28
mar

Editions de la Brigandine (merci au carrefour de l'étrange)

Editions du Bébé Noir


D
Philippe Despare. Les Emois de Marie
Frank Dopkine. Le Loup et la Gnole
Frank Dopkine. Dégelées précoces
Frank Dopkine. Science Friction
Frank Dopkine. Des diams de petite vertu
Gilles Derais. La Peau lisse des nurses
F
Sébastien Frac. Canebière pression
Virginie Floreffe. Eros et Camés
G
Jimmy Garcia. A corps et à crime
Judith Gray. Julie la rouste
L
Anne de Launay. L’île aux délices
Nicolas Le Scanff. Cris et Suçottements

M
Natacha Muller. Les Mensonges d’une nuit d’été
Georges Moreville. Des gars, des os
Georges Moreville. Pour une poignée de taulards
N
R. Numos. L’Argent n’a pas de pudeur
Numos. La motarde de Dijon
Numos. L’abbaye ne fait pas le moine
Dominique Nangis. Satyre à conséquences
P
Dan Perrot. Un vrai temps de tous seins
R
Claude Razat. Trafics de coquine
Claude Razat. Ciné à mateurs
Claude Razat. Frankenstein, de filles en aiguilles
V
Luc Vaugier. C’est pas toujours la veuve qui porte le deuil
Luc Vaugier. Le dernier Don Juan de la nuit
Luc Vaugier. Des coups et des douleurs



Editions La Brigandine :

 

A
Luc Azria. Les feux de la crampe
Luc Azria. Choyez gentille
Luc Azria. L’enfilosophie dans le boudoir
Luc Azria. Le droit à la caresse
B
Elisabeth Bathory. S.O.S mes deux seins
Hurl Barbe. Les sept mercenaires
Hurl Barbe. Pompe le mousse
Philarète de Bois Madame. Science et vit
Barboura Bajoie. L’étroit petit cochon
C
Julienne de Cherisy. La Vie secrète d’Eugénie Grandet
Pierre Charmoz. Cime et châtiment
Francis Carter. L’Enfer n’est plus de saison

D
Gilles Derais. Les sept merveilles du monstre
Frank Dopkine. Des chibres et des lettres
Frank Dopkine. Crapules au vert
Frank Dopkine. Salle des Vamps
Pierre Dubois. God save the crime
E
Jacques Erial. L’étrangère étranglée
F
Jérôme Fandor. Ton corps et tatoué.
Jérôme Fandor. L’Epiée nue
Barbara Feige. Une fille à la patte
G
Sébastien Gargallo. Chaud business
Sébastien Gargallo. Groupie mains rouges
Sébastien Gargallo. Tiens voilà du Bouddha
Sébastien Gargallo. Un vice à papa
Sébastien Gargallo. Marie chantage
Sébastien Gargallo. Rien faire et les séduire
Sébastien Gargallo. Le flambeur demi sel
Sébastien Gargallo. Le Kamikaze de l’Oncle Tom
Sébastien Gargallo. Le fossile et le marteau
Eric Guez. Le Feu occulte
Eric Guez. T’as d’beaux vieux tu sais
Eric Guez. Pelottes d’hellenes
Eric Guez. Des coups plein l’aïeul
Eric Guez. Oracle O désespoir
Eric Guez. Des Mutants de Panurge
Eric Guez. Pastille d’amante
Eric Guez. Le bal des petits vits blancs
Eric Guez. La Belge au bois dormant
Eric Guez. L’Homme des tavernes
Eric Guez. Le Savant de Marseille
Eric Guez. Les maléfices à papa
Eric Guez. Le Massacre du printemps
Sébastien Gargallo. Un vice à papa
Sébastien Gargallo. Tout pour l’égoût
Frédéric Georges. Tel père tel vice

L
Georges Le Gloupier. Sévices après vamps
Georges Le Gloupier. Les accidents de l’amer
Georges de Lorzac. La Loque à terre
Georges de Lorzac. Les Clystères de Paris
Francis Lotka. Le popotin de la commère.
Francis Lotka. La rousse au petits roberts
Francis Lotka. Pour qui sonne le gland
Francis Lotka. L’odeur du bookmaker
Francis Lotka. Dérèglement de compte
Francis Lotka. Ice crime
Francis Lotka. Des hommes sans cible
Francis Lotka. Louche écossaise
M
Florent Massada. L’agent n’a pas d’odeur
Florent Massada. Tapinage artistique
Florent Massada. Une femme dans chaque pore
Florent Massada. Strip à la mode de Caen
Frank Murdoch. Sucettes à la Nice
Frank Murdoch. Tétins Et Mi-Lourds
Frank Murdoch. Transes Eros Express
Frank Murdoch. Sans tabou ni trompette
P
Jonathan Pibrac. La Garce Champêtre
Jonathan Pibrac. Le vice dans la vallée
Philippe Packart. Les torchons et les soviets
Philippe Packart. Bloody mairie
Humphrey Paucard. L’ulster à l’estomac
R
Claude Razat. Sorcellerie rémoulade.
Julie Renoir. La peau sur le revenu
Benjamin Ruppert. Loin des yeux loin du tueur
Benjamin Ruppert. Faux mage ou dessert
Benjamin Ruppert. Déclic et des claques
Benjamin Ruppert. Les potins de la comète
Benjamin Ruppert. Chaud effroi
Benjamin Rupert. Les Trois Moustiquaires
Benjamin Rupert. Sabbat, ça vient
Benjamin Rupert. Trop poulet pour être honnête
Benjamin Rupert. Lubriques à braque
Benjamin Rupert. A poil et à vapeurs
S.
Gary Semple. Les hommes préfèrent les bombes
Gary Semple. La musique adouçit les meurtres
Gilles Soledad. Dollars ou du cochon
Gilles Soledad. Langes bleus
Gilles Soledad. Interdit aux mains de 16 ans
Gilles Soledad. La Maldonne des sleepings
Gilles Soledad. Un petit salé aux Antilles
Gilles Soledad. Attouchements sans douleurs
Gilles Soledad. Fêtes de fins damnés
Gilles Soledad. En avant l’amnésique !
Carlotta Simpson. L’éducation gentiment sale
V
Jean-Louis Villiers. Embrouilles à minettes

du meilleur goût... ;-)

21:12 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : society, place net, luv, lis tes ratures |  Facebook

chupador...

Les illustrations de ce livre sont signées J.-P. Guillemot.

21:07 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

logique

"If you can’t go home, there is nowhere to go, and nowhere is the biggest place in the world—indeed, nowhere is the world."

Aleksandar Hemon from The Lazarus Project

The Skeleton in the desert, circa 1880.jpg


21:00 28/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

22
mar

AVIS à la Populass (humoeur)

Je pense bientôt quitter la "culture", le monde du travail, la ville, l'ONEM et les chauffeurs de la STIB et partir cuisiner des gâteaux simples et presser des smoothies bio en Gaume et vivre d'amour et d'eau fraîche et porter des habits orange ou violet et m'ennivrer d'essences indiennes dans le cou et me frotter au musc d'élan entre les cuisses et creuser une grotte de sélénite dans la roche rigoureuse et fabriquer un moulin à eau avec mes petites mains aux ongles terreux sans vernis et laisser pousser tous mes poils tout en rasant mon crâne et élever des enfants à moi ou pas entre un tipi en peaux de chèvre naine et une yourte en poils de couilles chamaniques avec des individu(e)s de toutes les ethnies opprimées et faire une diète riz carottes pendant mes règles contrôlées et me frotter aux orties blanches chaque matin primal pour interpeller PachaMama, Mamie Nova... et toute la smala... Si, si.

Beauty contest for cattle at the Iowa State Fair, Iowa, 1965.jpg

12:15 22/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

15
mar

écrire plutôt que dire (éternel)

darkness stars.jpg

Pensées en relief écrites ici plutôt que là ou là-bas
pour les gens aimés qui ne cessent de perdre des gens et des choses.

09:04 15/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

12
mar

Interlude animalier

clic on cat.

19:02 12/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

10
mar

Espace de Libertés - RDV mensuel avec ma tête

Chaque mois, j'écris une bafouille dans Espace de Libertés,la revue du Centre d'Action Laïque...

j'y suis la Page 35 ou 38 ou même 41 selon la taille (ça ne vaudra jamais la page centrale du Sun, je sais) dans une rubrique nommée Coup de Pholie.

Clic pour le dernier numéro et piochez dans le shop (les numéros précédents sont gratuits et téléchargeables) sur cette page-ci.

Les sujets sont à la carte (blanche) et les articles sont courts. Je tente d'y délayer la sauce de mon crâne, celui qui est entre mes tempes et d'être comprise, enfin...

22:44 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : textes, place net |  Facebook

Frédéric Lecloux

Frédéric Lecloux a sorti Brumes à venir chez Le Bec en l'air en octobre 2012. Il est photographe à l'agence VU, il écrit de la poésie et il donne des stages de photographie au Népal et en Arles. Et c'est un bon garçon.

J'avais entendu son récit autour de L'usure du monde sur France Culture il y a un an.
Je l'ai ensuite rencontré à Schaerbeek (il en est originaire), en bas de chez moi.
Sa facilité d'allier images et textes a été un sujet de conversation dès le début.

Du coup, nous avons décidé de monter un atelier d'écriture et de photographie à deux. Il aurait lieu à Bruxelles du 12 au 14 juillet... AffaireS à suivre.

22:32 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : atelier, lis tes ratures |  Facebook

Saturday Night Pepper

Vu en vrai, même petit car de loin, le King of Trash, le Dandy pas si Daddy, John Waters.
Soirée en deux temps, one man show du Sir John et puis projection de Polyester avec Divine la Guerrière Kitsch et Edith Massey la Mémé Autiste.
Et puis la carte Odorama...

parfaite soirée, ou presque.

