles, minéralise des terres arables et suicide par étouffement des milliers de paysans. Un emploi qui tue la girouette des abeilles. Un emploi qui rend folles les vaches, file la peste aux cochons, la grippe aux volailles. Un emploi dans la construction d’une centrale nucléaire narguant les houles de l’océan et celles du ventre profond de la Terre. Un emploi qui blanchit le commerce des poisons. Un emploi dans un bureau qui soudoie quelques dizaines de dictateurs. Un emploi dans un centre de recherche du mensonge, payé par un cigarettier ou un exploitant de gaz de schiste. Un emploi dans une association sans but lucratif avec but lucratif.
Tu as cherché à accompagner plutôt qu’à gruger, humilier, escroquer. Tu as cherché à être avec. Tu as cherché en amitié avec les gens. Patiemment. Croyant que c’était là travailler en intelligence. Croyant que le bien était là. Et croyant qu’en faisant le bien dans le monde autour de toi, le monde autour de toi souhaiterait que tu vives. Hier, tu as reçu une autre « lettre à un chercheur ». Une lettre de l’Office National de l’EMploi. L’office tenait à t’informer que tu étais, depuis trop longtemps sans trouver, à la recherche d’un emploi, et que, en conséquence, tes allocations ne te seraient plus allouées d’ici quelques mois.
Tu as compris beaucoup de choses. Mais cela, tu ne l’avais pas compris : pour que le monde t’accorde de quoi te maintenir en vie décente, il faut intégrer un emploi, ou, à l’exclusion de toute autre activité, chercher à intégrer un emploi, y réserver tout ton temps, toute ta concentration, tous tes coudes.
Tu n’as pas compris, ou voulu comprendre, qu’aux yeux du monde qui alloue, un emploi de fabricant de Kalachnikov était plus noble qu’une attention journalière au monde qui t’entoure ou une errance autodidacte de chercheur poète, acteur de ci de là, donnant au passage un coup de main plutôt qu’un croche-pied ou un coup de grâce. Tu fus un chercheur naïf. Tu abandonneras donc sans doute toutes tes recherches sauf celle du premier emploi vacant, suivant ce qu’il t’est demandé.
Dès lors, les menaces disparaîtront. Tu seras un employé. Quelque chose à qui il est demandé de ne plus rien chercher.

13:23 08/04/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, poly-tiques |  Facebook

The Insurrection Tour & Troupe Poétique Nomade en Gaume

afficheMiladyMuno 20 04 13.jpg

 

Une tournée poétique et insurrectionnelle propulsée par maelstrÖm reEvolution & l'Arbre à Paroles à partir du nouveau livre de Lawrence Ferlinghetti.
Invitation lancée par Les Grands Lunaires dans le cadre des ateliers et des soirées d'ivresses http://ivresses.ivresses.overblog.
avec
Sandrine Emmery
Milady Renoir
Benjamin Pottel
David Giannoni

Lectures, Musiques, Espaces de Chocs, Choix et Libertés, Scène Ouverte à qui lit, écrit, dit, veut.

Entrée Gratuite
Bar sur Place

Résa & Info: 0476 65 52 65 ou les.grands.lunaires@skynet.be

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Enfin en français! le "petit livre rouge" du grand poète de San Francisco

Je te fais signe à travers les flammes.
Le Pôle Nord a changé de place.
La Destinée Manifeste n’est plus manifeste.
La civilisation s’autodétruit.
Némésis frappe à la porte.
À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
À quoi sert la poésie ?
L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.
Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...

Recueil inédit en français… qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA!
A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d’une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d’un grand renouveau… C’est ainsi qu’il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d’art poétique et d’art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération – définition/
anti-définition de la poésie…

SMDOP: Slow Motion with a Disposable Organic Poetess (Milady Renoir)

milady-renoir.jpg  SMDOP: Slow Motion with a Disposable Organic Poetess


Dans un lieu hors des communs, chaque personne du public est invitée à danser doucement, se confronter lentement, bouger avec une poétesse organique vivante et jetable ... quelques minutes (au moins) ou plus au milieu de 4 heures de performance (en)mouvementée.

Comment renouer avec les émotions enfouies ou répétitives...
comment s'informer d'un corps sans mettre la parole devant...
comment (se) rencontrer dans un espace confiné...
Comment revivre ce temps de connexion en bougeant si lentement que chaque mouvement, chaque odeur, chaque diastole, chaque pas, chaque bruit devient un lien (heureux ou artificiel ou « à vivre »).

Danser doucement, danser épaule contre tête ou head on shoulder.
Prendre le temps de tout bien sentir - embarras, confusion et plaisir possibles.
Danser l'un CONTRE l'autre, l'un avec l'autre, l'un pour l'autre.

D'un côté : Une poétesse volontaire, désireuse de créer un lien doux ou dur, sensoriel jusqu'à sensuel, drôle ou cru – curseur variable entre silence et euphorie jusqu'à épuisement de l'air et du temps (4h sans pause).

De l'autre : un partenaire particulier inconnu ou reconnu qui vient tester sa chance, son risque de se frotter à une poétesse, à une femme confortable, à un corps en expériences sensibles. Toute velléité bienvenue : compromis, développement durable, exutoire, plan QI, réunion...

Pourquoi 4 heures ?
Pour l'empreinte du temps qui déroule lentement son chemin
pour instaurer une fatigue
pour traverser diverses étapes émotionnelles
pour voir et revoir
pour laisser le corps désirer, résoudre, rejeter, appréhender, pourfendre, attaquer, résister, vivre plus que d'habitude.




Bref?

smdop.
poetess (moi)
Slow (à deux)
Danse/dance
4h en tout
11 mai 2013
Healing the past...
Organic and disposable donc...

Free entry for the performance but pas pour le FiEstival... http://www.fiestival.net/

Tout le reste exactement:
http://www.fiestival.net/menu-principa...

Avec la très aimable & aimée collaboration de Norma Berardi (camériste) et de Nicolas Marchant (DJ/compositeur).

on-acheve-bien-les-chevaux-1969-05-g.jpg

(they shoot horses, don't they de Sidney Pollack)

12:35 08/04/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, humoeurs, society, agendada, arts |  Facebook

4
avr

Kind kind child child

The song

In German

Lied Vom Kindsein – Peter Handke

Als das Kind Kind war,
ging es mit hängenden Armen,
wollte der Bach sei ein Fluß,
der Fluß sei ein Strom,
und diese Pfütze das Meer.

Als das Kind Kind war,
wußte es nicht, daß es Kind war,
alles war ihm beseelt,
und alle Seelen waren eins.

Als das Kind Kind war,
hatte es von nichts eine Meinung,
hatte keine Gewohnheit,
saß oft im Schneidersitz,
lief aus dem Stand,
hatte einen Wirbel im Haar
und machte kein Gesicht beim fotografieren.

Als das Kind Kind war,
war es die Zeit der folgenden Fragen:
Warum bin ich ich und warum nicht du?
Warum bin ich hier und warum nicht dort?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum?
Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum?
Ist was ich sehe und höre und rieche
nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt?
Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,
die wirklich die Bösen sind?
Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,
bevor ich wurde, nicht war,
und daß einmal ich, der ich bin,
nicht mehr der ich bin, sein werde?

Als das Kind Kind war,
würgte es am Spinat, an den Erbsen, am Milchreis,
und am gedünsteten Blumenkohl.
und ißt jetzt das alles und nicht nur zur Not.

Als das Kind Kind war,
erwachte es einmal in einem fremden Bett
und jetzt immer wieder,
erschienen ihm viele Menschen schön
und jetzt nur noch im Glücksfall,
stellte es sich klar ein Paradies vor
und kann es jetzt höchstens ahnen,
konnte es sich Nichts nicht denken
und schaudert heute davor.

Als das Kind Kind war,
spielte es mit Begeisterung
und jetzt, so ganz bei der Sache wie damals, nur noch,
wenn diese Sache seine Arbeit ist.

Als das Kind Kind war,
genügten ihm als Nahrung Apfel, Brot,
und so ist es immer noch.

Als das Kind Kind war,
fielen ihm die Beeren wie nur Beeren in die Hand
und jetzt immer noch,
machten ihm die frischen Walnüsse eine rauhe Zunge
und jetzt immer noch,
hatte es auf jedem Berg
die Sehnsucht nach dem immer höheren Berg,
und in jeder Stadt
die Sehnsucht nach der noch größeren Stadt,
und das ist immer noch so,
griff im Wipfel eines Baums nach dem Kirschen in einemHochgefühl
wie auch heute noch,
eine Scheu vor jedem Fremden
und hat sie immer noch,
wartete es auf den ersten Schnee,
und wartet so immer noch.

Als das Kind Kind war,
warf es einen Stock als Lanze gegen den Baum,
und sie zittert da heute noch.

 

Dennis Stock. On the set of the «Planet of apes».jpg

In English

Song of Childhood – Peter Handke

When the child was a child
It walked with its arms swinging,
wanted the brook to be a river,
the river to be a torrent,
and this puddle to be the sea.

When the child was a child,
it didn’t know that it was a child,
everything was soulful,
and all souls were one.

When the child was a child,
it had no opinion about anything,
had no habits,
it often sat cross-legged,
took off running,
had a cowlick in its hair,
and made no faces when photographed.