Pink Flamingos de John Waters.pngDivine & John.jpg

female trouble by J Waters.jpg03-jhon-waters-polyester-odorama.jpg

21:44 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

Saul Williams, all ways

Revu dimanche dernier l'incroyable Sage Poète de la Rue Saul Williams, revu après 15 ans. Là, c'était le prix des Paroles Urbaines, mais c'était aussi et surtout Saul Williams. Le basquiat du Spoken Word...

Saul Williams dérive sur les origines, varie sur les thèmes du monde et se lie aux gens avec mots et mains.
Un incroyable bonhomme, que mon fils a fait rire et qui a fait rire mon fils. Bon signe, dis-je en bonne mère fière.

Saul touche à tout car c'est dans le monde qu'il vit pas dans un monde. Je suis admirative de sa langue, de son corps (céleste et présent), de son regard (et de ses yeux, j'avoue).

Un entretien très vif, ici.

 

muse-hicmuse-hicmuse-hic

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots?

("ohm" is chanted in long drawn out syllables throughout the song)

[Saul Williams]
through meditation I program my heart
to beat breakbeats and hum basslines on exhalation
*Saul beatboxes* "ohm"
I burn seven day candles that melt
into twelve inch circles on my mantle
and spin funk like myrrh
*Saul beatboxes* "ohm"
and I can fade worlds in and out with my mixing patterns
letting the Earth spin as I blend in Saturn
niggaz be like spinning windmills, braiding hair
locking, popping, as the sonic force
of the soul keeps the planets rocking
the beat don't stop when, soulless matter blows
into the cosmos, trying to be stars
the beat don't stop when, Earth sends out satellites
to spy on Saturnites and control Mars
cause niggaz got a peace treaty with Martians
and we be keepin em up to date with sacred gibberish
like "sho' nuff" and "it's on"
the beat goes on, the beat goes on, the beat goes "ohm"

and I roam through the streets of downtown Venus
trying to auction off monuments of Osiris' severed penis
but they don't want no penis in Venus
for androgynous cosmology sets their spirits free
and they neither men nor women be
but they be down with a billion niggaz who have yet to see
that interplanetary truth is androgynous
and they be sending us shoutouts through shooting stars
and niggaz be like, "Whattup?" and talking Mars
cause we are so-lar and regardless of how far we roam from home
the universe remains our center, like "ohm"

I am no Earthling, I drink moonshine on Mars
and mistake meteors for stars cause I can't hold my liquor
but I can hold my breath and ascend like wind to the black hole
and play galaxaphones on the fire escapes of your soul
blowing tunes through lunar wombs, impregnating stars
giving birth to suns, that darken the skins that skin our drums
and we be beating infinity over sacred hums
spinning funk like myrrh until Jesus comes
and Jesus comes everytime we drum
and the moon drips blood and eclipses the sun
and out of darkness comes a *Saul beatboxes*
and out of darkness comes a *Saul beatboxes*
and out of darkness comes the...

*µ*µ*µ

I don't know whether to laugh or cry
and I don't know whether to live or die
I kept my love for her locked deep inside
it cuts like a knife
she's out of my life
out of my life, out of my hair
out of my mind, there's no love in there
I move on, move on

dear God, I wasn't breast fed
and most of my conversations with men seem to revolve around music
I'm no musician but the pain has been instrumental
my sense finally tune the instruments of - of - of
of being lonely, of being lost, of being loved, of being human
man I could use a metaphor but I can't get beyond this shit
I could use someone to talk to
but most of my conversations with men seem to revolve around music

I am a poet who composes what the world proses
and proses what the world composes

I am a poet who composes what the world proses
and proses what the world composes

damned indescion and cursed pride
I kept my love for her locked deep inside
and I don't know what to do
to get it through to you
get out of my life tonight
get out of my life
out of my life, out of my hair
out of my mind, 'cause no lovin' fair
I move on, move on

she had nothing but time on her hands
silver rings, turquoise stones and purple nails
I rub my thumb across her palm
a featherbed where slept a psalm
yay though I walked, I used to fly, and now we dance
I watch my toenails blacken and walk a deadened trance
'til she woke me with the knife edge of her glance
I have the scars to prove the clock strikes with her hands

and I don't know what to do
to get it through to you
and I don't know what to do
to get it through
out of my life, out of my hair
out of my mind, 'cause no lovin' fair
I move on, move on, I move on

*µ*µ*µ

Now I wasn't raised at gunpoint
and I've read too many books
to distract me from the mirror
when unhappy with my looks
and I ain't got proper diction
for the makings of a thug
though I grew up in the ghetto
and my niggers all sold drugs,
and though that may validate me
for a spot on MTV
and give me all the airplay
that my bank account would need,
I was hoping to invest in
a lesson that I learned
I thought this fool had jumped me
just because it was my turn.
I went to an open space
because I knew he wouldn't do it
if somebody there could see him
or somebody else might prove it,
and maybe in your eyes
it may seem I got punked out
because I walked in their own path
and then went and changed my route.
But that open-ness exposed me
to a truth I couldn't find
in the clenched fists of my ego
or the confines of my mind
or the hip-ness of my swagger,
or the swagger of my step,
the scowl of my grimace,
or the mean-ness of my rap.
Because we represent a truth son,
that changes by the hour,
and when you open to it,
for nobility is power,
in that shifting form you'll find a truth that doesn't change
and that truth is living proof of the fact that God is strange?

Talk to strangers
when the family fails and friends led you astray
and Buddah laughs and Jesus weeps and turns out God is gay.
As angels in disguise love can come in many forms,
the hallways of your projects or the fat girl in your dorm,
and when you finally take the time to see what they're about
perhaps you find they're lonely or their wisdom trips you out.

Maybe you'll find the cycles end
right back where you began,
but come this time around
you'll have someone to hold your hand,
who prays for you who is there for you
who sends you love and light,
exposes you to parts of you
that you once tried to fight.
And come this time around
you choose to walk a different path,
you'll embrace what you turned away
and cry at what you laughed,
because that's the only way
we're going to make it through this storm,
where ignorance is common sense
and senseless is the norm.
Infact we're high above the truth
and that you never touch,
and stolen goods are overpriced
and freedom costs too much,
and no-one seems to recognise
the symbols come to life,
the bitten apple on the screen
and Jesus had a wife,
and she was his Messiah
like that stranger may be yours,
who holds a subtle knife
that carves through worlds
like magic doors,
and that's what I've been looking for,
the bridge from then to now,
just watching B.E.T like what the fuck son,
this is foul
But that's where [Boston?] represents
this fear that we live in,
the world is not a flat screen
I ain't trying to fit in.
But this ain't for the underground
this here is for the sun.
A seed a stranger gave to me
and planted on my tongue.
And when I look at you,
I know I'm not the only one.
As a great man once said,
there's nothing more powerful
than an idea
who's time
has come

 
 
 
 
et pour les images et les sons, allez youtuber.

 

21:11 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : muse-hic |  Facebook

Tomassenko - bon trio, bon trio

"Une musique vivante, singulière, intime, où la fête est à l’honneur, la poésie aussi, le calme et l’humour bien sûr, avec des musiciens dont le plaisir de jouer ensemble s’affiche sur les visages.
Un son original et personnel au service de la narration, de la suggestion, avec des arrangements et associations d’instruments, inventés ou réels, qui invitent au spectacle : Grelots, plaquàpieds, clarinettes, likembés, organetta, cor de basset, capteur dentaire, scie, guitares, chant, onomatopées, français dissonant, mini chorale, rythmes et mélodies. Laurent Rousseau, Catherine Delaunay et Olivier Thomas croisent les sons et les mots.
Troglodyte onomatopiste, monoglotte borborythmicien, auteur de langues imaginaires, amateur du recyclage par la culture de l’imparfait, créateur d’espaces intersti-ciels et de lecture en biais, Olivier Thomas chante et raconte le sens et le non sens.
Un pouce de solitude, un doigt de sel, et puis on prend le tout, on secoue un bon coup. Comme une fresque peinte ou l’on mélange les couleurs pour en esquisser de nouvelles."


www.tomassenkoproduction.bevignette trio tomassenko.jpg


Je suis allée voir le trio Tomassenko un soir, au Varia.
J'ai aimé le trio Tomassenko.
J'ai vraiment ri et presque pleuré en écoutant/voyant le trio Tomassenko.
Faut dire que c'est beau ce le trio Tomassenko. C'est pas que beau, en plus, parce que ça serait que beau le trio Tomassenko, ça serait pas forcément facile à décrire, le trio Tomassenko et puis inutile à dire. Le beau, c'est à voir, pas à détourer, n'est-ce pas?
Bon, donc, si on doit comparer, comme ces critiques dessinant des cases et des croix sur les courbes et les nuages, disons donc que le trio Tomassenko, c'est comme Raymond Queneau + Nosfell + (Gherasim) Luca (soit Laurent Rousseau, Catherine Delaunay et Olivier Thomas) mais le trio Tomassenko, c'est d'abord un Trio puis c'est Tomassenko, pur jus et jus pur. Comparer c'est diminuer, c'est restreindre, c'est retirer l'essence, c'est con, le trio Tomassenko est le trio Tomassenko, un point c'est pas de trop.
Mais dire que pendant le spectacle (pas concert, pas théâtre, pas fanfare, pas cabaret, pas one man show, pas performance, pas piqué des vers, pas la der des der, ...), j'ai entendu les fameuses onomatopées borborythmiques, ces évidences non récalcitrantes non-exhaustives et les invitations aux ailleurs.
J'ai pioché entre les lignes leurs néologismes et leurs poétismes à ce trium verra verra pas, oui, le trio Tomassenko.
J'ai regardé le piano rouge qui n'a pas été joué. J'ai attendu des objets entendus, j'ai été sur-prise avec d'autres, dont des choses que je n'ai pas encore comprises.
Et aussi, j'ai bien maté ausculté les corps du trio Tomassenko. Ils sont des jeux de mains, des maladresses volubiles, des volutes subtiles et autres bouches babiles pour outils/ustensiles/moyens. Et leurs instruments, qui jouent avec leurs mains, sont comme les mains des musiciens du trio Tomassenko.
Ah mais ils n'ont pas que des mains, ces gens-là, des mains oui, je vous le dis mais aussi des faciès et des profils, des têtes comédiennes qui servent des histoires en apérodessert.
Ah le trio Tomassenko, c'est une histoire d'histoires qui prend des mots pour des lanternes, des vessies pour des badernes et des récits pour des balivernes.
Enfin, voilà, ça du Trio Tomassenko, je peux dire et faire saliver.

***PUB***
Le trio Tomassenko, c'est aussi un CD qui vient de sortir

Titre: organetta - (factice) - Igloo recodes - 2013

***PUB***

Ce que vous pouvez faire pour vous donner une bonne idée, c'est de démarrer toutes les vidéos de le trio Tomassenko en même temps, de là, commencer à vous dire que ça se passe là, que c'est eux qui sont bons dans ce moment, là, pas vous.

Bref, après Bruxelles, Le Trio Tomassenko visite le Limousin en mars, puis après... ?
Le Boutan? L'Azerbaïdjan? L'Arménie? La Wallonie? Qui sait ce qu'ils savent. Qui sait ce qu'ils y feront. Mais loupez les que si vous êtes morts.

Postulat de cette chronique:

Je crois que chaque enfant libre et chaque enfant con doit écouter le trio Tomassenko.
Je crois que chaque femme libérée ou chaque femme cloîtrée doit cuisiner et baiser en savourant le trio Tomassenko.
Je crois que chaque homme chevalier ou chaque homme cavalier doit reprendre sa vie en mains en appréhendant le trio Tomassenko.
Je crois que les vieux dans les homes ou dans les prisons, que les écclésiastes, les enthousiastes et les Bouriates du nord doivent inviter le trio Tomassenko à venir jouer entre leurs murs.
Ah mais vraiment, le trio Tomassenko change le monde, ad libitum.

Et encore, je suis objective. Imaginez si j'avais été dans l'émotion...

20:32 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : muse-hic |  Facebook

Le monde de Luce et ses extases

mar2013 019.JPG
Vs.

mar2013 021.JPG

" Sainte, putain ou juste simple d’esprit ? Voici le récit vivant d’une femme joyeuse et délicieusement ingénue. Luce a ceci de singulier qu'elle ne distingue pas le «bien» du «mal». En 4 tableaux épiques, elle passera d’une enfance sauvage à l’austérité du carmel pour glisser dans la débauche d’un bordel... avec le même enchantement ! Murmures, accordéon, danse, chant, frémissements et malice accompagneront Luce et le spectateur vers l'Extase... Cette fable chaleureuse est avant tout une ode à la sensualité, au plaisir et au ludique. Elle interroge l'austérité sensorielle que notre mode de vie et la morale nous imposent. S'y réconcilient - un instant suspendu - l'âme, la chair et le jeu."

Pièce en 4 actes. 4 tableaux pour 4 âges d'une femme d'un autre âge, d'une autre époque et pourtant porteuse de symboliques encore si vivaces, malheureusement si vives quand elles sont subies, violentes, radicales. Mais Luce passe à travers... à travers ou en travers?

Geneviève Voisin et ses collaboratrices (danseuses, comédiennes, chiennes, égéries, tigresses, religieuses, clowns, teaseuses, ...) apportent des mots et des gestes sur leurs corps en émotions.
Le mouvement de celles qui osent se répercute de scène en scène. Gourmandise, Foi, Luxure, Vieillesse... des vices peu cachés.
Quelque chose de simple traverse ce spectacle, les évidences d'une femme que le monde ne permet pas d'être ce qu'elle est, juste ça. Luce serait donc une joyeuse naïve qui traverse sa vie avec les yeux en l'air, les yeux vers les ciels, qu'ils soient 7ème ou tempétueux.
Une découverte du texte, aussi, l'écriture de Geneviève Voisin (Cie Ah Mon Amour), douce amère, libre et si peu vaine, si peu vaine.

Je suis heureuse d'avoir été voir ça cet après-midi, même si mes voisins avaient le bagoût bien trop terre à terre et le goût bien trop serré dans le cul.

D'autres dates ailleurs, suivez le site. Recommandation.

18:41 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts, girlz |  Facebook

Adadage

"When words become unclear, I shall focus with photographs.
When images become inadequate, I shall be content with silence."
- Ansel Adams
 

Lee Materazzi.jpg Art by http://www.leematerazzi.com/

18:04 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

40ème soirée filles avec un cerveau (chacune) le vendredi 22 mars à la Maison des femmes

Soirée filles rectoversoforweb_optimised.jpg

Inscription par mail uniquement... à ce soir là. Fête et Fête prévues.

14:04 10/03/2013 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

8
mar

Epitaphe, Epitaphe, est-ce que 'jai une gueule d'épitaphe?

 
Depuis juin 2011 LMG diffuse un appel à contribution. Cette sollicitation invite amis, famille, collègues et inconnus, à imaginer et raconter par écrit leur propre mort. Dans un premier temps, entre le conte nécrologique et le récit testamentaire, les participants livrent par courrier postal le récit imaginaire de leur ultime départ. Après un premier travail de lecture, d’analyse et d’interprétation des textes reçus, LMG numérote, classe et référence les courriers avant de commencer le travail graphique à proprement parler: chaque réponse plastique est une interprétation graphique d’une confidence textuelle. Dans un second temps, pour chaque réponse reçue, LMG réalise un dessin au graphite et à la mine de plomb qui, sera ensuite offert à celles et ceux ayant participé. Ainsi, en faisant de la mort l’axe nodal de sa démarche, en sollicitant les autres à en parler, LMG tente d’en briser le tabou, si puissant dans nos sociétés occidentales actuelles.

Vous souhaitez participer au projet Epitaphes ?

15:44 08/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

6
mar

Coyote Beuys

 




























© Caroline Tisdall - "Coyote, I like America and America likes me" by Joseph Beuys

20:26 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

Copy/Paste idéal parfait, merci Weimar Art

Dante, Inferno XXVII, The Logician Devil

He must come down among my menials;
the counsel that he gave was fraudulent;
since then, I've kept close track, to snatch his scalp;

one can't absolve a man who's not repented,
and no one can repent and will at once;
the law of contradiction won't allow it.'

O miserable me, for how I started
when he took hold of me and said: 'Perhaps
you did not think that I was a logician!'


A Prototype

"So much has been done — more, far more, will I achieve: treading in the steps already marked, I will pioneer a new way, explore unknown powers, and unfold to the world the deepest mysteries of creation..." — Victor Frankenstein


James Whale, Frankenstein, 1931

"There is something at work in my soul which I do not understand. I am practically industrious — painstaking, a workman to execute with perseverance and labour..." (Mary Shelley, Frankenstein, 1818)


Fritz Kahn, Man as Industrial Palace, 1926

Boris Karloff as Dr. Jekyll (1953)

"If each, I told myself, could be housed in separate identities, life would be relieved of all that was unbearable..." - Henry Jekyll

Claude Rains as The Invisible Man (1933; dir. James Whale)

“Power, I said! Power to walk into the gold vaults of the nations, into the secrets of kings, into the Holy of Holies; power to make multitudes run squealing in terror at the touch of my little invisible finger. Even the moon’s frightened of me, frightened to death!”

John Frankenheimer, The Island Of Dr Moreau, 1996

Set in the year 2010, Dr. Moreau (Brando) has successfully combined human and animal DNA to make a crossbreed animal. Well, as usual, something goes wrong and David Thewlis must try to stop it before it is too late. Based on a story by H.G. Wells.

Frank-N-Furter unveils his creation — The brainless beauty Rocky Horror.


Joseph Green, The Brain That Wouldn't Die, 1962

Dr. Bill Cortner (Jason Evers) is a successful scientist with a beautiful fiancée named Jan Compton (Virginia Leith). After a horrible car accident decapitates Jan, Dr. Cortner collects her severed head and rushes it to his laboratory, where he revives it and manages to keep it alive in a liquid-filled tray. Cortner now decides to commit murder to obtain an attractive new body to attach to his fiancée's head...

Brigitte Helm as Maria in Fritz Lang's Metropolis (1926)

 Rudolf Klein-Rogge as Dr. Rotwang in Fritz Lang's Metropolis (1926)

Many aspects of Rotwang's appearance and character, particularly the black gloved "mechanical" hand, turn up in the title character of Dr. Strangelove (below). Rotwang was very influential in the iconography of the mad scientist archetype. His laboratory, with its profusion of Tesla coils and towering switch panels, baroque chemical equipment and pipework, became a stock feature of many later films, including many in the Frankenstein series. Like Victor Frankenstein, he attempts to "play God" by creating life, only to be defeated and destroyed in the end.

Peter Sellers as Dr. Strangelove in Stanley Kubrick's movie (1964)

President Merkin Muffley: How is it possible for this thing to be triggered automatically and at the same time impossible to untrigger?

Dr. Strangelove: Mr. President, it is not only possible, it is essential. That is the whole idea of this machine, you know. Deterrence is the art of producing in the mind of the enemy... the FEAR to attack. And so, because of the automated and irrevocable decision-making process which rules out human meddling, the Doomsday machine is terrifying and simple to understand... and completely credible and convincing.