When the child was a child,
It was the time for these questions:
Why am I me, and why not you?
Why am I here, and why not there?
When did time begin, and where does space end?
Is life under the sun not just a dream?
Is what I see and hear and smell
not just an illusion of a world before the world?
Given the facts of evil and people.
does evil really exist?
How can it be that I, who I am,
didn’t exist before I came to be,
and that, someday, I, who I am,
will no longer be who I am?

When the child was a child,
It choked on spinach, on peas, on rice pudding,
and on steamed cauliflower,
and eats all of those now, and not just because it has to.

When the child was a child,
it awoke once in a strange bed,
and now does so again and again.
Many people, then, seemed beautiful,
and now only a few do, by sheer luck.

It had visualized a clear image of Paradise,
and now can at most guess,
could not conceive of nothingness,
and shudders today at the thought.

When the child was a child,
It played with enthusiasm,
and, now, has just as much excitement as then,
but only when it concerns its work.

When the child was a child,
It was enough for it to eat an apple, … bread,
And so it is even now.

When the child was a child,
Berries filled its hand as only berries do,
and do even now,
Fresh walnuts made its tongue raw,
and do even now,
it had, on every mountaintop,
the longing for a higher mountain yet,
and in every city,
the longing for an even greater city,
and that is still so,
It reached for cherries in topmost branches of trees
with an elation it still has today,
has a shyness in front of strangers,
and has that even now.
It awaited the first snow,
And waits that way even now.

When the child was a child,
It threw a stick like a lance against a tree,
And it quivers there still today.

20:53 04/04/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, humoeurs |  Facebook

29
mar

dans la maison de maisons de gens

J'ai aimé participer à ce joli projet de maisons, entre intimes dévoilés et flous flous...

 

http://users.skynet.be/vudelavallee/production1.html pour dire et voir.
http://users.skynet.be/vudelavallee/production16.html pour avoir et savoir.

09:05 29/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

28
mar

Editions de la Brigandine (merci au carrefour de l'étrange)

Editions du Bébé Noir


D
Philippe Despare. Les Emois de Marie
Frank Dopkine. Le Loup et la Gnole
Frank Dopkine. Dégelées précoces
Frank Dopkine. Science Friction
Frank Dopkine. Des diams de petite vertu
Gilles Derais. La Peau lisse des nurses
F
Sébastien Frac. Canebière pression
Virginie Floreffe. Eros et Camés
G
Jimmy Garcia. A corps et à crime
Judith Gray. Julie la rouste
L
Anne de Launay. L’île aux délices
Nicolas Le Scanff. Cris et Suçottements

M
Natacha Muller. Les Mensonges d’une nuit d’été
Georges Moreville. Des gars, des os
Georges Moreville. Pour une poignée de taulards
N
R. Numos. L’Argent n’a pas de pudeur
Numos. La motarde de Dijon
Numos. L’abbaye ne fait pas le moine
Dominique Nangis. Satyre à conséquences
P
Dan Perrot. Un vrai temps de tous seins
R
Claude Razat. Trafics de coquine
Claude Razat. Ciné à mateurs
Claude Razat. Frankenstein, de filles en aiguilles
V
Luc Vaugier. C’est pas toujours la veuve qui porte le deuil
Luc Vaugier. Le dernier Don Juan de la nuit
Luc Vaugier. Des coups et des douleurs



Editions La Brigandine :

 

A
Luc Azria. Les feux de la crampe
Luc Azria. Choyez gentille
Luc Azria. L’enfilosophie dans le boudoir
Luc Azria. Le droit à la caresse
B
Elisabeth Bathory. S.O.S mes deux seins
Hurl Barbe. Les sept mercenaires
Hurl Barbe. Pompe le mousse
Philarète de Bois Madame. Science et vit
Barboura Bajoie. L’étroit petit cochon
C
Julienne de Cherisy. La Vie secrète d’Eugénie Grandet
Pierre Charmoz. Cime et châtiment
Francis Carter. L’Enfer n’est plus de saison

D
Gilles Derais. Les sept merveilles du monstre
Frank Dopkine. Des chibres et des lettres
Frank Dopkine. Crapules au vert
Frank Dopkine. Salle des Vamps
Pierre Dubois. God save the crime
E
Jacques Erial. L’étrangère étranglée
F
Jérôme Fandor. Ton corps et tatoué.
Jérôme Fandor. L’Epiée nue
Barbara Feige. Une fille à la patte
G
Sébastien Gargallo. Chaud business
Sébastien Gargallo. Groupie mains rouges
Sébastien Gargallo. Tiens voilà du Bouddha
Sébastien Gargallo. Un vice à papa
Sébastien Gargallo. Marie chantage
Sébastien Gargallo. Rien faire et les séduire
Sébastien Gargallo. Le flambeur demi sel
Sébastien Gargallo. Le Kamikaze de l’Oncle Tom
Sébastien Gargallo. Le fossile et le marteau
Eric Guez. Le Feu occulte
Eric Guez. T’as d’beaux vieux tu sais
Eric Guez. Pelottes d’hellenes
Eric Guez. Des coups plein l’aïeul
Eric Guez. Oracle O désespoir
Eric Guez. Des Mutants de Panurge
Eric Guez. Pastille d’amante
Eric Guez. Le bal des petits vits blancs
Eric Guez. La Belge au bois dormant
Eric Guez. L’Homme des tavernes
Eric Guez. Le Savant de Marseille
Eric Guez. Les maléfices à papa
Eric Guez. Le Massacre du printemps
Sébastien Gargallo. Un vice à papa
Sébastien Gargallo. Tout pour l’égoût
Frédéric Georges. Tel père tel vice

L
Georges Le Gloupier. Sévices après vamps
Georges Le Gloupier. Les accidents de l’amer
Georges de Lorzac. La Loque à terre
Georges de Lorzac. Les Clystères de Paris
Francis Lotka. Le popotin de la commère.
Francis Lotka. La rousse au petits roberts
Francis Lotka. Pour qui sonne le gland
Francis Lotka. L’odeur du bookmaker
Francis Lotka. Dérèglement de compte
Francis Lotka. Ice crime
Francis Lotka. Des hommes sans cible
Francis Lotka. Louche écossaise
M
Florent Massada. L’agent n’a pas d’odeur
Florent Massada. Tapinage artistique
Florent Massada. Une femme dans chaque pore
Florent Massada. Strip à la mode de Caen
Frank Murdoch. Sucettes à la Nice
Frank Murdoch. Tétins Et Mi-Lourds
Frank Murdoch. Transes Eros Express
Frank Murdoch. Sans tabou ni trompette
P
Jonathan Pibrac. La Garce Champêtre
Jonathan Pibrac. Le vice dans la vallée
Philippe Packart. Les torchons et les soviets
Philippe Packart. Bloody mairie
Humphrey Paucard. L’ulster à l’estomac
R
Claude Razat. Sorcellerie rémoulade.
Julie Renoir. La peau sur le revenu
Benjamin Ruppert. Loin des yeux loin du tueur
Benjamin Ruppert. Faux mage ou dessert
Benjamin Ruppert. Déclic et des claques
Benjamin Ruppert. Les potins de la comète
Benjamin Ruppert. Chaud effroi
Benjamin Rupert. Les Trois Moustiquaires
Benjamin Rupert. Sabbat, ça vient
Benjamin Rupert. Trop poulet pour être honnête
Benjamin Rupert. Lubriques à braque
Benjamin Rupert. A poil et à vapeurs
S.
Gary Semple. Les hommes préfèrent les bombes
Gary Semple. La musique adouçit les meurtres
Gilles Soledad. Dollars ou du cochon
Gilles Soledad. Langes bleus
Gilles Soledad. Interdit aux mains de 16 ans
Gilles Soledad. La Maldonne des sleepings
Gilles Soledad. Un petit salé aux Antilles
Gilles Soledad. Attouchements sans douleurs
Gilles Soledad. Fêtes de fins damnés
Gilles Soledad. En avant l’amnésique !
Carlotta Simpson. L’éducation gentiment sale
V
Jean-Louis Villiers. Embrouilles à minettes

du meilleur goût... ;-)

21:12 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : society, place net, luv, lis tes ratures |  Facebook

chupador...

Les illustrations de ce livre sont signées J.-P. Guillemot.

21:07 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

logique

"If you can’t go home, there is nowhere to go, and nowhere is the biggest place in the world—indeed, nowhere is the world."

Aleksandar Hemon from The Lazarus Project

The Skeleton in the desert, circa 1880.jpg


21:00 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

22
mar

AVIS à la Populass (humoeur)

Je pense bientôt quitter la "culture", le monde du travail, la ville, l'ONEM et les chauffeurs de la STIB et partir cuisiner des gâteaux simples et presser des smoothies bio en Gaume et vivre d'amour et d'eau fraîche et porter des habits orange ou violet et m'ennivrer d'essences indiennes dans le cou et me frotter au musc d'élan entre les cuisses et creuser une grotte de sélénite dans la roche rigoureuse et fabriquer un moulin à eau avec mes petites mains aux ongles terreux sans vernis et laisser pousser tous mes poils tout en rasant mon crâne et élever des enfants à moi ou pas entre un tipi en peaux de chèvre naine et une yourte en poils de couilles chamaniques avec des individu(e)s de toutes les ethnies opprimées et faire une diète riz carottes pendant mes règles contrôlées et me frotter aux orties blanches chaque matin primal pour interpeller PachaMama, Mamie Nova... et toute la smala... Si, si.