Nikola Tesla

Robert and Shana ParkeHarrison

Chew, the eye manufacturer in Ridley Scott's Blade Runner (1982) 

Stanley Kubrick, A Clockwork Orange

Alex: You needn't take it any further, sir. You've proved to me that all this ultraviolence and killing is wrong, wrong, and terribly wrong. I've learned me lesson, sir. I've seen now what I've never seen before. I'm cured! Praise god!

Dr. Brodsky: You're not cured yet, boy.

Michaël Borremans, The Pupils, 2001

Jake & Dinos Chapman, Disasters of War No.72, 2000

Herbert Ploberger, Untitled, c. 1930

Herbert List via Fantomatik
 
Laurence Olivier as Dr. Szell in John Schlesinger's "Marathon Man" (1976)

Manny Coto, Dr. Giggles, 1992

In the quiet neighborhood of the fictional town of Moorehigh in 1957, a physician named Dr. Rendell seems like a nice enough man, but there is one problem: his patients keep disappearing...

Dieter Asmus, Frog Test (Dr. Rock), 1983

19th century engraving of Homunculus from Goethe's Faust part II


It flashes, see! Now truly we may hold
That if from substances a hundredfold,
Through mixture - for on mixture all depends-
Man's substance gently be consolidated,
In an alembic sealed and segregated,
And properly be cohobated,
In quiet and success the labour ends.
Goethe, Faust
Gösta Ekman as Faust in F.W. Murnau's  1926 movie

 

"What lies beyond doesn't worry me.
Suppose you break this world to bits, another may arise." 

Joseph Wright of Derby, The Alchemist in Search of the Philosophers Stone, 1771

Paul Wegener and Lya de Putti in The Golem, 1920

The Golem is based on an old Jewish legend about rabbi Löw, who formed an immensely strong man out of clay to protect the getto of Prague. The protagonist Athanasius Pernath wanders through the distorted slums of the getto in a nightmare, restlessly in search of the golem. Finally he encounters the creature in a liberating vision as a doppelgänger in the labyrinth of his own soul.

Wernher von Braun, Inventor of the V1 Rocket, standing behind Heinrich Himmler

 

"Science does not have a moral dimension. It is like a knife. If you give it to a surgeon or a murderer, each will use it differently." - Wernher von Braun


 

Anonymous (Germany), Who is an Aryan?, 1933

Adam Cvijanovic, Love Poem (10 minutes after the end of gravity), 2005

Thomas Pynchon's "Gravity Rainbow" (1973) split the Pulitzer board to the extent that no award was given in 1974. American GI Tyrone Slothrop is hunted by a wing of British Scientists, media men, military personnel and lunatics called The White Visitation, after it comes to light that every time he has sex with a British woman, a V2 rocket hits the house within days and that his erections may be able to predict V2 attacks on London. 

Vincent Price in Tim Burton's Edward Scissorhands

Vincent Price in Edward Scissorhands might just be the kindliest Mad Scientist ever. His second-most-impressive creation (after Edward) is a giant cookie-making machine.

Johnny Depp as Edward Scissorhands

Peter Lorre as Dr. Gogol in Karl Freund's Mad Love (1935)

 

 Raoul Hausmann, Dada (Collage for the First International Dada Fair in Berlin), 1920

 


Artificial hand, from Ambroise Paré's Instrumenta chyrurgiae et icones anathomicae, Paris, 1564

 

Reeducation of mutilés de guerres at the Maison blanche reeducation camp for agricultural workers, January 8, 1919. Reproduced in Surrealist Masculinités.

 


DARPA prosthetic arms

DARPA, the US Government's official program to fund Mad Science. Their only mission is "radical innovation". They fund all sorts of seemingly off the wall projects. Among their successes are night-vision goggles, GPS, and a little thing called the Internet...

Micro Air Vehicle

 

Micro Air Vehicle by the Bionik Department of Berlin Technical University - Inspired by Ernst Jünger's novel "Glass Bees": Zapparoni, a brilliant businessman, has turned his advanced understanding of technology, and strategic command of the information and entertainment industries, into a discrete, and seemingly benign, form of global domination. But Zapparoni is worried that the scientists he depends on might take his secrets to a rival. He needs a chief of security, and Richard, a veteran and war hero who has fallen on hard times, is ready.

Optional

Béla Lugosi as Dr. Paul Carruthers in  The Devil Bat (1940) 

Dr. Paul Carruthers is a cosmetic company chemist who is upset at his wealthy employers, because he feels they have denied him his due share of company success. To get revenge, he breeds giant bats. He then conditions them to kill those wearing a special after-shave lotion he has concocted. He cleverly distributes the lotion to his enemies as a "test" product.

Jack Arnold, Tatantula, 1958

Professor Gerald Deemer, who is trying to prevent the food shortages is working on a nutrient which results in gigantic animals but turns humans into lumpy-faced mutants. One of his human experiments attacks him and tries to destroy his laboratory and, although the resulting fire means the death of a giant guinea pig, a monstrous tarantula manages to escape into the desert...

Kurt Neumann, The Fly, 1958

Scientist Andre Delambre is found dead with his head and arm crushed in a hydraulic press. His wife Helene confesses to the crime. She is obsessed with flies, particularly a white-headed fly...

Woody Allen, Everything You Wanted To Know About Sex... (1972)


Sure, there’s the giant boob attack and Dr. Bernado (Gene Wilder)  a mad sex analyst whose experiments include measuring premature ejaculation on a hippopotamus and building a 400-foot diaphragm. ("Contraception for the entire nation at once!") , but there is no other scene we could possibly love more than one where Woody Allen plays a neurotic sperm being fired out of a penis.

Fritz Kahn, The Male Erection System, 1937

Jake & Dinos Chapman, Disasters of War No.77, 2000

Blowjob

What happens when you take 76 images of blowjobs (as in fellatio, as in oral sex), and mathematically average them? What you get is a blurry fuzzy picture. This usage of math in art is by Jason Salavon. He aptly calls it 76 Blowjobs.

Gender Studies, Stanford 1958

Thomas Ruff, Nudes ru05, 2000

Hegel, Encyclopaedia of the Philosophical Sciences (1830), Introduction §5


Everybody allows that to make a shoe you must have learned and practised the craft of the shoemaker, though every man has a model in his own foot, and possesses in his hands the natural endowments for the operations required. For philosophy alone, it seems to be imagined, such study, care, and application are not in the least requisite. This comfortable view of what is required for a philosopher has recently received corroboration through the theory of immediate or intuitive knowledge.


Robert Rodriguez, Sin City, 2005

When you want to activate a Weapon Of Mass Destruction, a Mad Scientist's invention, an electricity-based method of execution (especially an electric chair), you have two options. One of them is the Big Red Button, and the other is the old-fashioned electric switch with a huge handle, which sends sparks flying when activated.

Martin Miller, "The Gadget", (Trinity Atomic Bomb), 1945

"Once ze rockets are up, who cares vhere zey come down? 

Zat's not my department," says Wernher von Braun."
Tom Lehrer, "Wernher von Braun"

Martin Miller, Minuteman II ICBM Launch Control Center Delta-01, 1965
"World Wide Delivery In 30 Minutes Or Less"

 Gerd Ludwig, Life Endures. Pripyat, Chernobyl Zone, Ukraine, 2005

BRL Nuclear Weapon Effects Computer (ca. 1960)

 

The Nuclear Weapons Effects Computer No. 1 was manufactured by Blundell Rules Limited of Weymouth England. Its purpose is to predict a variety of consequences of a nuclear explosion. The magnitude of the burst is specified (in kilotons or megatons) and the calculator estimates, for various distances from ground zero, the damage to buildings, the crater dimensions, the percent of the population killed, trapped, and seriously injured.

 

General McChrystal: “When we understand that slide, we’ll have won the war”

William Hogarth, The Reward Of Cruelty, 1799

Paul Ronard, The dissection of a young, beautiful woman, 1864

 

A Fine Childhood
by Gottfried Benn

The mouth of a girl who had long lain in the reeds
looked so chewed up.
When we broke open the torso, the esophagus was so full of holes.
Finally in a bower under the diaphragm
we found a nest of young rats.
One little sister rat lay dead.
The others were living off liver and kidney,
drinking the cold blood and enjoying
a fine childhood.
And fine and fast was their death too:
we threw the whole bunch into water.
Oh, how those little snouts squeaked!

Gabriel von Max, The Anatomist, 1869

Take off all your clothing,
We've only just begun.
We have no anaesthesia,
It's 1841!

Emilie Autumn, "Miss Lucy Had Some Leeches"

 


Georges Chicotot, The First Attempt to Treat Cancer with X-Rays, 1907

Dana Schutz, How we cured the plague, 2007

Dr. Barber: Hmmm...good news. You have the plague. 
Patient: Why is that good news? 
Dr. Barber: Because now I get to conduct medical experiments! 

The Marvelous Misadventures of Flapjack

Franz Sedlacek, Beim Moulagenmacher (Moulage Studio), 1932

Moulage is the art of applying mock injuries for the purpose of training Emergency Response Teams and other medical and military personnel. Moulage may be as simple as applying pre-made rubber or latex "wounds" to a healthy "patient's" limbs, chest, head, etc., or as complex as using complicated makeup and theatre techniques to provide elements of realism (such as blood, vomitus, open fractures, etc.) to the training simulation.

Buckminster Fuller

Buckminster Fuller  invented many things, few of which saw much use. He made up words by dicing up other words and sticking the parts together. He slept two hours a day, spread across four 30-minute naps, for two years. He kept a diary of his entire life, updating it every 15 minutes and including a family history, newspaper clippings, sketches, and copies of all bills and correspondence. From 1915 to 1983 he was still very influential, however.

 

New Math

Some of you who have small children may have perhaps been put in the embarrassing position of being unable to do your child's arithmetic homework because of the current revolution in mathematics teaching known as the New Math. 

Power of Mathematics

"Strange as it may sound, the power of mathematics rests on its evasion of all unnecessary thought" - Ernst Mach

Grey Villet, Tiny squirrel monkey strapped into capsule for space travel, 1958

Henry Stacy Marks, Science is Measurement

Gabriel von Max, Affe vor Skelett, c. 1890

Alfred Kubin, Science, 1901


19:10 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, place net, society |  Facebook

L'humanité et rien d'autre VII - Alex Majoli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19:01 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : arts, healfff |  Facebook

PlayBioListoAutoGraphiectionnelle - Onlit.net

PlayBioListoAutoGraphiectionnelle

(PlayBioListoAutoGraphiectionnelle1)

 

Partir d’un principe erroné, soit l’émotion. L’émotion ? Comme être en musiques et en rythmes à chaque mot. A travers et avec les mots. Être ému-e ? Se sentir en chant en sons et finir par ne croire qu’en ce qui est joué, soufflé, murmuré, chantonné, tambouriné, cliqueté - finalement jamais expliqué. La musique ne s’explique pas, même si elle se compose, se décompose, se construit, se retire. Tout est musique et tout est silence.

 

Ce serait par les sens qu’on saurait mieux ce qu’on peut être, ce qu’on rêve d’être. Chanter et être chanté, comme la plus solide des vérités. La voix est l’organe, le mot est un traître, aussi docile et doué soit il.

 

Donc.

(la suite sur le site de Onlit Editions)

18:48 06/03/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures, place net, humoeurs |  Facebook

20
fév

c'est pour dire.

Qui serait encore souverain de son état d'être dans ce monde où chaque enzyme a été observé, où chaque pas a été mesuré. Ne nous permettons pas de prétendre que nous avons été là ou là sans y avoir été mort et enterré. Nous n'avons pas de droit à la terre, ni au sang d'ailleurs, à part peut-être un peu à celui que nous portons tant bien que mal dans cette baderne que le mot corps embellit. Il n'y aucun espoir, juste des illusions translucides embrumées par nos vapeurs, nos sucs et nos instances. Il n'est pas de prophétie ou d'empathie assez proche de la réalité. Je voudrais être ce que je ne suis pas et déjà c'est dire ce que je suis de ne plus souhaiter être encore ce que je peux être. Athanor et alambic, racines et végétation, airs et brumes, feux et plaines, tout est pénétré de l'idée que nous nous faisons de ce qui brûle, de ce qui se tire dans l'oeil, de ce qui pousse en dehors de nos bouches et mains. J'aime le rêve dans lequel je berce mes errances, ces interminables conjugaisons mortifères, qui encombrent mes dents mais jamais ne retiennent mon rire de gorge, rire issu de ce fameux instant présent qui n'a lieu et temps qu'entre la trachée et la peau, rire qui ne dure que l'évasion d'une respiration, sans autre phénomène qu'une poussée de fièvre, une fièvre pâle mais infinie.

Adam Diston. Cutting a sunbeam. 1886.png

Adam Diston. Cutting a sunbeam. 1886

18:16 20/02/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

12
fév

Revue Sans Titres

Une revue qui sort, c'est une bonne nouvelle. toujours.

J'ai participé avec quelques mots à Sans Titres. ça vient de sortir...

DECOUVREZ 

UN MUSEE VIRTUEL
UNE REVUE NOVATRICE
UNE CREATION INTELLECTUELLE ET POETIQUE HORS-NORME

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11:21 12/02/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

17
jan

Moi, Unica Zürn, La Poupée - par Véronique Bergen.

Image Hans Bellmer, La Poupée HansBellmerLaPoupee

 

Moi, Unica Zürn, La Poupée

 

 

Je ne vais pas bien car il n’y a que deux sexes, plus une pincée d’hermaphrodites. S’il en avait eu sept, j’en aurais goûté un chaque jour de la semaine. Quand ma grammaire ubiquitaire plaçait le Tu dans le Je turlututu chapeau framboise, l’institutrice me grondait tambour-major. Ton récit, je le détraque, Christa. Qui voudra lire des propos en charpie, une fiction démembrée ? J’ouvre la fenêtre, je m’apprête à sauter dans le vide mais tu n’es pas là pour m’asphalter du regard. Au docteur Ferdière, Hans Bellmer a écrit « j’appartiens au type d’hommes avec antennes qui repèrent à dix mille lieues leur future victime ; avec Unica, tous mes capteurs de chasseur se sont allumés. J’avais trouvé ma plus belle proie. Plus tard, quand elle se mit à fuguer, je savais que, accroc à ma personne, elle me reviendrait. Un chien sans son maître est perdu ». Au docteur Ferdière, j’ai confié ma peur d’accoucher d’un axolotl quand Hans m’engrossait de travers, au mauvais endroit. J’ai rajouté que dans les plis de mon anus seul un bébé-larve tiendrait…

 

La seule personne qui est moi, Hans l’a léguée à l’État français. Il paraît qu’elle est enfermée dans un coffre de verre au Centre Pompidou,. Pourtant, il voulait être enterré avec elle, avoir sa Poupée à portée de main, à portée de sexe, pour l’éternité. Au cours des années cinquante, je notais chaque soir dans un petit carnet les plaintes, les joies de la Poupée, nos dialogues, nos naufrages. Accrochée au mur, la seule personne qui est moi a failli mourir à deux reprises, une fois quand tu l’as jetée dans la cage d’escalier, Christa, une seconde fois, quand tu lui as fourré la tête dans le four, nous préparant une belle chambre nuptiale, une chambre à gaz effluves carboniques pour psychotiques. C’est parce que tu planifiais notre mort que nous sommes restées en vie. Ma jointure à boule, mes quatre seins, tu leur as tellement craché dessus qu’ils brillaient de plaisir. Les jours où Hans me recouvrait d’une chemise d’homme, m’ôtait ma petite culotte et plantait un nœud rose dans ma chevelure, je savais qu’on allait descendre dans la cave pour une séance photos. Plafond bas, sabbat de rats, dans un coin il me posait, une carafe d’eau à mes côtés, fixant au mur une corde reliée à ma cheville gauche, position debout durant des heures. Je préférais ça à trôner sur un urinoir, une bougie allumée dans la bouche…

 

Quand ma tête retombait caoutchouc, il l’amarrait à un anneau fiché dans la brique, les talons aiguilles me faisaient mal. Je pleurais car je voulais un rouge à lèvres plus éclatant, je pleurais car cela faisait longtemps qu’il ne m’avait pas emmenée dans la forêt pour me suspendre à une branche de chêne. Avec son frère Fritz, dans les années trente, il me promenait dans des bois noirs, m’exhibant aux passants impressionnés par mes deux paires de jambes. Une après-midi, alors qu’il m’avait déshabillée, me laissant mes escarpins, oui, la vue des pieds nus le cornichonnait panique, un homme l’injuria, le jeta à terre. La ligue des droits des humanoïdes il allait prévenir manu militari. De mon corps cet inconnu était fou, je passai ma langue sur mes lèvres et écartai mes jambes pour accueillir mon sauveur mais Hans m’empoigna par la cheville droite et me traîna sur les feuilles mouillées.

 

Les jours où Man Ray venait, Hans me nettoyait de fond en comble, cirait mes articulations, peignait mes rotules en rouge. Pour me punir, il me trempait dans l’eau froide puis m’accrochait par les épaules à un câble, me séchant comme on sèche le linge. Rolleiflex 6X6. Dans cette cave, Hans me mitraille. Je m’en veux d’avoir mordu mes lèvres car elles sont gonflées, j’en veux à Hans d’avoir raccourci ma frange, d’avoir collé une mèche de travers. Je suis son enfant qui cavale dans la nuit, je ferai la une du Minotaure, j’inspire des carrousels de poèmes à Paul Eluard, je suis religieusement érotique, je suis plus opium que toutes les fleurs de pavots. Ich bin psycho-sexuellement enfantine, sur les tirages Hans répandra de la peinture à l’aniline, si vous aviez été moins sodomisée, votre esprit serait moins brouillé Nacht und Nebel m’avait dit un psychiatre.

 

Hans aime les phrases androgynes, Hans aime m’ouvrir le nombril. J’aime provoquer mon artisan criminel, aiguiser ses désirs, ses rages et les téter dans le sens du vent. Je me jette à genoux et m’offre céphalopode à mon magicien noir qui me troue anagrammes et me donne la fessée. Le Rongo-Rongo, une écriture polynésienne de l’île de Pâques n’a jamais été déchiffré, ça m’empêche de manger. Hier, Jean Cocteau m’a trouvé l’air coquin des coquettes de la belle Époque mais maîtresse Jeanne de Berg m’a pincé les tétons, depuis que Hans a réalisé un frontispice pour son livre L’Image, elle me torture mercure saphique.

 

De décembre 1959 à février 1960, à la galerie Daniel Cordier, des centaines d’yeux m’ont dévorée. Suspendue au plafond j’ai ébloui Élisa Breton, ondulé cils et croupe pour que les visiteurs me kidnappent. Placée aux côtés des œuvres de Schroeder-Sonnerstern, exhibée à des amateurs de boutons d’or, j’étais bien. Quand tu m’exposais en même temps que ta Toupie, ma mélancolie tuberculosait bacilles de panique. Sortir ton œuvre la Mitrailleuse en état de grâce, c’était m’arcimbolder danse de l’angoisse sans portulans.