Beauty contest for cattle at the Iowa State Fair, Iowa, 1965.jpg

12:15 22/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

15
mar

écrire plutôt que dire (éternel)

darkness stars.jpg

Pensées en relief écrites ici plutôt que là ou là-bas
pour les gens aimés qui ne cessent de perdre des gens et des choses.

09:04 15/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

12
mar

Interlude animalier

clic on cat.

19:02 12/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

10
mar

Espace de Libertés - RDV mensuel avec ma tête

Chaque mois, j'écris une bafouille dans Espace de Libertés,la revue du Centre d'Action Laïque...

j'y suis la Page 35 ou 38 ou même 41 selon la taille (ça ne vaudra jamais la page centrale du Sun, je sais) dans une rubrique nommée Coup de Pholie.

Clic pour le dernier numéro et piochez dans le shop (les numéros précédents sont gratuits et téléchargeables) sur cette page-ci.

Les sujets sont à la carte (blanche) et les articles sont courts. Je tente d'y délayer la sauce de mon crâne, celui qui est entre mes tempes et d'être comprise, enfin...

22:44 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : textes, place net |  Facebook

Frédéric Lecloux

Frédéric Lecloux a sorti Brumes à venir chez Le Bec en l'air en octobre 2012. Il est photographe à l'agence VU, il écrit de la poésie et il donne des stages de photographie au Népal et en Arles. Et c'est un bon garçon.

J'avais entendu son récit autour de L'usure du monde sur France Culture il y a un an.
Je l'ai ensuite rencontré à Schaerbeek (il en est originaire), en bas de chez moi.
Sa facilité d'allier images et textes a été un sujet de conversation dès le début.

Du coup, nous avons décidé de monter un atelier d'écriture et de photographie à deux. Il aurait lieu à Bruxelles du 12 au 14 juillet... AffaireS à suivre.

22:32 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : atelier, lis tes ratures |  Facebook

Saturday Night Pepper

Vu en vrai, même petit car de loin, le King of Trash, le Dandy pas si Daddy, John Waters.
Soirée en deux temps, one man show du Sir John et puis projection de Polyester avec Divine la Guerrière Kitsch et Edith Massey la Mémé Autiste.
Et puis la carte Odorama...

parfaite soirée, ou presque.

Pink Flamingos de John Waters.pngDivine & John.jpg

female trouble by J Waters.jpg03-jhon-waters-polyester-odorama.jpg

21:44 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

Saul Williams, all ways

Revu dimanche dernier l'incroyable Sage Poète de la Rue Saul Williams, revu après 15 ans. Là, c'était le prix des Paroles Urbaines, mais c'était aussi et surtout Saul Williams. Le basquiat du Spoken Word...

Saul Williams dérive sur les origines, varie sur les thèmes du monde et se lie aux gens avec mots et mains.
Un incroyable bonhomme, que mon fils a fait rire et qui a fait rire mon fils. Bon signe, dis-je en bonne mère fière.

Saul touche à tout car c'est dans le monde qu'il vit pas dans un monde. Je suis admirative de sa langue, de son corps (céleste et présent), de son regard (et de ses yeux, j'avoue).

Un entretien très vif, ici.

 

muse-hicmuse-hicmuse-hic

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots?

("ohm" is chanted in long drawn out syllables throughout the song)

[Saul Williams]
through meditation I program my heart
to beat breakbeats and hum basslines on exhalation
*Saul beatboxes* "ohm"
I burn seven day candles that melt
into twelve inch circles on my mantle
and spin funk like myrrh
*Saul beatboxes* "ohm"
and I can fade worlds in and out with my mixing patterns
letting the Earth spin as I blend in Saturn
niggaz be like spinning windmills, braiding hair
locking, popping, as the sonic force
of the soul keeps the planets rocking
the beat don't stop when, soulless matter blows
into the cosmos, trying to be stars
the beat don't stop when, Earth sends out satellites
to spy on Saturnites and control Mars
cause niggaz got a peace treaty with Martians
and we be keepin em up to date with sacred gibberish
like "sho' nuff" and "it's on"
the beat goes on, the beat goes on, the beat goes "ohm"

and I roam through the streets of downtown Venus
trying to auction off monuments of Osiris' severed penis
but they don't want no penis in Venus
for androgynous cosmology sets their spirits free
and they neither men nor women be
but they be down with a billion niggaz who have yet to see
that interplanetary truth is androgynous
and they be sending us shoutouts through shooting stars
and niggaz be like, "Whattup?" and talking Mars
cause we are so-lar and regardless of how far we roam from home
the universe remains our center, like "ohm"

I am no Earthling, I drink moonshine on Mars
and mistake meteors for stars cause I can't hold my liquor
but I can hold my breath and ascend like wind to the black hole
and play galaxaphones on the fire escapes of your soul
blowing tunes through lunar wombs, impregnating stars
giving birth to suns, that darken the skins that skin our drums
and we be beating infinity over sacred hums
spinning funk like myrrh until Jesus comes
and Jesus comes everytime we drum
and the moon drips blood and eclipses the sun
and out of darkness comes a *Saul beatboxes*
and out of darkness comes a *Saul beatboxes*
and out of darkness comes the...

*µ*µ*µ

I don't know whether to laugh or cry
and I don't know whether to live or die
I kept my love for her locked deep inside
it cuts like a knife
she's out of my life
out of my life, out of my hair
out of my mind, there's no love in there
I move on, move on

dear God, I wasn't breast fed
and most of my conversations with men seem to revolve around music
I'm no musician but the pain has been instrumental
my sense finally tune the instruments of - of - of
of being lonely, of being lost, of being loved, of being human
man I could use a metaphor but I can't get beyond this shit
I could use someone to talk to
but most of my conversations with men seem to revolve around music

I am a poet who composes what the world proses
and proses what the world composes

I am a poet who composes what the world proses
and proses what the world composes

damned indescion and cursed pride
I kept my love for her locked deep inside
and I don't know what to do
to get it through to you
get out of my life tonight
get out of my life
out of my life, out of my hair
out of my mind, 'cause no lovin' fair
I move on, move on

she had nothing but time on her hands
silver rings, turquoise stones and purple nails
I rub my thumb across her palm
a featherbed where slept a psalm
yay though I walked, I used to fly, and now we dance
I watch my toenails blacken and walk a deadened trance
'til she woke me with the knife edge of her glance
I have the scars to prove the clock strikes with her hands

and I don't know what to do
to get it through to you
and I don't know what to do
to get it through
out of my life, out of my hair
out of my mind, 'cause no lovin' fair
I move on, move on, I move on

*µ*µ*µ

Now I wasn't raised at gunpoint
and I've read too many books
to distract me from the mirror
when unhappy with my looks
and I ain't got proper diction
for the makings of a thug
though I grew up in the ghetto
and my niggers all sold drugs,
and though that may validate me
for a spot on MTV
and give me all the airplay
that my bank account would need,
I was hoping to invest in
a lesson that I learned
I thought this fool had jumped me
just because it was my turn.
I went to an open space
because I knew he wouldn't do it
if somebody there could see him
or somebody else might prove it,
and maybe in your eyes
it may seem I got punked out
because I walked in their own path
and then went and changed my route.
But that open-ness exposed me
to a truth I couldn't find
in the clenched fists of my ego
or the confines of my mind
or the hip-ness of my swagger,
or the swagger of my step,
the scowl of my grimace,
or the mean-ness of my rap.
Because we represent a truth son,
that changes by the hour,
and when you open to it,
for nobility is power,
in that shifting form you'll find a truth that doesn't change
and that truth is living proof of the fact that God is strange?

Talk to strangers
when the family fails and friends led you astray
and Buddah laughs and Jesus weeps and turns out God is gay.
As angels in disguise love can come in many forms,
the hallways of your projects or the fat girl in your dorm,
and when you finally take the time to see what they're about
perhaps you find they're lonely or their wisdom trips you out.

Maybe you'll find the cycles end
right back where you began,
but come this time around
you'll have someone to hold your hand,
who prays for you who is there for you
who sends you love and light,
exposes you to parts of you
that you once tried to fight.
And come this time around
you choose to walk a different path,
you'll embrace what you turned away
and cry at what you laughed,
because that's the only way
we're going to make it through this storm,
where ignorance is common sense
and senseless is the norm.
Infact we're high above the truth
and that you never touch,
and stolen goods are overpriced
and freedom costs too much,
and no-one seems to recognise
the symbols come to life,
the bitten apple on the screen
and Jesus had a wife,
and she was his Messiah
like that stranger may be yours,
who holds a subtle knife
that carves through worlds
like magic doors,
and that's what I've been looking for,
the bridge from then to now,
just watching B.E.T like what the fuck son,
this is foul
But that's where [Boston?] represents
this fear that we live in,
the world is not a flat screen
I ain't trying to fit in.
But this ain't for the underground
this here is for the sun.
A seed a stranger gave to me
and planted on my tongue.
And when I look at you,
I know I'm not the only one.
As a great man once said,
there's nothing more powerful
than an idea
who's time
has come

 
 
 
 
et pour les images et les sons, allez youtuber.