 

Au milieu des années soixante, tu m’as négligée, Hans. Je suis tombée malade, tu m’as recroquevillée nue et sale sous l’évier de la cuisine, sans plus changer mes socquettes blanches. Ma docilité ne te suffisait plus, te voir travailler durant l’été 1965 à la fabrication d’une nouvelle Poupée m’a rendue folle de jalousie, les dix exemplaires en aluminium que tu réalisas ne m’arrivaient pas au talon d’Achille. Mon air provocant de petite fille perverse, c’est ma spécialité maison, même à la souris qui vit derrière l’évier je décoche des œillades Marilyn. Jouer mandoline avec leurs prunelles tes dix marionnettes frigides en sont incapables. Les visites de Cécile Reims, c’était Byzance, les mains qu’elle passait sur mes épaules, sur mon ventre everestait ma libido, quand elle venait avec Fred Deux et un dealer mafioso, j’espérais une séance de bel canto, un viol collectif, mais seule l’eau qui fuyait d’une buse s’égouttait dans mon sexe. Tu m’as construite en 1933, papier mâché, plâtre sur armature de bois et de métal. En guise de matériaux, tu aurais pu trouver mieux. M’enfanter te permit de ne pas devenir fou. Hans, tu m’as idolâtrée pour mieux me détruire, tu m’as méprisée-adorée-humiliée devant tes amis, chaque fois qu’un visiteur susurrait « votre créature bimbo, votre lolita boudeuse, vous me la prêtez un soir ? », je priais pour que tu acquiesces, mais possessif tu me tenais le plus souvent en cage, le communisme des femmes, c’est pas ton fort. En 1956, à chacune de tes sorties, Joyce Mansour me rejoignait pour un safari érotique. La plasticité de mon anatomie électrisait ma belle Shéhérazade qui m’acrobatait rivière d’orgasmes en me revêtant d’un harnais. Tandis que tu illustrais son Jules César, j’étais sa Cléopâtre qu’elle épinettait jusqu’au sang. Elle au moins m’offrait des mini-jupes, des cuissardes que je portais durant tes absences, les vieilles chemises, les dentelles chiffonnées dont tu m’affublais, je les déchirais en douce, les bas résilles troués, je vomissais dessus, que ta loqueteuse rêve de tenues Courrèges, de robes Cardin, de chapeaux Balmain, ça ne t’a jamais effleuré l’auriculaire ? Avec toi, j’ai eu faim, j’ai eu froid, j’ai manqué de café noir et de Gauloises.

 

Hans, ne me confonds pas avec Pinocchio. La preuve, à chaque mensonge mes seins rétrécissent. Tu m’as démembrée si souvent qu’un troisième œil ne quitte plus ma vulve, que ma bouche-anus parle une langue fricassée de triphtongues. Quand tu m’as parlé des planches et de l’écriture du manuscrit Voynich, j’ai su que c’était l’œuvre de mon premier fœtus mort. Dommage que tu ne m’aies jamais emmenée à la piscine municipale, en présence de nageurs olympiques, je frétille de partout, du bas surtout. Heureusement, tu m’as donné à perpète un pubis imberbe de nymphette, cela m’évite de devoir le raser, j’épile déjà sans relâche mes idées folles… En janvier 1963, durant ta première cure de désintoxication, tu as oublié de me nourrir. Mes mollets fondaient, ma cage thoracique se creusait, je dévorais les camélias que ton amante Herta Hausmann t’apportait. Ce n’est qu’en 1967, lorsque Diane, une de tes filles jumelles, est venue de Colmar, que mes lèvres ont goûté pour la première fois des dragées que je laissais fondre car Dieu n’aime pas être croqué.

 

Mes longs cheveux blonds ondulés plaisaient à Lee Miller qui, à chacun de ses passages, maquillait mes paupières amoureuses de sa beauté. Quand tu es tombé malade en octobre 1969, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai compté les nuages au cœur desquels je voulais plonger. Ta voix m’a retenue de sauter. À Cécile Reims, j’ai demandé de me tuer, trois petits coups de burin là où il faut, au galeriste André-François Petit de m’égorger avec une cravate de soie blanche mais ils m’ont pouponnée cocktails de tranquillisants XXL et de vitamines A, B, C, D. C’est pas avec ça que mes voyelles seront fortifiées en majuscules bloquées.

 

J’aurais aimé que tu me fasses naître avec une vingtaine de centimètres de plus, 1, 40 mètre, à l’état civil, ça ne faisait pas sérieux. J’ai regretté que tu ne m’aies jamais emmenée au Crazy Horse, aux concerts de Janis Joplin. Je tremblais castagnettes quand Jean Brun me désarticulait avec ton consentement, obligeant ma bouche à brouter mon sexe. Pourquoi n’as-tu jamais voulu comprendre que le rayon des alcools me laissait de marbre, que c’est la musique de l’opium qui tournesolait mes lunes ? Souvent, durant tes épisodes d’éthylisme aigu, j’ai cherché à mourir sous tes colères, sous ton désespoir. Les jours où la mélancolie te banquisait à fond, tu m’enfonçais un martinet dans le vagin, un fouet dans l’anus.

 

À tous ceux qui me convoitaient, je me suis offerte, petite poupée accroc aux sexes sadiques, contente de me livrer à C. l’impuissant qui me tortura des semaines durant lorsque tu étais au camp de Milles. Lors d’une descente de la Gestapo, tu m’emportas avec toi, me sauvant de justesse. Ce jour-là j’ai su que tu m’aimais. De moi, ta mineure, ta pupille, tu faisais une fille-phallus chaque fois que tu avais vu Joë Bousquet. Un organe en plus, ça m’était égal car mon corps fuit de partout et ne tient que par ton regard, un appendice fiché en plein centre me remettait dans l’axe. À Revel, chez Jean Brun, j’étais fière lorsque, me faisant porter une perruque à plumes noires et des bottines hautes, tu m’installais dans la salle de séjour, maintenant mes jambes grand ouvertes à l’aide d’une barre de fer, autorisant le fils du laitier à tordre mes tétons, à me dépecer. Tu as tellement sondé mon corps, Hans, que je n’en ai plus, trop de godes m’ont explosée, parois vagino-anales dynamitées par une taupe, j’ai peur de vomir un pénis à la fin d’une phrase, de cracher des poèmes bisexuels, rimes masculines hémistichées aux rimes féminines. Puisque tu m’as donné deux vulves, tu aurais pu me gratifier de deux doigts surnuméraires afin que j’épate Léonor Fini…

 

Tartinée de sperme, criblée de morsures, ton amie Rilka chez qui Nora et toi viviez ne m’a jamais vue autrement… Auprès du service de protection des mineurs, les plaintes pour maltraitance de poupées sont irrecevables s’offusquait Rilka qui droit-de-l’hommait à tout bout de champ alors que toute cruauté m’est douce, juste avec la faim qui me tenaillait j’avais du mal à pactiser. Certaines années tu me nourrissais un jour sur deux de betteraves assaisonnées de poivre noir… Tes tableaux, tes dessins Tour menthe poivrée à la louange des petites filles goulues, Rose ou verte la nuit, Fillette au phallus, Viol, c’est moi et encore moi, moi, ton idole idiote, ta Galatée fouettée chantilly, ta plasticine schizo. Sonnez grelots du masochisme monothéiste pour la Sainte Catin que je suis. En août 1938, ton amie, l’écrivain Joyce Reeves, m’a offert une brosse à dents, du dentifrice et un peigne. La colère t’a gouaché quand je barbouillai mes cheveux de cette pâte rose et plantai le peigne dans mes gencives. Pas ma faute si j’ai le sexe buissonnier. Tu m’a moins éduquée que la chienne du sculpteur B. et tu as souvent négligé de me faire porter une muselière.

 

Si tu n’avais pas assisté aux Contes d’Hoffmann d’Offenbach à Berlin à l’automne 1932, je n’aurais sans doute jamais vu le jour sous tes mains d’étrangleur obsédé pansexuel. Le panorama rotatif que tu avais placé dans mon ventre en 1933, je tentais chaque soir de me l’ôter. Ridicule ce plateau avec sucreries, mouchoir, lampes colorées qui tournait quand tu pinçais mon sein gauche. Heureusement, tu as fini par me le retirer. Tu n’avais plus besoin d’examiner mes entrailles pour connaître mes rêves et mes pensées, tu lisais dans ta petite automate à sexe ouvert, si déréglée cotillons meringués que tu devais me régler en permanence. Comme tu ne m’as jamais appris où mettre mes mains je rangeais mes dix doigts dans ma bouche. Tu vomissais les polichinelles nazis actionnés par Hitler l’épileptique mais tu raffolais de ton pantin érotique… Quand tu tenais mes yeux ouverts au moyen de deux allumettes verticales, je me préparais au pire, je veux dire au meilleur. Les tiges métalliques que tu m’accrochais le long des bras, les cordes de chanvre qui me scoubidouaient les rotules annonçaient la suspension rupestre. Pour exciter Roberto Matta, tu me plaquais ventre au mur, laissant nues mes fesses de petit garçon, puis, me décrochant, tu m’obligeais à déambuler bras en croix, à débiter un poème d’Apollinaire quand Matta me pénétrait, ne jamais cesser de mâchouiller des vers en boucle, sans ça les mains du peintre me broyaient panaché de miettes de poupée. La Poupée, la plus belle des roulures surréalistes sera bientôt au MoMA, voilà ce que je me disais avec terreur, te suppliant de ne pas te séparer de moi, à la rigueur un prêt de quelques jours dans un bordel de Pigalle mais un musée jamais. Quand le marchand X venait nous voir, je tenais en mes paumes un cocktail Molotov de barbituriques. En 1959, alors que nous venions d’aménager dans notre nouvelle chambre à l’hôtel du Lion d’Or, au 86, rue Mouffetard, un antiquaire aux vibrisses rousses t’a suggéré de me vendre dans un sex-shop. Tu l’as poussé dans la cage d’escalier avant de m’enchaîner au lit quarante-huit demi-heures…

 

Comme tu m’interdisais de chanter, je lyriquais mes larmes en écoutant la Callas. Les épluchures de pommes de terre qui traînaient je les dévorais en cachette, ma syntaxe corporelle tellement atypique, tous les écrivains qui passaient en étaient fous, se juraient de la translater à leurs œuvres. Merci de m’avoir sauvée de Brauner qui voulut m’énucléer vingt ans après qu’un verre lancé Zeppelin par Oscar Dominguez lui eut crevé l’œil. Pour toujours, je garde l’aspect d’une nymphette allumant les nympholeptes au quart de tour. Rien qu’à me voir bouche entrouverte, les pédophiles rechutent haut et fort, récidive garantie 100%.

 

Avant de dévorer mes lèvres pulpeuses, Mandiargues plantait de fines aiguilles dans mes seins, mais c’est Max Ernst qui me grisait flamenco en m’apposant des banderilles à la base du cou, fichant un candélabre dans mon vagin. Le grand art de la corrida, c’est de faire chanter le sang une octave au-dessus du soleil. Trente ans après les faits, la vue de clous m’irise toujours panique golgothique. La nuit où tu m’en enfonças huit dans la paume des mains pour m’agrafer au mur, je me suis jurée de prendre le maquis dès que tu me détacherais, au premier hidalgo au sourire manouche je m’offrirais, mais toute la France serait placardée d’affiches « Recherche mineure en fugue, très bonne récompense ». Je ne pouvais pas te priver de ton petit Christ dressé au full-sex, tu en mourrais et sans tes sévices-délices je me désagrégerais gelée de groseilles bleues. Les bandes de gaz dont tu entouras mes mains, je les grignotai tant que tu collas du scotch sur mes stigmates, c’est pas parce que tu m’as fait sucer des sucres d’orge nuit après nuit que mes papilles sont accrocs aux betteraves. Petit papa incestueux, jamais tu ne m’as donné le jour exact de ma naissance…

 

Les cieux rouges au-dessus de la rue Mouffetard, j’aimais quand tu me les enfonçais goutte à goutte dans le corps. Les déjeuners où tu m’entrouvrais les lèvres pour les gazonner de confiture, je te demandais de me faire voir la mer. Dans un filet de pêcheur tu m’emmaillotais, ta verge tanguait en moi, roulis jusqu’au naufrage. Au fil des années, j’appris à prévoir tes colères mille décibels, à les atténuer à coups de strip-teases, de génuflexions-fellations, adorant pourtant provoquer tes foudres néroniennes. Avoir peur me maintient en forme. Qui s’adrénaline une heure par jour orgasmera jusqu’à la fin des temps. Te faire sortir de tes gonds rien de plus simple, rien de plus excitant… Une ineptie verbale, une moue de demeurée, une tache de café sur tes dessins, une réticence érotique et tes ires de matador se déchaînaient cuivres et timbale. Tes rages, une volupté pour moi…

 

Une pointe de mélancolie me ravage pourtant. Sans l’arrivée d’Hitler au pouvoir le 30 janvier 1933, dis-moi, Hans, m’aurais-tu donné la vie, froufroutée étoupe et rubans roses, lessivée sperme et vodka ? Moi, ta Fraülein artificielle, ta fille de joie dégrafée, déboutonnée de partout, qui tapine même en diagonale, moi, ta fleur de trottoir, je te confie mon secret : un jour d’automne, je m’unirai au macadam.

 

Christa, je compte sur la puissance surnaturelle de ta haine pour me rayer une fois pour toutes. Une irradiation sans reste. Un Hiroshima psychique à l’enseigne du chiffre six. J’ai confiance. Au montage, pas un zeste d’Unica ne subsistera, la pellicule, jamais, ne hoquettera mon nom, « rien » est le mot troglodyte par excellence. Dans aucun manga full manganèse, dans aucun long-métrage le quart de mes orteils ne tiendra, pas un de mes orgasmes ne sera archivé. Sur ton clavier, seule la touche « erase » me scaramouche. Naissance zéro, mort zéro, je n’entre dans aucune biographie. Tirer un personnage de mon désastre ? Mission impossible.

 

De n’avoir pas trouvé la porte d’entrée, je ne franchirai jamais la porte de sortie. Au XXIème siècle, je lancerai la mode de l’auto-extermination. Pas si simple que ça la self-suppression mais une aubaine pour les concepteurs de jeux vidéos pour kids abonnés à la dépression, une aubaine pour les seigneurs de la terre qui ne devront plus se charger de la besogne. Ich, Yo, I, Je, c’est bon pour les dyspepsiques de l’espace vital. En vérité, le commun diviseur des poupées c’est néant. Apprends au monde que U. Z. n’a jamais existé.

 

Extrait d’un roman inédit, Le Cri de la poupée.

20:32 17/01/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

15
jan

Sentence builder

Jeu #31 avant de réussir à dormir:

(merci)

Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les traitres sont les hommes de main. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.
Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les frileux sont leurs outils. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.
Je n'ai rien de toi, pas même le sang, pas même le sens du sens, la brume, le brouillard, les indices d'humidité ne nous ressemblent pas, finalement. Les morts sont leurs atouts. Voudrais tu un peu de café dans ta tasse, un peu de sucre dans ton café, un peu de pus dans ton sucre?.

Yüksel Arslan accident du travail.jpg

(art: Yüksel Arslan)

23:50 15/01/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, place net |  Facebook

Entre oui et non

«U-Boat hunting», 1941..jpg

S’il est vrai que les seuls paradis sont ceux qu’on a perdus, je sais comment nommer ce quelque chose de tendre et d’inhumain qui m’habite aujourd’hui. Un émigrant revient dans sa patrie. Et moi, je me souviens. Ironie, raidissement tout se tait et me voici rapatrié. Je ne veux pas remâcher du bonheur. C’est bien plus simple et c’est bien plus facile. Car des heures, que du fond de l’oublie, je ramène vers moi, s’est conservé surtout le souvenir intact d’un pure émotion, d’un instant suspendu dans l’éternité. Cela seul est vrai en moi et je le sais toujours trop tard. Nous aimons le fléchissement d’un geste, l’opportunité d’un arbre dans le paysage. Et pour recréer tout cet amour, nous n’avons qu’un détail mais qui suffit : une odeur de chambre trop longtemps fermée, le son singulier d’un pas sur la route. Ainsi de moi. Et si j’aimais alors en me donnant, j’étais moi-même puisqu’il n’y a que l’amour qui nous rende à nous-même. Lentes, pénibles et graves, ces heures reviennent, aussi fortes, aussi émouvantes – parce que c’est le soir, que l’heure est triste et qu’il y a une sorte de désir vague dans le ciel sans lumières. Chaque geste retrouvé me révèle à moi-même. On m’a dit un jour : « C’est si difficile de vivre. » Et je me souviens du ton. Une autre fois, quelqu’un a murmuré : » La pire erreur, c’est encore de faire souffrir. » Quand tout est fini, la soif de vie est éteinte. Est-ce là ce qu’on appelle le bonheur ? En longeant ces souvenirs, nous revêtons tout du même vêtement discret et la mort nous apparait comme une toile de fond aux tons vieillis. Nous revenons sur nous-mêmes. Nous sentons notre détresse et nous en aimons mieux. Oui, c’est peut-être ça le bonheur, le sentiment apitoyé de notre malheur.

Entre oui et non Albert Camus, extrait de L’envers et l’endroit (1937)

19:41 15/01/2013 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

11
jan

La grande Ourse

"Nous sommes maintenant assis dans la cuisine à la table carrée. Je suis dos à la fenêtre, elle me fait face, son visage est parfaitement éclairé par la lumière du dehors, elle resplendit, je pense : Elle est stellaire. 

after Deakin, 1953 (Joy Parker) - Frank Egloff.jpg

Puis, par référence au nom que les psychiatres donnent aux patients comme elle, bipolaires, je rectifie aussitôt : Elle est polaire. Oui, elle est perchée sur une des deux extrémités du monde." 

Marc Pautrel, Polaire, Coll. "L'Infini", Paris, Gallimard, 2013, p. 82. (merci Jean-Michel D. - art : after Deakin, 1953 (Joy Parker) - Frank Egloff)

08:14 11/01/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, ego trip-e, lis tes ratures |  Facebook

10
jan

Héroïne 1ère

Celle dont je ne me lasserais pas, jamais.

Violette...

Leduc.

girls on tracks.jpg

21:40 10/01/2013 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

Homme Mage #246

09-2012-mietcass1.jpg

manque. soleil. amour. herbe. mains.

20:54 10/01/2013 | Lien permanent | Tags : luv, humoeurs |  Facebook

9
jan

O&EbyG&PB

Voir/entendre/Se Soumettre à un cadeau d'entre ciels et terres, à cet Orpheus und Eurydike...