 

21:11 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : muse-hic |  Facebook

Tomassenko - bon trio, bon trio

"Une musique vivante, singulière, intime, où la fête est à l’honneur, la poésie aussi, le calme et l’humour bien sûr, avec des musiciens dont le plaisir de jouer ensemble s’affiche sur les visages.
Un son original et personnel au service de la narration, de la suggestion, avec des arrangements et associations d’instruments, inventés ou réels, qui invitent au spectacle : Grelots, plaquàpieds, clarinettes, likembés, organetta, cor de basset, capteur dentaire, scie, guitares, chant, onomatopées, français dissonant, mini chorale, rythmes et mélodies. Laurent Rousseau, Catherine Delaunay et Olivier Thomas croisent les sons et les mots.
Troglodyte onomatopiste, monoglotte borborythmicien, auteur de langues imaginaires, amateur du recyclage par la culture de l’imparfait, créateur d’espaces intersti-ciels et de lecture en biais, Olivier Thomas chante et raconte le sens et le non sens.
Un pouce de solitude, un doigt de sel, et puis on prend le tout, on secoue un bon coup. Comme une fresque peinte ou l’on mélange les couleurs pour en esquisser de nouvelles."


www.tomassenkoproduction.bevignette trio tomassenko.jpg


Je suis allée voir le trio Tomassenko un soir, au Varia.
J'ai aimé le trio Tomassenko.
J'ai vraiment ri et presque pleuré en écoutant/voyant le trio Tomassenko.
Faut dire que c'est beau ce le trio Tomassenko. C'est pas que beau, en plus, parce que ça serait que beau le trio Tomassenko, ça serait pas forcément facile à décrire, le trio Tomassenko et puis inutile à dire. Le beau, c'est à voir, pas à détourer, n'est-ce pas?
Bon, donc, si on doit comparer, comme ces critiques dessinant des cases et des croix sur les courbes et les nuages, disons donc que le trio Tomassenko, c'est comme Raymond Queneau + Nosfell + (Gherasim) Luca (soit Laurent Rousseau, Catherine Delaunay et Olivier Thomas) mais le trio Tomassenko, c'est d'abord un Trio puis c'est Tomassenko, pur jus et jus pur. Comparer c'est diminuer, c'est restreindre, c'est retirer l'essence, c'est con, le trio Tomassenko est le trio Tomassenko, un point c'est pas de trop.
Mais dire que pendant le spectacle (pas concert, pas théâtre, pas fanfare, pas cabaret, pas one man show, pas performance, pas piqué des vers, pas la der des der, ...), j'ai entendu les fameuses onomatopées borborythmiques, ces évidences non récalcitrantes non-exhaustives et les invitations aux ailleurs.
J'ai pioché entre les lignes leurs néologismes et leurs poétismes à ce trium verra verra pas, oui, le trio Tomassenko.
J'ai regardé le piano rouge qui n'a pas été joué. J'ai attendu des objets entendus, j'ai été sur-prise avec d'autres, dont des choses que je n'ai pas encore comprises.
Et aussi, j'ai bien maté ausculté les corps du trio Tomassenko. Ils sont des jeux de mains, des maladresses volubiles, des volutes subtiles et autres bouches babiles pour outils/ustensiles/moyens. Et leurs instruments, qui jouent avec leurs mains, sont comme les mains des musiciens du trio Tomassenko.
Ah mais ils n'ont pas que des mains, ces gens-là, des mains oui, je vous le dis mais aussi des faciès et des profils, des têtes comédiennes qui servent des histoires en apérodessert.
Ah le trio Tomassenko, c'est une histoire d'histoires qui prend des mots pour des lanternes, des vessies pour des badernes et des récits pour des balivernes.
Enfin, voilà, ça du Trio Tomassenko, je peux dire et faire saliver.

***PUB***
Le trio Tomassenko, c'est aussi un CD qui vient de sortir

Titre: organetta - (factice) - Igloo recodes - 2013

***PUB***

Ce que vous pouvez faire pour vous donner une bonne idée, c'est de démarrer toutes les vidéos de le trio Tomassenko en même temps, de là, commencer à vous dire que ça se passe là, que c'est eux qui sont bons dans ce moment, là, pas vous.

Bref, après Bruxelles, Le Trio Tomassenko visite le Limousin en mars, puis après... ?
Le Boutan? L'Azerbaïdjan? L'Arménie? La Wallonie? Qui sait ce qu'ils savent. Qui sait ce qu'ils y feront. Mais loupez les que si vous êtes morts.

Postulat de cette chronique:

Je crois que chaque enfant libre et chaque enfant con doit écouter le trio Tomassenko.
Je crois que chaque femme libérée ou chaque femme cloîtrée doit cuisiner et baiser en savourant le trio Tomassenko.
Je crois que chaque homme chevalier ou chaque homme cavalier doit reprendre sa vie en mains en appréhendant le trio Tomassenko.
Je crois que les vieux dans les homes ou dans les prisons, que les écclésiastes, les enthousiastes et les Bouriates du nord doivent inviter le trio Tomassenko à venir jouer entre leurs murs.
Ah mais vraiment, le trio Tomassenko change le monde, ad libitum.

Et encore, je suis objective. Imaginez si j'avais été dans l'émotion...

20:32 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : muse-hic |  Facebook

Le monde de Luce et ses extases

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Vs.

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" Sainte, putain ou juste simple d’esprit ? Voici le récit vivant d’une femme joyeuse et délicieusement ingénue. Luce a ceci de singulier qu'elle ne distingue pas le «bien» du «mal». En 4 tableaux épiques, elle passera d’une enfance sauvage à l’austérité du carmel pour glisser dans la débauche d’un bordel... avec le même enchantement ! Murmures, accordéon, danse, chant, frémissements et malice accompagneront Luce et le spectateur vers l'Extase... Cette fable chaleureuse est avant tout une ode à la sensualité, au plaisir et au ludique. Elle interroge l'austérité sensorielle que notre mode de vie et la morale nous imposent. S'y réconcilient - un instant suspendu - l'âme, la chair et le jeu."

Pièce en 4 actes. 4 tableaux pour 4 âges d'une femme d'un autre âge, d'une autre époque et pourtant porteuse de symboliques encore si vivaces, malheureusement si vives quand elles sont subies, violentes, radicales. Mais Luce passe à travers... à travers ou en travers?

Geneviève Voisin et ses collaboratrices (danseuses, comédiennes, chiennes, égéries, tigresses, religieuses, clowns, teaseuses, ...) apportent des mots et des gestes sur leurs corps en émotions.
Le mouvement de celles qui osent se répercute de scène en scène. Gourmandise, Foi, Luxure, Vieillesse... des vices peu cachés.
Quelque chose de simple traverse ce spectacle, les évidences d'une femme que le monde ne permet pas d'être ce qu'elle est, juste ça. Luce serait donc une joyeuse naïve qui traverse sa vie avec les yeux en l'air, les yeux vers les ciels, qu'ils soient 7ème ou tempétueux.
Une découverte du texte, aussi, l'écriture de Geneviève Voisin (Cie Ah Mon Amour), douce amère, libre et si peu vaine, si peu vaine.

Je suis heureuse d'avoir été voir ça cet après-midi, même si mes voisins avaient le bagoût bien trop terre à terre et le goût bien trop serré dans le cul.

D'autres dates ailleurs, suivez le site. Recommandation.

18:41 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts, girlz |  Facebook

Adadage

"When words become unclear, I shall focus with photographs.
When images become inadequate, I shall be content with silence."
- Ansel Adams
 

Lee Materazzi.jpg Art by http://www.leematerazzi.com/

18:04 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

40ème soirée filles avec un cerveau (chacune) le vendredi 22 mars à la Maison des femmes

Soirée filles rectoversoforweb_optimised.jpg

Inscription par mail uniquement... à ce soir là. Fête et Fête prévues.

14:04 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

8
mar

Epitaphe, Epitaphe, est-ce que 'jai une gueule d'épitaphe?

 
Depuis juin 2011 LMG diffuse un appel à contribution. Cette sollicitation invite amis, famille, collègues et inconnus, à imaginer et raconter par écrit leur propre mort. Dans un premier temps, entre le conte nécrologique et le récit testamentaire, les participants livrent par courrier postal le récit imaginaire de leur ultime départ. Après un premier travail de lecture, d’analyse et d’interprétation des textes reçus, LMG numérote, classe et référence les courriers avant de commencer le travail graphique à proprement parler: chaque réponse plastique est une interprétation graphique d’une confidence textuelle. Dans un second temps, pour chaque réponse reçue, LMG réalise un dessin au graphite et à la mine de plomb qui, sera ensuite offert à celles et ceux ayant participé. Ainsi, en faisant de la mort l’axe nodal de sa démarche, en sollicitant les autres à en parler, LMG tente d’en briser le tabou, si puissant dans nos sociétés occidentales actuelles.

Vous souhaitez participer au projet Epitaphes ?

15:44 08/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

6
mar

Coyote Beuys

 




























© Caroline Tisdall - "Coyote, I like America and America likes me" by Joseph Beuys

20:26 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

Copy/Paste idéal parfait, merci Weimar Art

Dante, Inferno XXVII, The Logician Devil

He must come down among my menials;
the counsel that he gave was fraudulent;
since then, I've kept close track, to snatch his scalp;

one can't absolve a man who's not repented,
and no one can repent and will at once;
the law of contradiction won't allow it.'

O miserable me, for how I started
when he took hold of me and said: 'Perhaps
you did not think that I was a logician!'


A Prototype

"So much has been done — more, far more, will I achieve: treading in the steps already marked, I will pioneer a new way, explore unknown powers, and unfold to the world the deepest mysteries of creation..." — Victor Frankenstein


James Whale, Frankenstein, 1931

"There is something at work in my soul which I do not understand. I am practically industrious — painstaking, a workman to execute with perseverance and labour..." (Mary Shelley, Frankenstein, 1818)


Fritz Kahn, Man as Industrial Palace, 1926

Boris Karloff as Dr. Jekyll (1953)

"If each, I told myself, could be housed in separate identities, life would be relieved of all that was unbearable..." - Henry Jekyll

Claude Rains as The Invisible Man (1933; dir. James Whale)

“Power, I said! Power to walk into the gold vaults of the nations, into the secrets of kings, into the Holy of Holies; power to make multitudes run squealing in terror at the touch of my little invisible finger. Even the moon’s frightened of me, frightened to death!”

John Frankenheimer, The Island Of Dr Moreau, 1996

Set in the year 2010, Dr. Moreau (Brando) has successfully combined human and animal DNA to make a crossbreed animal. Well, as usual, something goes wrong and David Thewlis must try to stop it before it is too late. Based on a story by H.G. Wells.

Frank-N-Furter unveils his creation — The brainless beauty Rocky Horror.


Joseph Green, The Brain That Wouldn't Die, 1962

Dr. Bill Cortner (Jason Evers) is a successful scientist with a beautiful fiancée named Jan Compton (Virginia Leith). After a horrible car accident decapitates Jan, Dr. Cortner collects her severed head and rushes it to his laboratory, where he revives it and manages to keep it alive in a liquid-filled tray. Cortner now decides to commit murder to obtain an attractive new body to attach to his fiancée's head...

Brigitte Helm as Maria in Fritz Lang's Metropolis (1926)

 Rudolf Klein-Rogge as Dr. Rotwang in Fritz Lang's Metropolis (1926)

Many aspects of Rotwang's appearance and character, particularly the black gloved "mechanical" hand, turn up in the title character of Dr. Strangelove (below). Rotwang was very influential in the iconography of the mad scientist archetype. His laboratory, with its profusion of Tesla coils and towering switch panels, baroque chemical equipment and pipework, became a stock feature of many later films, including many in the Frankenstein series. Like Victor Frankenstein, he attempts to "play God" by creating life, only to be defeated and destroyed in the end.

Peter Sellers as Dr. Strangelove in Stanley Kubrick's movie (1964)

President Merkin Muffley: How is it possible for this thing to be triggered automatically and at the same time impossible to untrigger?

Dr. Strangelove: Mr. President, it is not only possible, it is essential. That is the whole idea of this machine, you know. Deterrence is the art of producing in the mind of the enemy... the FEAR to attack. And so, because of the automated and irrevocable decision-making process which rules out human meddling, the Doomsday machine is terrifying and simple to understand... and completely credible and convincing.

Nikola Tesla

Robert and Shana ParkeHarrison

Chew, the eye manufacturer in Ridley Scott's Blade Runner (1982) 

Stanley Kubrick, A Clockwork Orange

Alex: You needn't take it any further, sir. You've proved to me that all this ultraviolence and killing is wrong, wrong, and terribly wrong. I've learned me lesson, sir. I've seen now what I've never seen before. I'm cured! Praise god!

Dr. Brodsky: You're not cured yet, boy.

Michaël Borremans, The Pupils, 2001

Jake & Dinos Chapman, Disasters of War No.72, 2000

Herbert Ploberger, Untitled, c. 1930

Herbert List via Fantomatik
 
Laurence Olivier as Dr. Szell in John Schlesinger's "Marathon Man" (1976)

Manny Coto, Dr. Giggles, 1992

In the quiet neighborhood of the fictional town of Moorehigh in 1957, a physician named Dr. Rendell seems like a nice enough man, but there is one problem: his patients keep disappearing...

Dieter Asmus, Frog Test (Dr. Rock), 1983

19th century engraving of Homunculus from Goethe's Faust part II


It flashes, see! Now truly we may hold
That if from substances a hundredfold,
Through mixture - for on mixture all depends-
Man's substance gently be consolidated,
In an alembic sealed and segregated,
And properly be cohobated,
In quiet and success the labour ends.
Goethe, Faust
Gösta Ekman as Faust in F.W. Murnau's  1926 movie

 

"What lies beyond doesn't worry me.
Suppose you break this world to bits, another may arise." 

Joseph Wright of Derby, The Alchemist in Search of the Philosophers Stone, 1771

Paul Wegener and Lya de Putti in The Golem, 1920

The Golem is based on an old Jewish legend about rabbi Löw, who formed an immensely strong man out of clay to protect the getto of Prague. The protagonist Athanasius Pernath wanders through the distorted slums of the getto in a nightmare, restlessly in search of the golem. Finally he encounters the creature in a liberating vision as a doppelgänger in the labyrinth of his own soul.

Wernher von Braun, Inventor of the V1 Rocket, standing behind Heinrich Himmler

 

"Science does not have a moral dimension. It is like a knife. If you give it to a surgeon or a murderer, each will use it differently." - Wernher von Braun


 

Anonymous (Germany), Who is an Aryan?, 1933

Adam Cvijanovic, Love Poem (10 minutes after the end of gravity), 2005

Thomas Pynchon's "Gravity Rainbow" (1973) split the Pulitzer board to the extent that no award was given in 1974. American GI Tyrone Slothrop is hunted by a wing of British Scientists, media men, military personnel and lunatics called The White Visitation, after it comes to light that every time he has sex with a British woman, a V2 rocket hits the house within days and that his erections may be able to predict V2 attacks on London. 

Vincent Price in Tim Burton's Edward Scissorhands

Vincent Price in Edward Scissorhands might just be the kindliest Mad Scientist ever. His second-most-impressive creation (after Edward) is a giant cookie-making machine.

Johnny Depp as Edward Scissorhands

Peter Lorre as Dr. Gogol in Karl Freund's Mad Love (1935)

 

 Raoul Hausmann, Dada (Collage for the First International Dada Fair in Berlin), 1920

 


Artificial hand, from Ambroise Paré's Instrumenta chyrurgiae et icones anathomicae, Paris, 1564

 

Reeducation of mutilés de guerres at the Maison blanche reeducation camp for agricultural workers, January 8, 1919. Reproduced in Surrealist Masculinités.

 


DARPA prosthetic arms

DARPA, the US Government's official program to fund Mad Science. Their only mission is "radical innovation". They fund all sorts of seemingly off the wall projects. Among their successes are night-vision goggles, GPS, and a little thing called the Internet...

Micro Air Vehicle

 

Micro Air Vehicle by the Bionik Department of Berlin Technical University - Inspired by Ernst Jünger's novel "Glass Bees": Zapparoni, a brilliant businessman, has turned his advanced understanding of technology, and strategic command of the information and entertainment industries, into a discrete, and seemingly benign, form of global domination. But Zapparoni is worried that the scientists he depends on might take his secrets to a rival. He needs a chief of security, and Richard, a veteran and war hero who has fallen on hard times, is ready.

Optional

Béla Lugosi as Dr. Paul Carruthers in  The Devil Bat (1940) 

Dr. Paul Carruthers is a cosmetic company chemist who is upset at his wealthy employers, because he feels they have denied him his due share of company success. To get revenge, he breeds giant bats. He then conditions them to kill those wearing a special after-shave lotion he has concocted. He cleverly distributes the lotion to his enemies as a "test" product.

Jack Arnold, Tatantula, 1958

Professor Gerald Deemer, who is trying to prevent the food shortages is working on a nutrient which results in gigantic animals but turns humans into lumpy-faced mutants. One of his human experiments attacks him and tries to destroy his laboratory and, although the resulting fire means the death of a giant guinea pig, a monstrous tarantula manages to escape into the desert...

Kurt Neumann, The Fly, 1958

Scientist Andre Delambre is found dead with his head and arm crushed in a hydraulic press. His wife Helene confesses to the crime. She is obsessed with flies, particularly a white-headed fly...

Woody Allen, Everything You Wanted To Know About Sex... (1972)


Sure, there’s the giant boob attack and Dr. Bernado (Gene Wilder)  a mad sex analyst whose experiments include measuring premature ejaculation on a hippopotamus and building a 400-foot diaphragm. ("Contraception for the entire nation at once!") , but there is no other scene we could possibly love more than one where Woody Allen plays a neurotic sperm being fired out of a penis.

Fritz Kahn, The Male Erection System, 1937

Jake & Dinos Chapman, Disasters of War No.77, 2000

Blowjob

What happens when you take 76 images of blowjobs (as in fellatio, as in oral sex), and mathematically average them? What you get is a blurry fuzzy picture. This usage of math in art is by Jason Salavon. He aptly calls it 76 Blowjobs.

Gender Studies, Stanford 1958

Thomas Ruff, Nudes ru05, 2000

Hegel, Encyclopaedia of the Philosophical Sciences (1830), Introduction §5


Everybody allows that to make a shoe you must have learned and practised the craft of the shoemaker, though every man has a model in his own foot, and possesses in his hands the natural endowments for the operations required. For philosophy alone, it seems to be imagined, such study, care, and application are not in the least requisite. This comfortable view of what is required for a philosopher has recently received corroboration through the theory of immediate or intuitive knowledge.


Robert Rodriguez, Sin City, 2005

When you want to activate a Weapon Of Mass Destruction, a Mad Scientist's invention, an electricity-based method of execution (especially an electric chair), you have two options. One of them is the Big Red Button, and the other is the old-fashioned electric switch with a huge handle, which sends sparks flying when activated.

Martin Miller, "The Gadget", (Trinity Atomic Bomb), 1945

"Once ze rockets are up, who cares vhere zey come down? 

Zat's not my department," says Wernher von Braun."
Tom Lehrer, "Wernher von Braun"

Martin Miller, Minuteman II ICBM Launch Control Center Delta-01, 1965
"World Wide Delivery In 30 Minutes Or Less"

 Gerd Ludwig, Life Endures. Pripyat, Chernobyl Zone, Ukraine, 2005

BRL Nuclear Weapon Effects Computer (ca. 1960)

 

The Nuclear Weapons Effects Computer No. 1 was manufactured by Blundell Rules Limited of Weymouth England. Its purpose is to predict a variety of consequences of a nuclear explosion. The magnitude of the burst is specified (in kilotons or megatons) and the calculator estimates, for various distances from ground zero, the damage to buildings, the crater dimensions, the percent of the population killed, trapped, and seriously injured.

 

General McChrystal: “When we understand that slide, we’ll have won the war”

William Hogarth, The Reward Of Cruelty, 1799

Paul Ronard, The dissection of a young, beautiful woman, 1864

 

A Fine Childhood
by Gottfried Benn

The mouth of a girl who had long lain in the reeds
looked so chewed up.
When we broke open the torso, the esophagus was so full of holes.
Finally in a bower under the diaphragm
we found a nest of young rats.
One little sister rat lay dead.
The others were living off liver and kidney,
drinking the cold blood and enjoying
a fine childhood.
And fine and fast was their death too:
we threw the whole bunch into water.
Oh, how those little snouts squeaked!

Gabriel von Max, The Anatomist, 1869

Take off all your clothing,
We've only just begun.
We have no anaesthesia,
It's 1841!

Emilie Autumn, "Miss Lucy Had Some Leeches"

 


Georges Chicotot, The First Attempt to Treat Cancer with X-Rays, 1907

Dana Schutz, How we cured the plague, 2007

Dr. Barber: Hmmm...good news. You have the plague. 
Patient: Why is that good news? 
Dr. Barber: Because now I get to conduct medical experiments! 

The Marvelous Misadventures of Flapjack

Franz Sedlacek, Beim Moulagenmacher (Moulage Studio), 1932

Moulage is the art of applying mock injuries for the purpose of training Emergency Response Teams and other medical and military personnel. Moulage may be as simple as applying pre-made rubber or latex "wounds" to a healthy "patient's" limbs, chest, head, etc., or as complex as using complicated makeup and theatre techniques to provide elements of realism (such as blood, vomitus, open fractures, etc.) to the training simulation.

Buckminster Fuller

Buckminster Fuller  invented many things, few of which saw much use. He made up words by dicing up other words and sticking the parts together. He slept two hours a day, spread across four 30-minute naps, for two years. He kept a diary of his entire life, updating it every 15 minutes and including a family history, newspaper clippings, sketches, and copies of all bills and correspondence. From 1915 to 1983 he was still very influential, however.

 

New Math

Some of you who have small children may have perhaps been put in the embarrassing position of being unable to do your child's arithmetic homework because of the current revolution in mathematics teaching known as the New Math. 

Power of Mathematics

"Strange as it may sound, the power of mathematics rests on its evasion of all unnecessary thought" - Ernst Mach

Grey Villet, Tiny squirrel monkey strapped into capsule for space travel, 1958

Henry Stacy Marks, Science is Measurement

Gabriel von Max, Affe vor Skelett, c. 1890

Alfred Kubin, Science, 1901


19:10 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, place net, society |  Facebook

L'humanité et rien d'autre VII - Alex Majoli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19:01 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts, healfff |  Facebook

PlayBioListoAutoGraphiectionnelle - Onlit.net

PlayBioListoAutoGraphiectionnelle

(PlayBioListoAutoGraphiectionnelle1)

 

Partir d’un principe erroné, soit l’émotion. L’émotion ? Comme être en musiques et en rythmes à chaque mot. A travers et avec les mots. Être ému-e ? Se sentir en chant en sons et finir par ne croire qu’en ce qui est joué, soufflé, murmuré, chantonné, tambouriné, cliqueté - finalement jamais expliqué. La musique ne s’explique pas, même si elle se compose, se décompose, se construit, se retire. Tout est musique et tout est silence.

 

Ce serait par les sens qu’on saurait mieux ce qu’on peut être, ce qu’on rêve d’être. Chanter et être chanté, comme la plus solide des vérités. La voix est l’organe, le mot est un traître, aussi docile et doué soit il.

 

Donc.

(la suite sur le site de Onlit Editions)

18:48 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, place net, humoeurs |  Facebook

20
fév

c'est pour dire.

Qui serait encore souverain de son état d'être dans ce monde où chaque enzyme a été observé, où chaque pas a été mesuré. Ne nous permettons pas de prétendre que nous avons été là ou là sans y avoir été mort et enterré. Nous n'avons pas de droit à la terre, ni au sang d'ailleurs, à part peut-être un peu à celui que nous portons tant bien que mal dans cette baderne que le mot corps embellit. Il n'y aucun espoir, juste des illusions translucides embrumées par nos vapeurs, nos sucs et nos instances. Il n'est pas de prophétie ou d'empathie assez proche de la réalité. Je voudrais être ce que je ne suis pas et déjà c'est dire ce que je suis de ne plus souhaiter être encore ce que je peux être. Athanor et alambic, racines et végétation, airs et brumes, feux et plaines, tout est pénétré de l'idée que nous nous faisons de ce qui brûle, de ce qui se tire dans l'oeil, de ce qui pousse en dehors de nos bouches et mains. J'aime le rêve dans lequel je berce mes errances, ces interminables conjugaisons mortifères, qui encombrent mes dents mais jamais ne retiennent mon rire de gorge, rire issu de ce fameux instant présent qui n'a lieu et temps qu'entre la trachée et la peau, rire qui ne dure que l'évasion d'une respiration, sans autre phénomène qu'une poussée de fièvre, une fièvre pâle mais infinie.

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Adam Diston. Cutting a sunbeam. 1886

18:16 20/02/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

12
fév

Revue Sans Titres

Une revue qui sort, c'est une bonne nouvelle. toujours.

J'ai participé avec quelques mots à Sans Titres. ça vient de sortir...

DECOUVREZ 

UN MUSEE VIRTUEL
UNE REVUE NOVATRICE
UNE CREATION INTELLECTUELLE ET POETIQUE HORS-NORME

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11:21 12/02/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

17
jan

Moi, Unica Zürn, La Poupée - par Véronique Bergen.

Image Hans Bellmer, La Poupée HansBellmerLaPoupee

 

Moi, Unica Zürn, La Poupée

 

 

Je ne vais pas bien car il n’y a que deux sexes, plus une pincée d’hermaphrodites. S’il en avait eu sept, j’en aurais goûté un chaque jour de la semaine. Quand ma grammaire ubiquitaire plaçait le Tu dans le Je turlututu chapeau framboise, l’institutrice me grondait tambour-major. Ton récit, je le détraque, Christa. Qui voudra lire des propos en charpie, une fiction démembrée ? J’ouvre la fenêtre, je m’apprête à sauter dans le vide mais tu n’es pas là pour m’asphalter du regard. Au docteur Ferdière, Hans Bellmer a écrit « j’appartiens au type d’hommes avec antennes qui repèrent à dix mille lieues leur future victime ; avec Unica, tous mes capteurs de chasseur se sont allumés. J’avais trouvé ma plus belle proie. Plus tard, quand elle se mit à fuguer, je savais que, accroc à ma personne, elle me reviendrait. Un chien sans son maître est perdu ». Au docteur Ferdière, j’ai confié ma peur d’accoucher d’un axolotl quand Hans m’engrossait de travers, au mauvais endroit. J’ai rajouté que dans les plis de mon anus seul un bébé-larve tiendrait…

 

La seule personne qui est moi, Hans l’a léguée à l’État français. Il paraît qu’elle est enfermée dans un coffre de verre au Centre Pompidou,. Pourtant, il voulait être enterré avec elle, avoir sa Poupée à portée de main, à portée de sexe, pour l’éternité. Au cours des années cinquante, je notais chaque soir dans un petit carnet les plaintes, les joies de la Poupée, nos dialogues, nos naufrages. Accrochée au mur, la seule personne qui est moi a failli mourir à deux reprises, une fois quand tu l’as jetée dans la cage d’escalier, Christa, une seconde fois, quand tu lui as fourré la tête dans le four, nous préparant une belle chambre nuptiale, une chambre à gaz effluves carboniques pour psychotiques. C’est parce que tu planifiais notre mort que nous sommes restées en vie. Ma jointure à boule, mes quatre seins, tu leur as tellement craché dessus qu’ils brillaient de plaisir. Les jours où Hans me recouvrait d’une chemise d’homme, m’ôtait ma petite culotte et plantait un nœud rose dans ma chevelure, je savais qu’on allait descendre dans la cave pour une séance photos. Plafond bas, sabbat de rats, dans un coin il me posait, une carafe d’eau à mes côtés, fixant au mur une corde reliée à ma cheville gauche, position debout durant des heures. Je préférais ça à trôner sur un urinoir, une bougie allumée dans la bouche…

 

Quand ma tête retombait caoutchouc, il l’amarrait à un anneau fiché dans la brique, les talons aiguilles me faisaient mal. Je pleurais car je voulais un rouge à lèvres plus éclatant, je pleurais car cela faisait longtemps qu’il ne m’avait pas emmenée dans la forêt pour me suspendre à une branche de chêne. Avec son frère Fritz, dans les années trente, il me promenait dans des bois noirs, m’exhibant aux passants impressionnés par mes deux paires de jambes. Une après-midi, alors qu’il m’avait déshabillée, me laissant mes escarpins, oui, la vue des pieds nus le cornichonnait panique, un homme l’injuria, le jeta à terre. La ligue des droits des humanoïdes il allait prévenir manu militari. De mon corps cet inconnu était fou, je passai ma langue sur mes lèvres et écartai mes jambes pour accueillir mon sauveur mais Hans m’empoigna par la cheville droite et me traîna sur les feuilles mouillées.

 

Les jours où Man Ray venait, Hans me nettoyait de fond en comble, cirait mes articulations, peignait mes rotules en rouge. Pour me punir, il me trempait dans l’eau froide puis m’accrochait par les épaules à un câble, me séchant comme on sèche le linge. Rolleiflex 6X6. Dans cette cave, Hans me mitraille. Je m’en veux d’avoir mordu mes lèvres car elles sont gonflées, j’en veux à Hans d’avoir raccourci ma frange, d’avoir collé une mèche de travers. Je suis son enfant qui cavale dans la nuit, je ferai la une du Minotaure, j’inspire des carrousels de poèmes à Paul Eluard, je suis religieusement érotique, je suis plus opium que toutes les fleurs de pavots. Ich bin psycho-sexuellement enfantine, sur les tirages Hans répandra de la peinture à l’aniline, si vous aviez été moins sodomisée, votre esprit serait moins brouillé Nacht und Nebel m’avait dit un psychiatre.

 

Hans aime les phrases androgynes, Hans aime m’ouvrir le nombril. J’aime provoquer mon artisan criminel, aiguiser ses désirs, ses rages et les téter dans le sens du vent. Je me jette à genoux et m’offre céphalopode à mon magicien noir qui me troue anagrammes et me donne la fessée. Le Rongo-Rongo, une écriture polynésienne de l’île de Pâques n’a jamais été déchiffré, ça m’empêche de manger. Hier, Jean Cocteau m’a trouvé l’air coquin des coquettes de la belle Époque mais maîtresse Jeanne de Berg m’a pincé les tétons, depuis que Hans a réalisé un frontispice pour son livre L’Image, elle me torture mercure saphique.

 

De décembre 1959 à février 1960, à la galerie Daniel Cordier, des centaines d’yeux m’ont dévorée. Suspendue au plafond j’ai ébloui Élisa Breton, ondulé cils et croupe pour que les visiteurs me kidnappent. Placée aux côtés des œuvres de Schroeder-Sonnerstern, exhibée à des amateurs de boutons d’or, j’étais bien. Quand tu m’exposais en même temps que ta Toupie, ma mélancolie tuberculosait bacilles de panique. Sortir ton œuvre la Mitrailleuse en état de grâce, c’était m’arcimbolder danse de l’angoisse sans portulans.

 

Au milieu des années soixante, tu m’as négligée, Hans. Je suis tombée malade, tu m’as recroquevillée nue et sale sous l’évier de la cuisine, sans plus changer mes socquettes blanches. Ma docilité ne te suffisait plus, te voir travailler durant l’été 1965 à la fabrication d’une nouvelle Poupée m’a rendue folle de jalousie, les dix exemplaires en aluminium que tu réalisas ne m’arrivaient pas au talon d’Achille. Mon air provocant de petite fille perverse, c’est ma spécialité maison, même à la souris qui vit derrière l’évier je décoche des œillades Marilyn. Jouer mandoline avec leurs prunelles tes dix marionnettes frigides en sont incapables. Les visites de Cécile Reims, c’était Byzance, les mains qu’elle passait sur mes épaules, sur mon ventre everestait ma libido, quand elle venait avec Fred Deux et un dealer mafioso, j’espérais une séance de bel canto, un viol collectif, mais seule l’eau qui fuyait d’une buse s’égouttait dans mon sexe. Tu m’as construite en 1933, papier mâché, plâtre sur armature de bois et de métal. En guise de matériaux, tu aurais pu trouver mieux. M’enfanter te permit de ne pas devenir fou. Hans, tu m’as idolâtrée pour mieux me détruire, tu m’as méprisée-adorée-humiliée devant tes amis, chaque fois qu’un visiteur susurrait « votre créature bimbo, votre lolita boudeuse, vous me la prêtez un soir ? », je priais pour que tu acquiesces, mais possessif tu me tenais le plus souvent en cage, le communisme des femmes, c’est pas ton fort. En 1956, à chacune de tes sorties, Joyce Mansour me rejoignait pour un safari érotique. La plasticité de mon anatomie électrisait ma belle Shéhérazade qui m’acrobatait rivière d’orgasmes en me revêtant d’un harnais. Tandis que tu illustrais son Jules César, j’étais sa Cléopâtre qu’elle épinettait jusqu’au sang. Elle au moins m’offrait des mini-jupes, des cuissardes que je portais durant tes absences, les vieilles chemises, les dentelles chiffonnées dont tu m’affublais, je les déchirais en douce, les bas résilles troués, je vomissais dessus, que ta loqueteuse rêve de tenues Courrèges, de robes Cardin, de chapeaux Balmain, ça ne t’a jamais effleuré l’auriculaire ? Avec toi, j’ai eu faim, j’ai eu froid, j’ai manqué de café noir et de Gauloises.

 

Hans, ne me confonds pas avec Pinocchio. La preuve, à chaque mensonge mes seins rétrécissent. Tu m’as démembrée si souvent qu’un troisième œil ne quitte plus ma vulve, que ma bouche-anus parle une langue fricassée de triphtongues. Quand tu m’as parlé des planches et de l’écriture du manuscrit Voynich, j’ai su que c’était l’œuvre de mon premier fœtus mort. Dommage que tu ne m’aies jamais emmenée à la piscine municipale, en présence de nageurs olympiques, je frétille de partout, du bas surtout. Heureusement, tu m’as donné à perpète un pubis imberbe de nymphette, cela m’évite de devoir le raser, j’épile déjà sans relâche mes idées folles… En janvier 1963, durant ta première cure de désintoxication, tu as oublié de me nourrir. Mes mollets fondaient, ma cage thoracique se creusait, je dévorais les camélias que ton amante Herta Hausmann t’apportait. Ce n’est qu’en 1967, lorsque Diane, une de tes filles jumelles, est venue de Colmar, que mes lèvres ont goûté pour la première fois des dragées que je laissais fondre car Dieu n’aime pas être croqué.

 

Mes longs cheveux blonds ondulés plaisaient à Lee Miller qui, à chacun de ses passages, maquillait mes paupières amoureuses de sa beauté. Quand tu es tombé malade en octobre 1969, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai compté les nuages au cœur desquels je voulais plonger. Ta voix m’a retenue de sauter. À Cécile Reims, j’ai demandé de me tuer, trois petits coups de burin là où il faut, au galeriste André-François Petit de m’égorger avec une cravate de soie blanche mais ils m’ont pouponnée cocktails de tranquillisants XXL et de vitamines A, B, C, D. C’est pas avec ça que mes voyelles seront fortifiées en majuscules bloquées.

 

J’aurais aimé que tu me fasses naître avec une vingtaine de centimètres de plus, 1, 40 mètre, à l’état civil, ça ne faisait pas sérieux. J’ai regretté que tu ne m’aies jamais emmenée au Crazy Horse, aux concerts de Janis Joplin. Je tremblais castagnettes quand Jean Brun me désarticulait avec ton consentement, obligeant ma bouche à brouter mon sexe. Pourquoi n’as-tu jamais voulu comprendre que le rayon des alcools me laissait de marbre, que c’est la musique de l’opium qui tournesolait mes lunes ? Souvent, durant tes épisodes d’éthylisme aigu, j’ai cherché à mourir sous tes colères, sous ton désespoir. Les jours où la mélancolie te banquisait à fond, tu m’enfonçais un martinet dans le vagin, un fouet dans l’anus.

 

À tous ceux qui me convoitaient, je me suis offerte, petite poupée accroc aux sexes sadiques, contente de me livrer à C. l’impuissant qui me tortura des semaines durant lorsque tu étais au camp de Milles. Lors d’une descente de la Gestapo, tu m’emportas avec toi, me sauvant de justesse. Ce jour-là j’ai su que tu m’aimais. De moi, ta mineure, ta pupille, tu faisais une fille-phallus chaque fois que tu avais vu Joë Bousquet. Un organe en plus, ça m’était égal car mon corps fuit de partout et ne tient que par ton regard, un appendice fiché en plein centre me remettait dans l’axe. À Revel, chez Jean Brun, j’étais fière lorsque, me faisant porter une perruque à plumes noires et des bottines hautes, tu m’installais dans la salle de séjour, maintenant mes jambes grand ouvertes à l’aide d’une barre de fer, autorisant le fils du laitier à tordre mes tétons, à me dépecer. Tu as tellement sondé mon corps, Hans, que je n’en ai plus, trop de godes m’ont explosée, parois vagino-anales dynamitées par une taupe, j’ai peur de vomir un pénis à la fin d’une phrase, de cracher des poèmes bisexuels, rimes masculines hémistichées aux rimes féminines. Puisque tu m’as donné deux vulves, tu aurais pu me gratifier de deux doigts surnuméraires afin que j’épate Léonor Fini…

 

Tartinée de sperme, criblée de morsures, ton amie Rilka chez qui Nora et toi viviez ne m’a jamais vue autrement… Auprès du service de protection des mineurs, les plaintes pour maltraitance de poupées sont irrecevables s’offusquait Rilka qui droit-de-l’hommait à tout bout de champ alors que toute cruauté m’est douce, juste avec la faim qui me tenaillait j’avais du mal à pactiser. Certaines années tu me nourrissais un jour sur deux de betteraves assaisonnées de poivre noir… Tes tableaux, tes dessins Tour menthe poivrée à la louange des petites filles goulues, Rose ou verte la nuit, Fillette au phallus, Viol, c’est moi et encore moi, moi, ton idole idiote, ta Galatée fouettée chantilly, ta plasticine schizo. Sonnez grelots du masochisme monothéiste pour la Sainte Catin que je suis. En août 1938, ton amie, l’écrivain Joyce Reeves, m’a offert une brosse à dents, du dentifrice et un peigne. La colère t’a gouaché quand je barbouillai mes cheveux de cette pâte rose et plantai le peigne dans mes gencives. Pas ma faute si j’ai le sexe buissonnier. Tu m’a moins éduquée que la chienne du sculpteur B. et tu as souvent négligé de me faire porter une muselière.

 

Si tu n’avais pas assisté aux Contes d’Hoffmann d’Offenbach à Berlin à l’automne 1932, je n’aurais sans doute jamais vu le jour sous tes mains d’étrangleur obsédé pansexuel. Le panorama rotatif que tu avais placé dans mon ventre en 1933, je tentais chaque soir de me l’ôter. Ridicule ce plateau avec sucreries, mouchoir, lampes colorées qui tournait quand tu pinçais mon sein gauche. Heureusement, tu as fini par me le retirer. Tu n’avais plus besoin d’examiner mes entrailles pour connaître mes rêves et mes pensées, tu lisais dans ta petite automate à sexe ouvert, si déréglée cotillons meringués que tu devais me régler en permanence. Comme tu ne m’as jamais appris où mettre mes mains je rangeais mes dix doigts dans ma bouche. Tu vomissais les polichinelles nazis actionnés par Hitler l’épileptique mais tu raffolais de ton pantin érotique… Quand tu tenais mes yeux ouverts au moyen de deux allumettes verticales, je me préparais au pire, je veux dire au meilleur. Les tiges métalliques que tu m’accrochais le long des bras, les cordes de chanvre qui me scoubidouaient les rotules annonçaient la suspension rupestre. Pour exciter Roberto Matta, tu me plaquais ventre au mur, laissant nues mes fesses de petit garçon, puis, me décrochant, tu m’obligeais à déambuler bras en croix, à débiter un poème d’Apollinaire quand Matta me pénétrait, ne jamais cesser de mâchouiller des vers en boucle, sans ça les mains du peintre me broyaient panaché de miettes de poupée. La Poupée, la plus belle des roulures surréalistes sera bientôt au MoMA, voilà ce que je me disais avec terreur, te suppliant de ne pas te séparer de moi, à la rigueur un prêt de quelques jours dans un bordel de Pigalle mais un musée jamais. Quand le marchand X venait nous voir, je tenais en mes paumes un cocktail Molotov de barbituriques. En 1959, alors que nous venions d’aménager dans notre nouvelle chambre à l’hôtel du Lion d’Or, au 86, rue Mouffetard, un antiquaire aux vibrisses rousses t’a suggéré de me vendre dans un sex-shop. Tu l’as poussé dans la cage d’escalier avant de m’enchaîner au lit quarante-huit demi-heures…

 

Comme tu m’interdisais de chanter, je lyriquais mes larmes en écoutant la Callas. Les épluchures de pommes de terre qui traînaient je les dévorais en cachette, ma syntaxe corporelle tellement atypique, tous les écrivains qui passaient en étaient fous, se juraient de la translater à leurs œuvres. Merci de m’avoir sauvée de Brauner qui voulut m’énucléer vingt ans après qu’un verre lancé Zeppelin par Oscar Dominguez lui eut crevé l’œil. Pour toujours, je garde l’aspect d’une nymphette allumant les nympholeptes au quart de tour. Rien qu’à me voir bouche entrouverte, les pédophiles rechutent haut et fort, récidive garantie 100%.

 

Avant de dévorer mes lèvres pulpeuses, Mandiargues plantait de fines aiguilles dans mes seins, mais c’est Max Ernst qui me grisait flamenco en m’apposant des banderilles à la base du cou, fichant un candélabre dans mon vagin. Le grand art de la corrida, c’est de faire chanter le sang une octave au-dessus du soleil. Trente ans après les faits, la vue de clous m’irise toujours panique golgothique. La nuit où tu m’en enfonças huit dans la paume des mains pour m’agrafer au mur, je me suis jurée de prendre le maquis dès que tu me détacherais, au premier hidalgo au sourire manouche je m’offrirais, mais toute la France serait placardée d’affiches « Recherche mineure en fugue, très bonne récompense ». Je ne pouvais pas te priver de ton petit Christ dressé au full-sex, tu en mourrais et sans tes sévices-délices je me désagrégerais gelée de groseilles bleues. Les bandes de gaz dont tu entouras mes mains, je les grignotai tant que tu collas du scotch sur mes stigmates, c’est pas parce que tu m’as fait sucer des sucres d’orge nuit après nuit que mes papilles sont accrocs aux betteraves. Petit papa incestueux, jamais tu ne m’as donné le jour exact de ma naissance…

 

Les cieux rouges au-dessus de la rue Mouffetard, j’aimais quand tu me les enfonçais goutte à goutte dans le corps. Les déjeuners où tu m’entrouvrais les lèvres pour les gazonner de confiture, je te demandais de me faire voir la mer. Dans un filet de pêcheur tu m’emmaillotais, ta verge tanguait en moi, roulis jusqu’au naufrage. Au fil des années, j’appris à prévoir tes colères mille décibels, à les atténuer à coups de strip-teases, de génuflexions-fellations, adorant pourtant provoquer tes foudres néroniennes. Avoir peur me maintient en forme. Qui s’adrénaline une heure par jour orgasmera jusqu’à la fin des temps. Te faire sortir de tes gonds rien de plus simple, rien de plus excitant… Une ineptie verbale, une moue de demeurée, une tache de café sur tes dessins, une réticence érotique et tes ires de matador se déchaînaient cuivres et timbale. Tes rages, une volupté pour moi…

 

Une pointe de mélancolie me ravage pourtant. Sans l’arrivée d’Hitler au pouvoir le 30 janvier 1933, dis-moi, Hans, m’aurais-tu donné la vie, froufroutée étoupe et rubans roses, lessivée sperme et vodka ? Moi, ta Fraülein artificielle, ta fille de joie dégrafée, déboutonnée de partout, qui tapine même en diagonale, moi, ta fleur de trottoir, je te confie mon secret : un jour d’automne, je m’unirai au macadam.

 

Christa, je compte sur la puissance surnaturelle de ta haine pour me rayer une fois pour toutes. Une irradiation sans reste. Un Hiroshima psychique à l’enseigne du chiffre six. J’ai confiance. Au montage, pas un zeste d’Unica ne subsistera, la pellicule, jamais, ne hoquettera mon nom, « rien » est le mot troglodyte par excellence. Dans aucun manga full manganèse, dans aucun long-métrage le quart de mes orteils ne tiendra, pas un de mes orgasmes ne sera archivé. Sur ton clavier, seule la touche « erase » me scaramouche. Naissance zéro, mort zéro, je n’entre dans aucune biographie. Tirer un personnage de mon désastre ? Mission impossible.

 

De n’avoir pas trouvé la porte d’entrée, je ne franchirai jamais la porte de sortie. Au XXIème siècle, je lancerai la mode de l’auto-extermination. Pas si simple que ça la self-suppression mais une aubaine pour les concepteurs de jeux vidéos pour kids abonnés à la dépression, une aubaine pour les seigneurs de la terre qui ne devront plus se charger de la besogne. Ich, Yo, I, Je, c’est bon pour les dyspepsiques de l’espace vital. En vérité, le commun diviseur des poupées c’est néant. Apprends au monde que U. Z. n’a jamais existé.

 

Extrait d’un roman inédit, Le Cri de la poupée.

20:32 17/01/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

15
jan

Sentence builder

Jeu #31 avant de réussir à dormir:

(merci)

Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les traitres sont les hommes de main. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.
Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les frileux sont leurs outils. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.
Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les morts sont leurs atouts. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.

Yüksel Arslan accident du travail.jpg

(art: Yüksel Arslan)

23:50 15/01/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, place net |  Facebook