 
Duration: 2 hours

orphée & eurydice de PINA.jpg

Dance-opera by Pina Bausch
Music Christoph Willibald Gluck

Musical Direction Janos Kulka / Director and Choreographer Pina Bausch / Collaboration Hans Pop
Set and Costume Design Light Rolf Borzik / Choirs Werner Wilke / Technical Direction Rolf Bachmann

Love
Orpheus
Singer Lois White
Dancer Dominique Mercy

Death
Eurydice
Singer Ingeborg Krüger
Dancer Malou Airaudo

Youth
Armor
Singer Elena Bajew
Dancer Vivienne Newport / Marlis Alt

Grief
Marlis Alt, Pedro Mascarello Bisch, Hiltrud Blanck, Tjitske Broersma, Sue Cooper, Michael Diekamp, Laszlo Fenyves, Colleen Finneran, Lajos Horvath, Margaret Huggenberger, Stephanie Macoun, Yolanda Meier, Jean Mindo (Jan Minarik), Vivienne Newport, Barbara Passow, Monika Wacker, Barry Wilkinson;

Power
Marlis Alt, Pedro Mascarello Bisch, Hiltrud Blanck, Tjitske Broersma, Sue Cooper, Michael Diekamp, Laszlo Fenyves, Colleen Finneran, Margaret Huggenberger, Stephanie Macoun, Yolanda Meier, Jean Mindo (Jan Minarik), Vivienne Newport, Barbara Passow, Heinz Samm, Monika Wacker

Peace
Marlis Alt, Pedro Mascarello Bisch, Hiltrud Blanck, Tjitske Broersma, Sue Cooper, Michael Diekamp, Laszlo, Fenyves, Colleen Finneran, Lajos Horvath, Margaret Huggenberger, Stephani Macoun , Yolanda Meier, Jean Mindo (Jan Minarik), Vivienne Newport, Barbara Passow, Monika Sagon, Heinz Samm, Monika Wacker, Barry Wilkinson

Dying
Marlis Alt, Pedro Bisch, Hiltrud Blanck, Tjitske Broersma?, Sue Cooper, Michael Diekamp, Laszlo Fenyves, Colleen Fin neran, Lajos Horvath, Margaret Huggenberger, Stephanie Macoun, Yolanda Meier, Jean Mindo (Jan Minarik), Vivienne Newport, Barbara Passow, Heinz Samm, Monika Wacker, Barry Wilkinson

 

Orphée & Eurydice:

L'histoire d'amour entre Orphée et Eurydice est l'une des plus célèbres de la mythologie grecque. Elle symbolise les craintes de la passion amoureuse. Fils de la muse Calliope et du roi de Thrace Oeagre, Orphée fut le plus célèbre poète et musicien de la mythologie grecque. Parfois attaché à la descendance d’Apollon compte tenu de ses dons artistiques il est resté dans l’histoire pour la force de l’Amour qui l’unissait avec une Dryade : Eurydice. La mort prématurée de celle-ci sera laissera Orphée abattu et désespéré.

Un couple presque parfait

C’est en revenant d’une longue expédition au coté des Argonautes qu’Orphée rencontre Eurydice dont il tombe immédiatement amoureux. Tout semble réuni pour une belle histoire d’amour et pourtant dès les premiers instants de leur mariage des signes inquiétants se multiplient. En effet le chant d’Hyménée, le dieu du mariage, est triste et sans joie, la torche qu’il brandit lors de la cérémonie est faible et sa fumée est ocre. Les invités ayant compris pleurent et sont tristes des mauvais présages qui ainsi s’amoncellent.
Mais les mauvaises nouvelles affluent encore tout au long de ce jour de mariage. En fin de journée Eurydice part se promener en compagnie des Naïades quand soudain Aristée, un fruste berger, surgit et commence à les pourchasser. Toutes parviennent à fuir mais Eurydice dans sa course se fait accidentellement piquée par une vipère. Elle meurt presque instantanément, laissant Orphée dans une souffrance si grande qu’il se retourne vers les cieux. Ses pleurs déchirants s’élèvent vers les Dieux des mois durant. Mais rien ne se signale. Sans réponses à ses prières il décide alors de se rendre aux Enfers.
Zeus, ayant fait le constat de sa rage, lui accorde ce privilège rare et exceptionnel.

Orphée séduit les Enfers

Pour accéder aux Enfers Orphée se rend à Ténare en Laconie où dans le fond humide d’une obscure caverne il découvre l’accès menant au royaume des morts. Sa lyre et ses talents musicaux pour seules armes il joue si admirablement de son instrument que bientôt sa musique fait virevolter jusqu’aux nuages de fantômes qui l’accompagnent. Charon, le Cerbère et les Trois juges de la mort sortent le temps de ses notes de leur rôles intransigeants et sévères pour chacun leur tour s’effacer devant lui.
Tout autours de lui succombe et se plie à la puissance évocatrice de sa musique. Les pires suppliciés vivent un temps de répit fugace et humain, les âmes les plus perverses et retorses subissent l’ascendant enchanteur de ses notes. Finalement Hadès cède et lui accorde le privilège unique de remonter avec Eurydice vers la lumière des vivants.

La seconde mort d’Eurydice

Mais Hadès avait exigé que pendant toute la montée vers le monde des vivants Orphée ne se retourne sous aucun prétexte pour s’assurer qu’elle le suivait. Longtemps il résiste à cette torture puis n’en pouvant plus d’inquiétude il se retourne à quelques encablures de la lumières.

Eurydice était bien là et dans un dernier cri déchirant elle perd pour toujours la vie.

La mort d’Orphée

Accablé Orphée tente de nouveau de redescendre en vain aux Enfers. Eurydice est belle et bien morte. Alors Orphée décide de se retirer au sommet du mont Rhodope où il se cachera. Fidèle à la mémoire d’Eurydice une légende raconte qu’il n’avait de cesse de chanter son amour encore vivant. Les femmes de Thrace en proie à une folie jalouse et furieuse s’acharne sur lui et jette son corps déchiqueté à l’eau. D’autres versions en revanche attribue sa mort à Zeus après qu’Orphée eu divulgué les secrets du royaume des morts.

http://suite101.fr/article/orphee-et-eurydice-a11512#ixzz...

 

18:15 09/01/2013 | Lien permanent | Tags : arts, humoeurs, muse-hic |  Facebook

Le burn-out, maladie du sens

Le burn-out, maladie du sens

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Éric de Bellefroid- Mis en ligne le 07/01/2013

L’analyse pionnière de Pascal Chabot sur un mal de civilisation.

André Malraux, cette fois, ne nous avait pas dit que le XXIe siècle serait celui d’une nouvelle maladie de civilisation. À l’égal, peu ou prou, de la mélancolie au XIXe ou de la neurasthénie au XXe, le burn-out est entré dans les mœurs. Par la petite porte, tant il reste discrètement confiné au rang de tabou. De maladie honteuse.

Encore fallait-il déjà s’attaquer au sujet. Ce que le philosophe belge Pascal Chabot n’a pas craint de faire, explorant la pathologie pour les Presses universitaires de France, où notre jeune compatriote Laurent de Sutter dirige à présent la belle collection "Perspectives critiques" fondée par l’excellent Roland Jaccard, écrivain vaudois et longtemps critique littéraire au "Monde".

Spécialiste de Gilbert Simondon et du rapport transactionnel entre l’humain, la technique et le progrès, Pascal Chabot s’en est allé quérir loin en arrière les origines du burn-out. Il l’apparente en effet à l’acédie médiévale des moines épuisés par le travail de prière au point d’en perdre la foi dans le système divin. Fatigue loin de se résumer à une maladie de la paresse et de l’oisiveté.

Maladie du "trop" en revanche, comme la toxicomanie. Car, s’agissant du burn-out postmoderne, on lit ici que "les personnes affectées furent consciencieuses, ardentes, dures à la tâche." Et Pascal Chabot d’ajouter : "Trop de travail, peut-être trop d’idéalisme, trop d’investissement." Voilà qui prête donc un nouveau visage à ce mal trouble, qu’on préfère ne point trop identifier, quand il ne suscitait pas naguère le sourire ou le persiflage.

Et pourtant. Il est temps, avec le philosophe, de s’étonner de l’optimisme des idéologues des années 1960 qui, lorsqu’ils envisageaient le développement technologique du futur, prédisaient que les machines nous libéreraient définitivement du travail, nous promettant une enchanteresse société du loisir. Un paradis terrestre dominé par les plages et les automobiles.

On est loin du compte. L’on voit surtout de nos jours que l’humain est devenu une ressource qui "dégorge, lui aussi, ses meilleures énergies, sa sueur, son temps". Étant de toutes façons surnuméraire, et donc remplaçable. Le burn-out suscitant dès lors un climat de peur panique, avec ses symptômes de fatigue, d’anxiété, de stress ingérable, de dépersonnalisation et de sentiment d’incompétence.

Remontant le temps donc, Pascal Chabot a pu observer que cette affection psychique avait affleuré dès les années 1970, lorsque le psychiatre new-yorkais Herbert Freudenberger, œuvrant jour et nuit dans une clinique pour toxicomanes, avait conclu à ce syndrome à partir de son propre état d’épuisement.

Le mot, lui, n’était déjà plus tout nouveau puisque l’écrivain anglais Graham Greene s’en était emparé dans "La Saison des pluies" ("A Burnt-Out Case", 1961), roman que lui avait inspiré en 1959 la visite d’une léproserie au Congo en 1959, où les médecins belges utilisaient ce terme pour désigner l’état consumé des malades. C’est-à-dire déjà en voie de guérison, quand le patient arrivé au terme du processus de combustion négocie l’après de la maladie, le début du renouveau. Comme chez Dante, tout a brûlé, mais lui demeure. Le burn-out aura été une catharsis.

On le saisit de mieux en mieux, c’est à une fine et pénétrante critique du management technocapitaliste, avec ses euphémismes creux et ses très parlants "deadlines", que se livre Pascal Chabot. Critique d’un "travail sans fin" : sans limite ni finalité. À la fois "berceau et tombeau des illusions" du travailleur, en vaine quête de reconnaissance, en butte au culte fou de la performance, en proie finalement à une totale perte de sens.

 

Global Burn-out Pascal Chabot Puf, coll. "Perspectives critiques" 146 pp., env. 15 €

En librairie le 9 janvier


tiens, le 9 janvier, c'est aujourd'hui, ça tombe bien.

10:44 09/01/2013 | Lien permanent |  Facebook

8
jan

tandis que...

tandis qu'en attendant de perdre l'impatience, je perds déjà quelques traces, je note ici que je ne dois pas oublier de crier, surtout s'il y a des sourds aux alentours.

Ikko Narahara - Domains. Garden of Silence, No. 52, Hakodate, Hokkaido 1958.jpg

16:24 08/01/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook