14
mai

Demain, Potentia Gaudendi

POTENTIA GAUDENDI - flyer 15 mai - AventinRenoir @FiEstival Maelström.jpg


La veille d'une performance, le corps cherche les murs, les limites, les territoires. Les glandes endocrines triangulaires produisent leur taux, leur intention. Le mental agite son bocal. Que sera ce moment? Qui sera là pour être avec? Comment appréhender en ce temps réduit et dense la pensée, le travail, la vigueur de plusieurs semaines de mise en commun. Demain, je ne serai pas seule. Christine Aventin est une autrice que j'admire, que je conçois comme géniale, mentale et organique. Demain, nos présences seront condensées, monstrifiées en bêtes scéniques, attendues par nous et le public, qu'il soit un ou cent. Echappatoire, exutoire, couloir. C'est dans cet état de veille de lendemain que je fais la vaisselle, que je prépare les tartines de Cassius, que je change la litière des chats, que je range le linge plié, que je marche, que je pisse, que je prépare... l'attente, la pression sanguine, l'appréhension, la Potentia Gaudendi... potentialité de jouissance.

merci à Nicolas Marchant pour l'attention portée aux détails, à l'horizon et à la technique créative qui soutient la performance de demain.

08:56 14/05/2014 | Lien permanent |  Facebook

27
avr

Chant de moi-même

Disks Bearing Spirals (1923) DUCHAMP.jpgWalt Whitman, un cosmos, de Manhattan le fils, Turbulent, bien en chair, sensuel, mangeant, buvant et procréant,

Pas sentimental, pas dressé au-dessus des autres ou à l’écart d’eux
Pas plus modeste qu’immodeste.

Arrachez les verrous des portes!
Arrachez les portes mêmes de leurs gonds!

Qui dégrade autrui me dégrade
Et rien ne se dit ou se fait, qui ne retourne enfin à moi.

A travers moi le souffle spirituel s’enfle et s’enfle, à travers moi c’est le courant et c’est l’index.

Je profère le mot des premiers âges, je fais le signe de démocratie,

Par Dieu! Je n’accepterai rien dont tous ne puissent contresigner la copie dans les mêmes termes.
A travers moi des voix longtemps muettes

Voix des interminables générations de prisonniers, d’esclaves,

Voix des mal portants, des désespérés, des voleurs, des avortons,
Voix des cycles de préparation, d’accroissement,
Et des liens qui relient les astres, et des matrices et du suc paternel.
Et des droits de ceux que les autres foulent aux pieds,
Des êtres mal formés, vulgaires, niais, insanes, méprisés,
Brouillards sur l’air, bousiers roulant leur boule de fiente.

A travers moi des voix proscrites,
Voix des sexes et des ruts, voix voilées, et j’écarte le voile,
Voix indécentes par moi clarifiées et transfigurées.

Je ne pose pas le doigt sur ma bouche
Je traite avec autant de délicatesse les entrailles que je fais la tête et le coeur.
L’accouplement n’est pas plus obscène pour moi que n’est la mort.
J’ai foi dans la chair et dans les appétits,
Le voir, l’ouïr, le toucher, sont miracles, et chaque partie, chaque détail de moi est un miracle.

Divin je suis au dedans et au dehors, et je sanctifie tout ce que je touche ou qui me touche.
La senteur de mes aisselles m’est arôme plus exquis que la prière,
Cette tête m’est plus qu’église et bibles et credos.

Si mon culte se tourne de préférence vers quelque chose, ce sera vers la propre expansion de mon corps, ou vers quelque partie de lui que ce soit.
Transparente argile du corps, ce sera vous!
Bords duvetés et fondement, ce sera vous!
Rigide coutre viril, ce sera vous!
D’où que vous veniez, contribution à mon développement, ce sera vous!
Vous, mon sang riche! vous, laiteuse liqueur, pâle extrait de ma vie!
Poitrine qui contre d’autres poitrines se presse, ce sera vous!
Mon cerveau ce sera vos circonvolutions cachées!
Racine lavée de l’iris d’eau! bécassine craintive! abri surveillé de l’oeuf double! ce sera vous!
Foin emmêlé et révolté de la tête, barbe, sourcil, ce sera vous!
Sève qui scintille de l’érable, fibre de froment mondé, ce sera vous!
Soleil si généreux, ce sera vous!
Vapeurs éclairant et ombrant ma face, ce sera vous!
Vous, ruisseaux de sueurs et rosées, ce sera vous!
Vous qui me chatouillez doucement en frottant contre moi vos génitoires, ce sera vous!
Larges surfaces musculaires, branches de vivant chêne, vagabond plein d’amour sur mon chemin sinueux, ce sera vous!
Mains que j’ai prises, visage que j’ai baisé, mortel que j’ai touché peut-être, ce sera vous!

Je raffole de moi-même, mon lot et tout le reste est si délicieux!
Chaque instant et quoi qu’il advienne me pénètre de joie,
Oh! je suis merveilleux!
Je ne sais dire comment plient mes chevilles, ni d’où naît mon plus faible désir.
Ni d’où naît l’amitié qui jaillit de moi, ni d’où naît l’amitié que je reçois en retour.

Lorsque je gravis mon perron, je m’arrête et doute si ce que je vois est réel.
Une belle-de-jour à ma fenêtre me satisfait plus que toute la métaphysique des livres.
Contempler le lever du jour!
La jeune lueur efficace les immenses ombres diaphanes
L’air fleure bon à mon palais.
Poussées du mouvant monde, en ébrouements naïfs, ascension silencieuse, fraîche exsudation,
Activation oblique haut et bas.
Quelque chose que je ne puis voir érige de libidineux dards
Des flots de jus brillant inondent le ciel.

La terre par le ciel envahie, la conclusion quotidienne de leur jonction
Le défi que déjà l’Orient a lancé par-dessus ma tête,
L’ironique brocard: Vois donc qui de nous deux sera maître!

Walt Whitman (Traduction d’André Gide) - art by MARCEL DUCHAMP (Disks Bearing Spirals (1923

15:33 27/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

Kosmos

Who includes diversity and is Nature,
Who is the amplitude of the earth, and the coarseness and sexuality of the earth, and the great charity of the earth and the equilibrium also,
Who has not look’d forth from the windows the eyes for nothing, or whose brain held audience with messengers for nothing,
Who contains believers and disbelievers, who is the most majestic lover,
Who holds duly his or her triune proportion of realism, spiritualism, and of the æsthetic or intellectual,
Who having consider’d the body finds all its organs and parts good,
Who, out of the theory of the earth and of his or her body understands by subtle analogies all other theories,
The theory of a city, a poem, and of the large politics of these States;
Who believes not only in our globe with its sun and moon, but in other globes with their suns and moons,
Who, constructing the house of himself or herself, not for a day but for all time, sees races, eras, dates, generations,
The past, the future, dwelling there, like space, inseparable together.
 
 
Walt Whitman
Inka-Järvinen.jpg
 
Une dispersion dans le cosmos peut sûrement être plus véritable que celle dans la ville.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(Art by Inka-Järvinen)

14:17 27/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

26
avr

la nuque est un relief sans détour

Je suis Conne
mais
je n'aime que l'horizon.

(celui que tu offres entres dedans).

nuque montante.gif

sauve qui sait.

15:54 26/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, luv |  Facebook

20
avr

POTENTIA GAUDENDI (performance) - Christine Aventin & Milady Renoir - 150514 @ FiEstival

POTENTIA GAUDENDI - flyer 15 mai - AventinRenoir @FiEstival Maelström.jpg
24 min environ de PresenZ.

17:23 20/04/2014 | Lien permanent | Tags : arts, act-u |  Facebook

11
avr

elle a dit.

"j'ai l'extrême chance ou désobligeance d'être exactement entre deux voies, je ne parviens pas à décrire si elles sont parallèles ou perpendiculaires. La voie dite spirituelle et la voie du pied-à-terre. ça m'est arrivé avant, à des points de vie, de vue variés, accompagnés ou seuls. Ici, une forme de variation. je ne me sens pas à choisir ou être entre deux eaux, juste être devant deux chemins aussi illuminés ou lumineux qu'indéfinis et obscurs.

Family Album 017
Ce qui est embarrassant devant cette perception de ce qui vient, ce n'est pas tant qu'il y a choix à faire puisque je n'ai ni force ni envie ni même obligation de le faire, il n'est pas de dichotomie optionnelle à accomplir, mais c'est la place que je prends face au seuil, ou la place que je ne sens pas. Je n'ai aucun mot, aucune précision quant à la ligne qui invite à ces chemins, je suis incapable de tenir la craie et dire, ici, ce sera les buts, ici, la prison, ici, la marelle, ici, la terre. Question de force, comme déjà dit, question de vision aussi. Je n'ai pour une fois qu'un seul épithète pour compagnon de route: imperceptible.
Et cette division entre le corps présent pesant que j'utilise et l'esprit que je veux changeant et déridé (mais souvent, je suis figée, installée, lourde) permet l'absence de frontière. Oui, il me manque une frontière. Du coup, la zone comme dans The Stalker est exactement partout, au delà ce que son étymologie indique. Un no man's land éthéré, proche d'un concept.
Du coup, quand je dois marcher, parler, manger, dormir, faire, exprimer, bref, effectuer les tâches humaines, être avec sous à côté dans les autres, je ne prends pas position, ni posture, ni pose, je ne sais pas où je suis au sein de ce tout géant et grouillant, je ne dis rien, j'évacue parfois autour d'une Kriek sous un arbre, autour d'un gâteau inventé surnommé l'oreille de Totoro, autour d'une vapeur féminine, autour d'une éjaculation masculine ou interne, mais rien ne me semble familier puisque tout semble si étendu, distendu, tordu. Oui. L'espace trop grand créée une distorsion de l'espace-temps que je croyais connaître puisque j' suis née, j'y grandis et j'y mourrai. Je ne peux pas me sentir puisque tout est tellement plus/trop grand. C'est la souche, ce mot qui me fait chialer hier en lisant une description de composition d'arbre, c'est la souche qui fait défaut, je suis un arbre inversé, à l'envers de la terre, je suis peut-être ça, mais au delà de la hippie symbolique de l'arbre qui prend pied dans le vide, je tente aussi de sentir la sève, de sentir la sève, de sentir la sève, et c'est bien là le plus grand trou dans mon oeil"

 

Badebec

23:11 11/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

7
avr

Magical Contamination

arts

arts

arts

arts

arts

arts
Magical Contamination

08:37 07/04/2014 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

3
avr

Matins peu bruns

11:45 03/04/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

31
mar

et avec les noms...

mars2014 052.JPG
mur de filles.

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22:15 31/03/2014 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

Résumé de la 44ème soirée filles avec un cerveau (chacune) – 28 mars 2014 @ Linda’s & Zoélie’s…

Chaque fois que c’est gris, c’est qu’un lien vers quelque chose attend son clic… cliquez donc et hop, le monde s’ouvre.

Adèle : Histoires de Toto (de 8 à 92)

Zoélie : Poupée fabriquée, cousue, bouclée, composée en classe. (Cf. école Steiner (Bruxelles FR ou NL)

Nalike :
poupées vietnamiennes… nommées Solitude, Confusion & Solution
. Modus operandi : on pose une question avant le sommeil. Et les poupées répondent pendant la nuit. (cf. poupée mange-chagrin (le lien explique comment en fabriquer une)

Sophie M. :
avait prévu de parler de Pasolini, une autre fois, surely/maybe.

Aliénor :
le chaudron du dagda – magasin bio en ligne ou comment trouver le plus sain, le plus simple, le moins conséquent que l’environnement… + paradoxe du secteur culturel et artistique qui défend un discours mais qui, dans ses activités, n’applique pas et se comporte de manière archaïque en matière écologique.


Elizabeth
 :
L’ordre ménager, le temps domestique, le temps par genre… (cf. étude de la répartition des tâches domestiques et étude du travail domestique non rémunéré des hommes dans le monde)


Valérie 
:
photo d’un vitrail réalisé par Valérie en atelier d’artisanat d’art et la question de la création, de la créativité et des ressources de celles-ci.


Sophie  A.
 :
Sa nouvelle « mission » de photographe – défi technique Vs créativité. Liberté dans la technique… quid ? Comment ? (cf. Caravana obscura de felten & massinger + Atelier de la rue Voot)


Elodie
 :
Travail de broderie au sein d’un projet artistique européen « voix de traverse » avec l’artiste plasticienne Elyse Galiano, expo des broderies à la Maison du Conte de Bruxelles en avril puis en Andalousie et en Aquitaine.
+ Elodie a envoyé après ce lien vers le guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses !


Flavia
 : VASLAV d’Arthur Japin (romanconsacré à Nijinski, danseur légendaire et artiste du mouvement). + livre chiné du Musée d’art oriental & occidental d’Odessa.


Véro G. :
Droits de l’homme ou droits de l’humain ? Exception française… ! de Christine Delphy. (Cf. Collectif HF pour l’égalité homme femme dans l’art et la culture)

Anne-So. :

Eurydice désormais de Muriel Stuckel avec les illustrations de Pierre-Marie Brisson et Cendrillon hier ou comment écrire (réfléchir / analyser) le duo/duel belle-mère et belle-fille, entre les archétypes des contes et les réalités complexes des rôles de ces femmes (avec les hommes concernés ou moins).


Linda :
L’Histoire & l’histoire… Pavé de mémoire / Encore écrire /créer sur la Shoah ? /  Chercher des sources et perpétuer des racines / transmission / parler aux pierres.

Pascale: Film Le vertige des possibles de Vivianne Perelmuter (+ autre chose que Pascale n’a pas pu présenter... next time ?)


Elsa 
:
Les neurones miroirs comme découverte et comme moteur de recherche et d’écriture pour une pièce de théâtre en cours d’écriture par Elsa (+ comédiens) . (Cf. René Girard et « le désir mimétique » + cf. le MOI de Blaise Pascal)

Milady :
S
pectacle « moi, nuage » (teaser) du Théâtre de Galafronie puis cloudappreciationsociety.org !


CONCEPT DE LA SOIREE:

CONCEPT (simple mais expliqué longtemps)

Quoi ?

Depuis 2005, la soirée Filles avec un Cerveau (Chacune) rassemble des femmes de tous bords, de toute tendance dans un gynécée, dans un salon, dans une cave ou dans un atelier.

Sans forcément se connaître, elles échangent leurs mots, dévoilent leurs objets,  (dé-)montrent des choses. Coup de cœur ou coup de gueule autour d’une assiette, d’un verre et d’une table (avec chaise).

 Qui ?
TOUTE FEMME EST LA BIENVENUE de 5 à 105 ans:

 vous, votre moche-mère, votre demi-sœur, votre grand-mère entière, votre voisine d’en face, votre adolescente bougonne portable, …

 Que vous soyez pro- ou anti- masculin,
que vous soyez célibataire ou amoureuse sous des jardins suspendus d'amour éternel,
que vous soyez agricultrice, chômeuse, carriériste, star du phonographe, ni muse ni soumise,
que vous soyez féminine, chamelle, gourgandine, frigide ou fan de Brigitte Bardot,
que vous soyez enceinte jusqu'aux yeux, déprimée jusqu'au noyau, débordead jusqu'au nœud, procrastinée jusqu'à demain,
devenez une fille dotée d’un cerveau réfléchissant, simplement.

Comment ? Pour la réussite de la chose,
chacune apporte du boire et du manger pour alimenter le buffet ouvert pour toutes. 

PUIS
- une MUSIQUE, un CD, une fanfare, une DJ, un instrument de musique, …
OU
- un LIVRE, un TEXTE, un recueil, une encyclopédie, un bottin, un tarot, … (Femmes qui Courent Avec Les Loups a Déjà été apporté une dizaine de fois... ;-)
OU
- un OBJET d’enfance, d’adolescence, de femme, objet sujet d'une histoire, d'une ironie, comme une poésie, une nostalgie, …
OU
- UNE CHOSE que vous fabriquez, cuisinez, cousez, tricotez, crochetez, décorez, recyclez, troquez, vendez, inventez… (Ventes de vêtements, de bijoux et autres délices possibles)
OU
- une IDEE de débat, de conversation, un concept, une envie, une utopie, une uchronie, …
OU
- une EXPERIENCE, un souvenir câlin ou une claque déclic, un truc à raconter, une chose à partager pour faire jurisprudence ou table rase…
ou même un truc de filles!

PS I: hommes interdits mais pas haïs.
PS II très didactique et complémentaire:

- pas de limite dans l'apport des objets (les livres ne sont pas les options primordiales)

- pas de limite dans l'apport de bonnes copines (pas de connes bobines!) mais faut quand même prévenir avant histoire que les chignons et les girons ne se mélangent pas trop au point de ne plus y voir qu’une seule toison…

- pas de limite dans l'apport de calories (on aura le temps de s'en préoccuper quand on s'ra pensionnées!)

- Mais une limite de retard, si vous arrivez plus/trop tard, tampix! on aura quand même débuté à déguster… oui, encore cette tenace loi naturelle des premières lionnes au point d'eau!

 

PROCHAINE le vendredi 23 mai à Schaerbeek... dès 19h12.

21:56 31/03/2014 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

22
mar

Rares et précieuses.

" Quand la moutarde vous monte au nez, votre registre lexical s'appauvrit et vous vous abandonnez sans vergogne à un flot de jurons horriblement communs? Laissons les insultes vulgaires au vulgum pecus! Préférons les injures rares et choisies. Certaines obsolètes au possible n'en ont que plus de charme. La preuve avec cette sélection dont vous pourrez user et abuser.

  1. Coureuse de rempart!
    Avouez que la périphrase mérite d'être réhabilitée. Elle remplace avantageusement notre "Putain" trop...couru! Le contexte médiéval dans lequel elle était utilisée naguère l'a sans doute condamnée à tomber aux oubliettes. Quel dommage!
  2. Puterelle!
    Dans le même registre, en version plus concise, vous avez le droit de préférer le toujours médiéval "Puterelle" ou "Ribaude" aux sonorités légères et fraîches. Désigne d'ailleurs une jeune prostituée.
  3. Gourgandine!
    On doit encore aux femmes de mauvaise vie cette élégante injure qui pourrait faire partie du bagage du capitaine Haddock.
  4. Orchidoclaste!
    Ah! la belle insulte savante. Littéralement, "casse-couille"! Je ne sais à qui on la doit mais elle fait entout cas les délices du très distingué Gérard Oberlé dont la devise mérite d'être méditée :"Le bagage d'un homme, c'est ce qu'il a lu et ce qu'il a bu".
  5. Nodocéphale!
    L'équivalent de "tête de nœud". Mais l'effet n'est pas le même selon qu'on utilise l'une ou l'autre. Essayez, vous verrez!
  6. Coprolithe!
    Le dictionnaire l'atteste encore. "Merde fossilisée", telle est grosso modo la définition du terme. Un excrément tout ce qu'il y a de plus savant sous cette forme!
  7. Alburostre!
    "Blanc-bec!" a également de la gueule, mais si vous voulez varier les plaisirs...
  8. Fot-en-cul!
    Allons donc! Voilà que je deviens vulgaire! Désigne, vous l'aviez supputé, un sodomite médiéval.
  9. Pisse-froid!
    Pourrait s'appliquer à bon nombre de nos contemporains. Pas besoin de vous faire un dessin.
  10. Fesse-Mathieu!
    Gentil, non ? elle claque bien! "

    http://www.topito.com/top-des-insultes-rares

10:17 22/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

décalcification

good catch.jpg


cherche rebouteux sympa
pour recoller corps astral.
merci.

09:57 22/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

20
mar

Projection du documentaire de Lydia Chagoll « Ma Bister » le 28 mars 2014

 

La projection en avant-première du documentaire de Lydia Chagoll, « Ma Bister » [Souviens-toi], sur la vie des Sinti et des Roms à travers les siècles en Europe, organisée par la Fondation Roi Baudouin, aura lieu le vendredi 28 mars à 20 h, au cinéma Galeries à Bruxelles. 

 

ma bister

 

Le film sera introduit par Lydia Chagoll et Philippe Reynaert, directeur de Wallimage, critique cinématographique. Une version en néerlandais sera projetée simultanément dans une autre salle. La projection du documentaire sera suivie d'une réception. 

 

« Ma Bister » est un documentaire long métrage de 90 minutes. Le DVD du film sera bientôt en vente via www.kbs-frb.be ou directement auprès de Lydia Chagoll, au prix de 20,00 € envoi compris (au profit de l’ASBL Pour un sourire d’enfant), à l'adresse suivante : bcocdinfo@telenet.be

 

L’histoire des Sinti et des Roms est méconnue. Tout comme la stigmatisation, la discrimination et l’oppression de cette population depuis le 17e siècle. Le génocide dont elle a été victime durant le régime nazi n’est même pas reconnu par certains historiens.

 

Le documentaire « Ma Bister » donne un aperçu de la vie des Sinti et des Roms au fil des siècles. Le film rassemble une mine d’informations qui donnent une bonne image de leur vie et leur confèrent de la sorte aussi une dignité.
La vie des Tsiganes d'hier à aujourd’hui
Les Roms, des êtres libres, des êtres bafoués
Une vie de joie, une vie de souffrance
Les Roms ? Des citoyens du monde

 

Lydia Chagoll
Enfant dans un camp japonais, danseuse et chorégraphe, réalisatrice, ardente défenseuse des enfants maltraités et des détenus, écrivaine, poète, Lydia Chagoll est une femme qui s'insurge inlassablement contre l'injustice. Compagne et collaboratrice de Frans Buyens (1924-2004), elle a signé avec lui plusieurs documentaires qui mettent en lumière les défis posés aux citoyens du 20e siècle.

 

 


Modalités pratiques :
Vendredi 28 mars 2014
Heure : 20 h
Cinéma Galeries
Galerie de la Reine, 26
1000 Bruxelles

L’événement est organisé par le Fonds Lydia Chagoll, géré par la Fondation Roi Baudouin. L’entrée est gratuite, mais l’inscription est obligatoire et peut se faire en ligne via www.kbs-frb.be ou en téléphonant au 02 549 61 86.

12:40 20/03/2014 | Lien permanent | Tags : act-u, poly-tiques |  Facebook

Encres, textes, papiers, colle, ciseaux: une expo

Expo sans titres.jpg

Si, si.
Avec Nicolas Marchant et Milady Renoir dedans.

11:24 20/03/2014 | Lien permanent |  Facebook

18
mar

Breillat & Aventin - bientôt, là, à côté.

mercredi 26 mars 20:00 (Cinéma Sauvenière)


Sécheresse du récit, mystère jamais levé sur les motivations de la victime, séduction candide de l’escroc : Catherine Breillat (Romance, À ma sœur) signe un grand film de la manipulation.

La projection sera suivie d'une rencontre avec Catherine Breillat, réalisatrice et Christine Aventin, auteure d’un essai-fiction Breillat des yeux le ventre (éditions Le Somnanmbule équivoque)

 

 

Cliquez ici pour découvrir la fiche du film

 

Prix d'entrée habituels, préventes dans les cinémas des Grignoux à partir de mecredi 5 mars.

 

 

En partenariat avec le FER ULg

14:46 18/03/2014 | Lien permanent | Tags : act-u |  Facebook

13
mar

Atelier d'écriture au sein de l'AKDT - juillet 2014

6 jours d'écriture en été, en résidence, en groupe, en tentatives.

Atelier
"Ecrire ce qui vient avec tout ce qu'on est"
animé par Milady RENOIR

Ecrire ce qui vient avec tout ce qu'on est - Milady RENOIR

Dans la section Arts du spectacle-Théâtre (L'écriture)

@ NEUFCHATEAU
du 20-07-2014 au 26-07-2014
A partir de 16 ans
Ouvert [12 inscrits maximum - Ne tardez pas à envoyer une demande... ]
 
Contenu:
A chaque mot, une envie... Aller plus loin.
A chaque point final, un désir...Recommencer.
Sur ces élans qui nous traversent, l'atelier constituera une mosaïque, un kaléidoscope d'écrits personnels, créatifs, collectifs.
Quelques techniques de mise en écriture, des outils pour vivre avec l'écrit, la lecture, des outils de spatialisation des mots, des voix, des expériences ludiques, volatiles seront explorés avec le groupe.
Il sera profondément question de pourfendre l'Hydre de la modélisation, d'annihiler la frousse de la page blanche, de se convaincre de multiplier les supports, d'explorer quelques possibles du corps et de l'esprit, de s'appuyer autant sur les questions, les doutes que sur les réponses.
Plusieurs formes, genres et azimuts seront admis dans l'écriture.
Il est possible d'apporter un ordinateur, un dictaphone, un cerveau, un appareil photo, un GSM, son corps et de s'en servir.

Infos
NB: le stage se termine le samedi 26 juillet 2014 à 18h.
Prix stage 255 €
Prix pension 205 €

Cet atelier fera peut-être quelques passerelles avec celui animé par Frédérique Dolphijn : http://www.akdt.be/fr/stages.php?i=512&p=3&c=s

Faites passer...
 
Inscriptions UNIQUEMENT via AKDT sur http://www.akdt.be/fr/stages.php?i=513&p=3&c=s

Bio bio:

atelierMilady Renoir est un personnage-avatar né le soir du bug de l'an 2000.
Fascinée par les ritournelles, les cycles et la sérendipité, elle est avant tout la CoUrBE du CUBE.
Elle est aussi poétesse organique, mère au foyer, animatrice d'ateliers d'écritures, de désordre littéraire, créatif, expérimental et ludique et coordirectrice de Kalame, réseau professionnel des animateurs d'atelier d'écriture de Belgique.
Encore, elle est performeuse corps et âme, elle use de beaucoup de moyens et d'encre pour ajuster son lien à l'autre, bousculant le curseur de ses interventions publiques ou intimes de la séduction à la provocation, de la chute à la douceur.
Elle a été plutôt pas médiocre à la lutte gréco-romaine, a appris le russe pour justifier son romantisme, aime l'Afrique comme une mère.
Elle danse le soukouss ou le buto selon la météo.
Elle fera de son mieux pour réduire sa pile de livres avant de mourir, publie ses écrits sur des blogs, dans des recueils, des revues sociales-culturelles, artistiques et dans des tiroirs.
Elle apprend la vielle à roue, retrouve l'art du jeu en tant qu'adulte, multiplie les points de vue en vieillissant, en sagissant.
Son corps d'origine est né l'année de la dépénalisation de l'avortement en France, a grandi de travers, en long et en large entre fleuves, HLM et piliers de bar.
Tous les deux prévoient l'extinction totale des feux en 2046 juste après le journal de 20 heures.

22:44 13/03/2014 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

4
mar

Statement(s) @ Chantier(s) + atelier(s).

Statement(s)2 par Mathias Domahidy
Du 11 mars au 30 avril / @ Chantier(s) Art House

Un geste


Il y a une joie du monde, éthérée et solitaire, sans signe, ouverte et absorbée, un rien qui s’ouvre par l’œil sur une totalité sans nom et sans sens.
Mais c’est l’essence de notre vivre ensemble qui se détermine par ce que l’on se signifie et le médium que l’on oppose à l’autre pour se dire son langage et tenter de le transmettre sans trop de secondes décalées.
Tout est sous-tendu par le sème et l’émerveillement primal n’en transparaît que l’écho. A quel degré de précision est-ce que tu me comprends?
On peut imaginer qu’avant le verbe qui dit, il y avait le doigt qui pointe, avant la parole, le geste, avant le mot, l’image nue.
La richesse qui interprète est alors un vertige où l’échange rampe dans des canaux de nuit et d’argile.
La bouche alors cherche à cesser de creuser pour avaler un vouloir et le recracher.
Et c’est le mot qui montre et le verbe qui agit descendant de cellule en cellule nous ouvrir une perspective par une histoire.
La critique est dans le mythe parce que, dans tout ce qu’elle ajoute, elle retire un même pour s’ouvrir le monde.
Ce que mes images présentent, c’est un nu.
Ma photographie est un geste.
Les titres transfèrent un manque et décuplent l’information, ils participent, dans l’interprétation, des multiplications du vrai. Ils sont dans cette supercherie, la critique d’un monde où le vrai n’est plus seulement un moment du faux, mais où le vrai est devenu une possibilité réel du faux.

De l'artiste Mathias Domahidy.
 
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Mathias domahidy.jpg

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Autour d’un verre et d’une œuvre d'art, une proposition d’écriture s’énonce.
Une animatrice [Milady Renoir) invite un groupe de participants (entre 4 et 8 personnes,débutantes ou aguerries en ateliers) à intégrer un lieu d’accueil (Chantier[sJ et à écrire entre, autour, avec, sur, pour, contre, dans, face à ce qui s’expose et ses évocations.
Les confrontations, les invitations, les projections, les contemplations seront autant de supports pour l'écriture.

Cet atelier ?
Un temps
se diluant entre écritures, lectures, partages des im- & ex-pressions.

Un rendez-vous avec des artistes, des œuvres, des objets, des espaces de découvertes et un lieu dédié aux arts plastiques, décoratifs, d’intérieur, de la table et de la bouche.
Un point de rencontre entre des cultures, des écritures, des perméabilités, des avis, des gens.
Un espace d’écriture pour entrer dans des formes courtes d’écritures, pour nourrir ses propres projets en cours, pour ‘s’y’ re-mettre, pour le plaisir.

Pour qui ? Toute personne curieuse d'entrer, de rester en écriture, toute personne amatrice d'objets d'art et/ou de mots. Aucun pré-requis n’est nécessaire aux ateliers, à part celui de tenir un stylo et de garder l'esprit et les yeux ouverts.

Dates des ateliers et nom de l'artiste exposé:
19/09 & 24/10 (Isabelle Cochereau)
08/11 & 03/12 (Anto Fils de Pop) / 2013
08/01 & 05/02 (Frantz Plotard)
11/03 & 15/04 (Mathias Domahidy)
07/05 & 03/06 (Pascal Briba)
01/07 & 22/07 (Jeunes Talents Belges) / 2014.

De 18h30 à 22h00 (apéro la première demie heure pour discuter, échanger, découvrir, s'imprégner, bien manger/boire)

Où ? Chantier(s), rue du Bailli 47 - 1050 Ixelles - http: //www.chantier.s-arthouse.com/

Avec qui ? Les artistes invités à exposer et à investir Chantier(s) chaque deux mois seront aussi invités à participer à un atelier durant leur temps d’exposition. Saison 2013/14 des expositions :
o Isabelle Cochereau du 14/9 au 31/10 2013- http://www.isabellecochereau.fr/
o Anto Fils de Pop du 03/11 au 31/12 2013 - http://www.antofdp.com/
o Mathias Domahidy du 11/03 au 30/04 2014 - http://letheatretransitoire.blogspot.be/
o Pascal Briba du 07/05 au 26/06 2014 - http: //www.pascal-briba.com
o Jeunes Talents belges en 07/2014 (Concours de Jeunes Talents Belges lancé par Chantier(s)
Voir le site de Chantier(s) pour les dates de vernissage

PAF : 20€ par séance ou 35€ par atelier (2 séances autour du même artiste exposant) - apéro, thé, café compris.

Inscriptions obligatoires et renseignements éventuels auprès de Milady Renoir :
miladyrenoirmiladyrenoir@gmail.com

16:56 04/03/2014 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

non mais allez quoi

ce blog a plus de dix ans, quand même.

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16:44 04/03/2014 | Lien permanent | Tags : place net |  Facebook

FRANCE CULTURE - ATELIER INTERIEUR (merci Amélie) - Sérendipité

23h et s’ouvre l’Atelier intérieur…au mot serendipity. Serendipité en français. Il est inventé le 28 janvier 1754. Puis oublié pendant un siècle. Puis ré utilisé. Et maintenant prononcé, écrit, dit, répété. Serendipité. Il célèbre dans nos vies, l’inattendu. Comme si on en avait soudain besoin. Comme si d’ordinaire on s’attendait à tout, comme si on était fatigués. C’est l’anglais Horace Walpole qui créé le mot, on pourrait le définir par : découvrir par hasard ce que l’on ne cherchait pas. Des découvertes, beaucoup, ont été faites par des hommes partis à la chasse d’autre chose. Mais voilà la question : est ce que la serendipité, ça arrive à n’importe qui ? Est-ce qu’il faut un talent pour s’ouvrir au hasard ? On a assez de sagacité ? Il faudrait oui, avoir l’esprit préparé. Savoir lire les signes. Y prêter attention. Il faudrait un effort, et tant pis pour les fatigués. L’image de départ ce soir serait celle là : fabriquer un monde à partir du néant. Scène vide. Petit à petit il faut recomposer. Découvrir la lumière, le langage. Antoine Defoort dans Germinal déterre un micro. Le micro fait entendre un bruit. Une voix. Des mots. La parole. Un peu plus tard c’est un ordinateur qui est trouvé, « par hasard ». Aujourd’hui il existe une serendipité programmée. Nos machines tentent de savoir, de faire des liens, de nous faire croire que par hasard on cherche ça mais pourrait cliquer ici. Si on tape une lettre dans un moteur de recherche par exemple : Ceci. Google propose : ceci est mon corps, ceci dit, ceci est la vérité, ceci est une révolution, ceci est un test, ceci est une fiction, ceci est un poème qui guérit les poissons, ceci est un spectacle d’improvisation, ceci est un statut en manque d’inspiration. Nouveau poème avec toutes nos recherches accumulées. Qui a écrit : ceci est une révolution. Qui a écrit assez de fois : ceci est une fiction pour que cela apparaisse ? Ta recherche peut donc être mon hasard. Tu peux être mon hasard. On peut se rencontrer, voilà ce que le hasard permet. Si un mot fait parler son époque, celui-là dit quoi de nous ? Serendipité. Les mots ont de la vérité. Les fictions les inventent et les poussent dans la réalité. Serendipité maintenant ça existe. Nous sommes en chasse de quelque chose, les hommes chassent, sans cesse, peut être à s’épuiser, c’est pour ça qu’il y a des fatigués. Ce soir nous allons déterrer par hasard un micro, apprendre un nouveau mot, et par serendipité, réinventer une façon de parler, pour se rencontrer."

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-interieur-numero-26-serendipity-2014-03-03

 

11:14 04/03/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs |  Facebook

3
mar

j'ai dit oui

à Christine Aventin
pour remplacer quelqu'une
qui devait
avec Christine Aventin
faire corps et écriture
je remplace la quelqu'une loin d'être quelconque
et me retrouve en travail autour de ma matière favorite
corps&texte
nous nous voyons cette semaine
pour dire quoi comment pourquoi
ce sera en tout cas au prochain FiEstival des éditions Maelström
Christine Aventin & moi

++++
Pierre Cendrin propose une dissémination ayant pour thème "le corps dans tous ses états". Il écrit :"Écrire le corps est l’un des enjeux les plus pri­mor­diaux auquel se confrontent les auteurs les plus divers. De Monsieur Bloom dans ses cabi­nets au goût de la made­leine de Marcel, en pas­sant par le vieil Achab qui a son mal che­villé au corps, les pro­blèmes de foie de l’homme du sous-​sol, ou encore l’attente fébrile de Julien Sorel devant la porte de Mme de Raynal.

Objet his­to­rique, le corps est sou­mis à des normes qui peuvent variées plus ou moins for­te­ment. Châtiments cor­po­rels. Hygiène. Façons de table. Apparence phy­sique conforme, non-​conforme, valo­ri­sée, stig­ma­ti­sée. Corps qui se pare, se cache, entre osten­ta­tion, dis­cré­tion et dif­fé­ren­cia­tion. Corps har­ce­lés, bru­ta­li­sés, frus­trés, malades, dimi­nués, empê­chés, mou­rants. Désir, pas­sion. Corps qui s’aiment, corps dans l’attente de s’aimer, qui se recon­naissent, s’affrontent, se récon­ci­lient, se domestiquent.

Le corps est le pre­mier signe exté­rieur d’appartenance sociale que l’on offre aux regards d’autrui.

Réceptacle des émotions. Gêne, exul­ta­tion, rou­tine. Incorporation des savoir-​faire et des savoir-​être.

« Apprendre par corps » : dis­ci­pline sco­laire, récep­tion docile du savoir et du pou­voir dans leurs formes douces et bru­tales. Attente aux gui­chets. Répression des indis­ci­plines. Corps enfer­més dans des ins­ti­tu­tions totales où l’esprit ges­ti­cule. Le corps-​outil, dis­ci­plines pro­fes­sion­nelles, divi­ser les gestes, à la chaîne et à l’atelier. Le corps spor­tif qu’il faut domp­ter et faire tenir. Capital de force phy­sique qu’il faut entre­te­nir et mettre en dan­ger de façon rai­son­née. Usage ratio­na­lisé du corps.

Le corps et l’esprit. L’hostie.

Le corps en terre.

Ce mois-​ci, ce sont les corps que nous disséminons."

Rosaleen-Ryan-The-Birth-Of-Suburbia.jpg

ART: Rosaleen-Ryan-The-Birth-Of-Suburbia

 

23:26 03/03/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Jean-Pierre Brisset et les hommes-grenouilles

Article de Jérôme Solal

 

Jean-Pierre Brisset (1837-1919) a exercé diverses professions : pâtissier, militaire puis professeur de langues vivantes. Il a montré des talents d’inventeur et a fait breveter en 1871 la ceinture-caleçon aérifère de natation à double réservoir compensateur, et en 1876 la planchette calligraphique pour enseigner l’écriture et le dessin. C’est une fois devenu chef de gare en 1879 qu’il prend enfin conscience du rôle qui lui échoit sur terre : il lui faut révéler les origines de l’espèce humaine et du langage. Telle est donc la mission à laquelle il se voue désormais.

Ce visionnaire solitaire crée alors une mythologie qui puise aux grandes religions, notamment le christianisme. Au commencement était l’eau - les mers, les rivières, les lacs, les étangs, les marais où les grenouilles, ancêtres des hommes, vivaient en paix. Puis est venu le temps des transformations. Tout change peu à peu, les corps, les règles, les mœurs. Bien avant le latin (une langue tardive mise au point par des usurpateurs), on se met à parler le français, véritable langue originelle.

Brisset faisant le récit du devenir-homme des grenouilles met en avant le rôle de la sexualité et de la violence. Dans ses révélations sur le développement chaotique de l’humanité, il progresse grâce à une méthode originale qui exploite les multiples ressources de l’homophonie : il décèle les vérités cachées des paronymes, homonymes, holorimes et calembours. Son anthropogenèse est donc aussi une poétique. Par l’inventivité de ses analyses linguistiques, il établit un discours sur les origines et, à une époque marquée par l’apport du darwinisme, élucide à sa manière les mystères de l’évolution du vivant.

Publié en 1900 à dix mille exemplaires sous la forme d’un grand in-folio de quatre pages que Brisset finit par faire distribuer gratuitement faute d’avoir trouvé des acheteurs, le texte de La Grande Nouvelle (La Véritable Création de l’Homme, La Résurrection des morts, Tous les mystères expliqués) se présente comme la synthèse de ses travaux.

La Grande Loi cachée dans la parole

Toutes les idées que l’on peut exprimer avec un même son, ou une suite de sons semblables, ont une même origine et présentent entre elles un rapport certain, plus ou moins évident, de choses existant de tout temps ou ayant existé autrefois d’une manière continue ou accidentelle.
Soit, comme exemple, les quatre sons :

Les dents, la bouche. On peut écrire : L’aide en la bouche, lait dans la bouche, laid dans la bouche, laides en la bouche, etc.

Or, tout cela nous dit avec évidence que les dents sont seulement une aide : on peut s’en passer. Elles sont un lait ou blanches comme du lait ; à l’occasion elles sont aussi laides et alors c’est laid. L’étude de cette propriété de la Parole qui est Dieu, amène l’esprit à analyser chaque mot et à retrouver les idées qui l’ont formé, et ainsi on a devant les yeux les actes que faisaient nos ancêtres avant que l’homme fût créé, le premier langage humain. Certainement est formé de : Ce air t’est, ne mens ; certes est, ne mens. Ne mens signifiant : je ne mens pas. Tu mens, forcé ment ; tu mens forcément. J’accepte, part faites-m’en ; j’accepte parfaitement. Tu parles parfait, te ou tu mens ; tu parles parfaitement. Du suc c’est ! Le premier qui cria : Du suc c’est, eut du succès. Le mot suc est le premier nom du sucre et on lui donne encore ce nom.

Dans la langue primitive, qui était la langue actuelle en formation, les auxiliaires avoir et être se mettent souvent après la partie invariable du verbe.

En feu l’ai, c’est enflé. Mords ce l’ai,, il faut le morceler. Je mords c’est le, je morcelle. C’est l’ai, sel ai, scellé. On scella le sel. En bouche ai, je l’ai embouché. Happe l’ai, appelé. Ai l’eu = l’ai eu, ai lu, élu. Chêne est, c’est du chêne, la chênaie. Os ce l’est, hausse-les, osselets.

Les démonstratifs : le, les, ce, cette, mon, ton, son, etc., se placent souvent après le nom : Vois-le, le et la voile. Rond ce, ronce. La ronce se contourne en rond. Ce m’ons ce, ce mon-ce, semonce. Cela se disait en reprenant vivement son bien. M’ons = j’ons ou j’ai. Boure cette. Bourcette. On se bourrait de bourcette. La bourre fut un manger. Pour manger il faut qu’on laboure. Le lit mon. Le limon fut le premier lit. Le saut mon. Regarde le saumon. Le premier saumon fut un ancêtre sauteur. Le bout ton, le bouton. Le premier bouton fut une extrémité. Buis son, son buis, le buisson. Au but y sont, aux buissons. On aimait les buissons, c’était un but à atteindre.

Le mot ist = est. C’ist me, c’est moi. Cri de celui qui se montrait sur une cime. C’ist té, c’est toi ; sis-té, sieds-toi. Origine de la cité. Te rends qu’ist le, laisse-moi tranquille. Ce c’ist, ceci. Comme ai dit ist, comédie. La parole s’est formée avec les cinq idées premières exprimées par les mots suivants : ai, aie, est, à, ce. Ce, que l’on peut écrire ceu, désignerait, sous cette orthographe, la bouche de l’ancêtre, car tous les mots ont été mis dans la bouche sous une forme sensible, et sont devenus des esprits avec la disparition des êtres et des choses qui servaient à la formation de la parole. J’ai c’est ? J’essaie. Je l’ai c’est ? je l’essaie. In c’iist, ce aie ; ainsi c’est. À que c’est ? accès, Ai que c’est ? Excès. Jeune est, je nais. Éteinds, c’est le ; étincelle.

Le tends, le temps. Le temps a pour origine une tension. In ce temps, instant. In ce temps t’en ai, instantané. A vec, in ce temps-ce, avec instance. A vec = au bec. J’arriverai en temps dû, c’est entendu. L’est neige dans temps. L’ancêtre était sensible au froid et sentait les neiges dans temps avant qu’elles fussent visibles. Où sont les neiges d’antan ? disaient les simples, croyant qu’il était question des neiges de l’année précédente, comme si les neiges éternelles n’étaient pas à cheval au moins sur deux années. Lecteur, entends en temps les vérités éternelles. Avant que l’homme fût, j’étais.

Nous ouvrons donc le livre fermé, dès la création du monde. Il donne la vie éternelle. En vérité, si tu en veux hériter, il faut être pour la vérité. Envers y t’ai, en vérité, c’est l’envers du langage courant.

Le français, formé des meilleurs dialectes du centre de la France, se parle donc ainsi qu’il se parlait dès la création du monde. Depuis que l’homme existe, nul son étranger n’a pénétré dans le langage du peuple. Chaque contrée a conservé son patois propre et son accent particulier. Les mots étrangers qui sont entrés dans notre langue, ne l’ont fait qu’en se transformant en sons parfaitement français, aptes à être analysés avec des éléments français.

Au commencement était la Parole et la parole était Dieu. Tout a été fait par elle et rien n’a été fait sans elle. C’est elle qui éclaire tout homme venant au monde. Maintenant que l’esprit a bien voulu nous donner la clef des mystères de la parole, nous allons parcourir la création de l’homme, dès la fondation du monde.

Extrait de La Grande Nouvelle de Jean-Pierre Brisset, Jérôme Solal éd., Paris, Mille et une nuits, 2004 (1ère éd. Paris, Chamuel, 1900), p. 8-11.

Dans le passage qui précède, tiré des premières pages de La Grande Nouvelle, Brisset développe ses analyses linguistiques. Le texte joue le rôle d’un préambule où l’auteur livre quelques rudiments d’archéologie linguistique avant d’entreprendre, dans les pages suivantes, son anthropogenèse. Le Verbe avant l’Histoire, les mots avant les maux, les mots en leur force la plus concrète, la plus vitale, en leur émail le plus physiologique : les dents, la bouche. Brisset évoque la construction des auxiliaires avoir et être, s’intéresse aux démonstratifs, ces mots qui montrent la réalité là, toute proche. Malgré son approche sensualiste, il a conscience que les mots, ce sont aussi des idées, toutes primitivement recueillies dans ce bouquet verbal : ai, aie, est, à, ce. Un tel discours sur les origines ne peut se dispenser de la notion de temps, mise en relation avec la place que l’homme peut y trouver dans sa subjectivité de descendant direct des grenouilles : Avant que l’homme fût, j’étais. J’étais, mais qui dit « je » : moi le temps (d’avant l’humanité), moi l’étant (la nature naturée), moi l’étang (le réservoir à grenouilles) ? Qui sait ?

Pour que les lecteurs captent parfaitement son message et prennent avec lui le chemin vers la vérité cachée, Brisset leur propose de se laver les oreilles en intégrant l’envers du langage courant. Seule cette indispensable inversion, qui fonde sa poétique et récure les tympans, leur permet d’entendre le son-Brisset, de comprendre vraiment les mots tus sous les mots dits. Ainsi peut-on accéder à la vérité éternelle, celée depuis toujours, et dont lui seul détient la clé. Ajusté de la sorte à ces paramètres nouveaux d’un langage certes inaudible pour l’homme du commun, mais transparent pour les initiés qui auront su écouter, c’est Dieu que Brisset manifeste, verbe et loi. Dès lors la parole inspirée du prophète rétroactif peut lancer son récit (l’authentique histoire enfin révélée de l’humanité) et claironner la grande nouvelle de notre destinée ontologique d’hommes-grenouilles.


Voir aussi « Le langage des grenouilles » de Jean-Pierre Brisset.

 

P.-S.

Quelques éléments pour mieux connaître son œuvre :
De Brisset : La Grammaire logique, résolvant toutes les difficultés et faisant connaître par l’analyse de la parole la formation des langues et celle du genre humain, Paris, Baudouin, 1980 (1ère
éd. Paris, Leroux, 1883) ; Les Origines humaines, Paris, Baudouin, 1980 (1ère éd. Angers, chez l’auteur, 1913).
Sur Brisset : André Blavier, Les Fous littéraires, Paris, éd. des Cendres, 2001 (1ère éd. Paris, Veyrier, 1982) ; Marc Décimo, Jean-Pierre Brisset, prince des penseurs, inventeur, grammairien et prophète, Dijon, Les Presses du Réel, 2001.
Brisset adapté au théâtre : Les Grenouilles qui vont sur l’eau ont-elles des ailes ? par Catherine Beau et Eugène Durif (2002) ; Mots à lier ou le Brisset sans peine par Gilles Rosière et Pako (2004).
Brisset sur la toile : http://perso.orange.fr/chambernac/brisset.htm (site entièrement consacré à Brisset).

Portrait de Brisset : Charles-André Picart Le Doux

23:17 03/03/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

27
fév

lettre à une mère dans une bouteille

Chère Maman,

je vais bien. La famille d'accueil est gentille. Elle aime bien cuire du chou rouge toute la journée et des boulettes de viande des chiens de chasse trop vieux pour chasser mais la sauce hollandaise qui les recouvre est vraiment onctueuse. Parfois, elle déborde de nos gamelles et ça colle un peu à la table.

Papa et toi manquez mais je sais que votre voyage aux Seychelles était prévu depuis avant ma naissance, que vous avez besoin de vous retrouver. Je patienterai, ici, même si le froid m'empêche d'attendre dehors.
J'espère que tes nouveaux seins te feront moins mal et que du coup, tu sauras me prendre enfin dans tes bras dans un an, quand on se reverra.

Je pense à vous. Je ne vous écrirai pas trop souvent vu que je dois payer le timbre et que pour l'argent de poche, je dois couper trois stères de bois. Je ne suis pas encore douée pour manier la hache mais je fais des efforts. Comme tu m'as toujours dit. L'effort fait vivre.
Je t'aime maman.

Emmeline

jugend revue 1896.jpg

20:29 27/02/2014 | Lien permanent | Tags : humoeurs, textes |  Facebook

20
fév

Jean-Pierre Brisset

Old French postcard. 1910s.jpg

L : La langue

L est la consonne des lèvres et de la langue; elle appelle vers le sexe, le premier lieu, l'yeu.
Le langue à-jeu, le l'engage, le langage. Son origine est un appel au léchement.         

M : La mamelle

Le son meux appelle le bec sur le sexe qui est la première mamelle, puis à prendre le manger sur les seins, et de bouche à bouche.
Mame ai hèle, mamelle.
Mame l'ai on, mamelon.
Le môme mame la mamelle de la maman. On mamait ce que l'on aimait.                                            

N : Le noeud

C'est d'un noeud que tout naît, tout noeud est, et non d'un oeuf, comme le disent les princes de la science dans leur argot latin. Pas de noeud, pas de naissance...
Le noeud fut le premier objet neuf, la première nouveauté. Ceux qui avaient le noeud disaient, je noeud acquis, tu noeud acquis... ce qui est devenu : je naquis, tu naquis... 

Q : La queue

Nous avons indiqué spécialement la valeur de queux à la lettre C.
Les queues réelles causaient des querelles.
Tu ma queue use, tu m'accuses.
La queue use à sillon, l'accusation.

Qui sexe queue use, sa queue use.

http://chambernac.pagesperso-orange.fr/dictionnaire.htm

http://www.larevuedesressources.org/le-langage-des-grenouilles,765.html

 

21:14 20/02/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

17
fév

Thanks Mr Finch!

OH LA CLAQUE.

http://www.thisiscolossal.com/2014/01/vintage-textiles-transformed-into-flora-fauna-and-fungi-by-self-taught-artist-mr-finch/

Mr Finch butterflies.jpg

Mr Finch crow.jpg

Mr finch canari.jpg

20:27 17/02/2014 | Lien permanent | Tags : arts |  Facebook

12
fév

Allen for Ever

Le 5 avril 1997, à New York, Allen Ginsberg, icône de la Beat Generation, décédait des suites d'un cancer du foie, en laissant derrière lui un dernier poème listant ces choses qu'il n'aura pas réalisées dans sa vie. Mais après tout, peut-être que l'écrivain bouddhiste entendait bien y remédier dans une prochaine vie. Le cinéaste lituanien Jonas Mekas était là pour immortaliser l'âme du poète à sa façon.

 

 

 

 

 Le dernier poème de Ginsberg, Nostalgias

 

 

Jonas Mekas, qui se présente comme un ami d'Allen Ginsberg, était adepte du journal filmé. Pendant trois jours, en avril 1997, l'écrivain-réalisateur a filmé quelques images des derniers jours du poète, et reccueilli les commentaires de ses proches. 

Le documentaire, de 67 minutes au total, fait intervenir des personnalités comme Patti Smith,  Gregory Corso, Amiri Baraka, Hiro Yamagata ou encore Anne Waldman... 

 

 

Regarder Allen's Last Three Days on Earth as a Spirit en entier via UBUWEB.

Source: Actualitté & UbuWeb

18:39 12/02/2014 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures |  Facebook

10
fév

Laterite&Trottoir

J'ai rencontré Perrine le Querrec dans un livre. Rien d'un corps avec de la peau et des organes, mais quand même un corps avec esprit révélé et coeur avéré. J'ai perçu ça.
J'ai lu le livre. Je l'ai aimé.
Je l'ai dit à Perrine.
J'allais partir au Burkina Faso.
J'avais écrit des correspondenses avec l'amie Karen avant qu'elle ne parle en Sibérie.
J'ai eu envie de correspondre avec Perrine, avec sa gorge, avec ses yeux.
En plus, elle a le voyage comme tension et le Burkina Faso comme souvenir.
Nous nous écrivons, nous faisons rencontre et corps dans un échange qui peut se lire, comme ça, de bas en haut.

http://laterite.tumblr.com/

The Little Prince (Braille edition).jpg


(édition du Petit Prince en braille)

07:30 10/02/2014 | Lien permanent | Tags : textes, humoeurs, lis tes ratures |  Facebook

8
fév

Atelier sur la thématique « Prisonnier » du concours de textes / Adultes 15-105 ans / Samedi 15 février de 10h à 17h

 

« Illimité » © Gilbert Garcin

L'enfermement n'est pas que derrière les murs, il se cache aussi dans le crâne, sur île, au creux d’un territoire, au fond de l'âme, dans notre société, un pays, le monde. Des écrits de prisons aux thèmes du cloisonnement, l'atelier abordera des sujets et des objets déjà perçus par des auteurs qui ont dénoncé, subi, appréhendé, vécu la « PRISON » et proposera quelques tentatives d'abordage du thème, aussi vaste que clos, sans oublier que tout prisonnier possède son plan d'évasion et conserve son ciel intérieur.

 

L’atelier trouvera son espace à travers des textes d’auteurs qui ont subi, fantasmé l’enfermement, décrit les prisons et trouvé des échappatoires, quelles qu’elles soient.  Aucun pré-requis n’est nécessaire si ce n’est celui d’aimer écrire, lire, jouer, expérimenter, écrire encore. Ordinateurs, carnets, Post-it™ bienvenus.

 

Animation : Milady Renoir anime des ateliers depuis dix ans autour de thématiques qu'elle croise dans ses lectures, ses écritures et les rues. Aliénations, bannissements, anomalies, folies, impermanences, fouillis sont des mots clés qu'elle aime diluer, étendre en ateliers, quels que soient les lieux et les temps d'exploration.

 

PAF : 35€ (25€ pour demandeurs d’emploi)

 

Lieu : Maison de la Francité, rue Joseph II, 18 – 1000 Bruxelles (Métro Arts/Loi ou Madou)

 

Inscription : mdlf@maisondelafrancite.be / L'atelier est confirmé à partir de 5 participants. (Maximum 12.)

 

Les autres ateliers dans le cadre du concours de textes de la Maison de la Francité se trouvent ici.

17:02 08/02/2014 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

Glass talks

" Society is breaking apart, which is always a good sign because that’s when the best things happen. I mean, when Allen Ginsberg and William Burroughs began writing during the days of the McCarthy era here in America, it looked like this country was pulling itself into an early grave. When society becomes unhinged, the arts get really good. I’m old enough to have seen that three times.”

-

Philip Glass donne une longue et dense interview à Bryce Dessner de The National. Il y parle de Terry Riley, de la vie en tournée, du temps où on l’accusait de jouer trop fort pour le vénérable Carnegie Hall, de la désintermédiation à l’œuvre entre musiciens et publics et de sa collaboration avec Angélique Kidjo.

muse-hic, arts, humoeurs

 

 

(art by E.V. Baumgarten  1896)

17:00 08/02/2014 | Lien permanent | Tags : muse-hic, arts, humoeurs |  Facebook

7
jan

Atelier(s) en Chantier(s) - en 2014 aussi.

Ateliers chantiers II.jpg

ateliers CHANTIERS I.jpg

15:55 07/01/2014 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

Annie MIGNARD / C’est physique, écrire

lis tes raturesAnnie MIGNARD

 

 

          C’est physique, écrire

 

J'ai publié “C’est physique, écrire” dans Écrire Aujourd'hui, sous-titré Autoportraits d'écrivains sur fond de siècle, que j'ai conçu et dirigé chez Autrement, revue n° 69, 1985.

 “C'est physique, écrire” se trouve, pp. 75 à 79, dans la 2è partie intitulée FAIRE, laquelle a pour titre courant:

     “Chaque fois je me dis: ‘Est-ce que je sais encore?’, c’est-à-dire: ‘Est-ce que je suis là?’”

 C’est physique, écrire, une dépense vitale grande. L’effort de travail en cours se fait sentir très fort dans le corps, fait naître des images corporelles, des sensations d’évidence, d’une présence plus vraie que le réel. Ces images ne mentent pas, elles disent, voilà où on en est.

La première longue chose que j’ai écrite, je me suis comme sentie plongée dans un fleuve puissant, un Missouri dans les palétuviers. La violence, la profondeur du fleuve me terrifiaient. Pendant assez longtemps, j’ai eu le sentiment de nager au bord, où j’avais encore à peu près pied, m’accrochant aux branchages, aux troncs morts. Manque d’audace. Puis, un jour, je me suis retrouvée nageant en plein milieu, dans l’ample du fleuve, avec le plus grand courant sous moi, qui me portait comme une main, la force du courant. Lâchée.

                         Je suis une loco emballée

 Mon premier roman, La Vie sauve, je l’ai écrit à une allure accélérée. Vers la fin, me couchant le soir, épuisée du corps, dormant debout et me disant, j’ai bien travaillé je peux dormir, j’avais la sensation d’être une loco emballée à plein régime, qu’on ne peut plus arrêter. Qui fonce, fonce, en surchauffe. Ca me réveillait en sursaut tout au long des nuits, à intervalles très rapprochés, pour me faire écrire des phrases entières, sans pitié, sans répit, sans que je puisse rien faire pour calmer cette chose. Envoyait une phrase, une image, dès que je posais la tête sur l’oreiller. Je relevais la tête, allongeais le bras, notais la phrase. Reposais la tête, dormant à l’instant. Hop, re-impulsion, re-phrase, re-réveil, lever la tête, tendre la main, noter la phrase, et encore, et encore, en instantanés. Quelquefois plusieurs à la file sans que l’aiguille du réveil ait bougé sur la minute. Je sautais dans mon lit comme une carpe saisie au bleu, je suppliais à voix haute dans le noir, suffit la machine! Suffit la machine!

 Tu parles. Les neurones ne s’arrêtent jamais, leurs cliquetis, leurs circuits, leurs impulsions électriques d’une nanoseconde. Si on les excite trop, ça emporte tout, une puissance formidable lâchée, libre, terrifiante. Le soir du jour où j’ai fini de corriger ce roman, en me couchant, un déchirement de tout mon corps, comme si une pierre, une granite gris de la forme et de la taille de mon corps, s’en arrachait, sortait de moi et me quittait, du côté gauche, s’arrachait de chacune de mes cellules, un dédoublement qui part. En dix fois pire, les déchirements internes qu’on ressent ivre mort. J’ai su que j’avais terminé.

 On ne s’embête pas. En général, je me sens une chose de la nature.Un pommier qui fait des pommes. J’ai les racines enfoncées dans la terre, la sève monte, là-haut dans mes feuillages les pommes sortent à profusion de ma bouche. Je fais partie du grand cycle. Ou je suis une terre, épuisée quand j’ai fini un roman, comme après des moissons qui m’auraient tiré tous mes phosphates, mes sels minéraux. Il faut que je m’assole; ou que je me donne un grand coup d’engrais généralisé.

                   Je suis un pommier, je suis une huître

 Durant mon dernier roman, Le Père, j’étais une huître, sortie de sa coquille au fond de ses eaux. (Tout cela varie, bien sûr, en fonction de ce qu’on écrit.) Je restais trois jours sans voir personne en échange réel, à clapoter mes branchies dans mes abysses marins. Toute chose extérieure me faisait l’effet d’un jus de citron. D’un coup de fil inoffensif d’un copain racontant dix minutes ses histoires, il me fallait trois jours pour me défaire. L’évacuer. Le sortir de mon monde.

 Le mouvement de concentration est double, et contradictoire. Il faut écarter les ennuis du monde extérieur, les désirs autres, faire barrage, tourner le dos, se clore aux excitations, tiraillements, tensions, à la vie en somme. Faire sa coque. Cela accompli, il faut faire l’inverse: s’ouvrir entièrement, se dissoudre, se déplier, être entièrement réceptif vingt-quatre heures sur vingt-quatre à ce qui est en train de se faire. C’est ça l’huître sans coque. Tout ce qui, de la vie, même un détail, ne peut s’absorber dans ce qui est en train de se faire, attaque et révulse comme un jus de citron.

 Le plus long est de se rincer les méninges du monde extérieur. Décanter. Ca prend trois heures en général, après tout contact avec le réel, un rendez-vous par exemple. Tous les jours, on se rince avant de commencer, de pouvoir entrer dedans. A moins qu’on soit déjà à toute allure dans ce qu’on fait, poussé au cul par l’énergie même du roman qui n’attend pas et qui fonce, et vous porte.

 Parfois, sans qu’on s’y attende, on se retrouve comme un alpiniste qui se redresse sur une corniche, en surplomb au-dessus du vide, qu’il vient d’escalader à mains nues sur une paroi de l’Himalaya. On se dit: avant j’étais en dessous, me voici au-dessus. On est effrayé rétrospectivement. On ne s’en rendait pas compte pendant. Ni avant. C’est le résultat qui donne cette image.

Ca n’a rien d’intellectuel, c’est sensitif, ce sont des sensations profondes qui rendent tranquille quoi qu’il se passe par ailleurs, ou qui au contraire remuent le corps de peur malgré tous les raisonnements. Qui remettent les choses à leur place. On croit avoir fini son roman, juste deux, trois poussières à enlever ici et là, pour le chic, on le reprend à partir de la fin pour juger la seule écriture - et on se retrouve comme un moussaillon sur une goélette à trois cents voiles, à qui on a dit: “Tu retends les voiles à partir de la poupe.” Monté pour deux jours, et qui trime des semaines, accroché dans la mâture là-haut, le nez sur sa toile. De près, ce n’est plus ce qu’on croit, du tout. Et on tire à deux mains les cordages, à en avoir mal aux bras, les sequins, les bouts de ficelle tombent des voiles - relâchées, godillantes, tavelées, dégoûtantes, ça, une voile? - que d’en bas on voyait blanches, dressées au ciel.

                      C’est athlétique de se faire sentir

 Tout ça sur une chaise, mais c’est athlétique. Ca chauffe. C’est une transformation physique d’énergie. Une énorme dépense d’énergie. Heureusement, personne ne nous voit au travail; on s’inquiéterait. A essayer des phrases à la voix. A s’exciter, se monter, si l’écriture le demande, pour atteindre le ton, avec une mauvaise foi jubilante, se rendre euphorique ou salopard. Et soupirer, souffler d’angoisse quand on a trop réussi à se faire sentir. Là encore, tout dépend de ce qu’on écrit. L’acuité de sentir qu’il faut concentrer pour que le mot sorte juste. C’est le plus épuisant, se faire sentir. A la longue, il semble qu’il y ait un entraînement. Les sensations, les émotions accourent, pressent plus vite, plus massives; ce qu’on cherche à sentir, éprouver, voir, vient à la présence avec plus de force et de sûreté. (Du coup, dans la vie, on éprouve tout plus fort.)

 Ou encore, on est en train de monter les mots, ça marche, bien, ça roule, c’est ça - il faut tout lâcher, sortir comme en courant, dans l’état de nature, hirsute, puant, suivi d’un vol de mouches, sortir marcher, sortir courir, faire le tour du quartier au pas gymnastique pour lâcher la vapeur. Surchauffe. Ou il faut aller faire la sieste, tout soudain, s’allonger par terre, ou se jeter sur son lit pour un sommeil brusque, et ça peut être 10 heures du matin ou 3 heures de l’après-midi, parce qu’il y a du limon d’angoisse qui bouge, ou simplement de la fatigue, quelque chose qu’on sent comme de la fatigue, à tomber par terre en quelques instants. Et quand on se relève, c’est reparti, on travaille bien, avec aisance. On ne sait pas pourquoi, mais c’est ça qui marche. Alors c’est ça qu’on fait.

 Aussi la soudaineté avec laquelle on part acheter un bouquin, dont on n’a pas besoin du tout, qu’on n’a jamais lu, auquel on ne pensait même pas l’instant d’avant, et qu’il faut lire à la seconde, toutes affaires cessantes, alors qu’il n’a aucun rapport avec ce qu’on écrit, le Journal de Jules Renard par exemple. Pourquoi lui, mystère. Et quelle chance que ça vous fasse jaillir du lit à l’heure justement où les librairies ouvrent. On court. On revient avec sa proie. On la grignote un peu, ici et là, on la mâchouille. Puis on la laisse. On la range sur une planche. On a bien constaté que ça n’avait aucun rapport avec ce qu’on écrit. On a eu son suc dans la bouche. Qui n’a rien à voir avec le suc de ce qu’on fait. Mais il fallait. Le besoin était là. Et c’était bien le besoin du goût du Journal de Jules Renard, puisqu’on est rassasié, tranquille, on repart avec aisance.

                           Se battre contre sa peur

 Inutile de chercher à comprendre la nécessité interne des impulsions. C’est l’intuition qui a raison, c’est elle qui mène. On fait son miel de tout, on ignore comme on le fait, si on a tel besoin c’est qu’il est nécessaire sur le chemin. Mais ceci quand on sent que ça marche très profondément. Car il y a en même temps une sorte de friction permanente, un ripage intérieur entre tensions contraires - et il est essentiel, sinon rien ne sortirait. Son intensité, devenue insupportable, se transforme en mouvement. Il y a le renâclement constant au travail, énorme dans la première période d’écriture, la mise en route du roman, où en même temps on déverse toute son énergie dans ce qui n’existe pas encore, on le fait naître, on l’évoque, on le regarde surgir peu à peu comme une construction fantôme des brumes d’un marais (souvent, il n’y a que brume et vase, et on s’enlise, on sombre, on pédale dans la boue), et tout en le voulant, en l’appelant, en mourant de langueur, en même temps on le nie, on ne le veut pas. Il n’existe pas encore, il prendra tout, on le tasse au placard.

Faire durer des heures la lecture d’un journal. Donc, plus de journaux. Qu’à cela ne tienne, on téléphone, on met de la musique. Plus de musique. Excellente idée, on s’en va pisser, on fait la vaisselle, on fait les carreaux, on se fait un café, tiens. Pauvres bêtes, on a des ressources insoupçonnées. On peut y passer la journée en un éclair, commencer à travailler à 7 heures du soir, dans les débuts (puis 6, puis 4, puis 2 heures de l’après-midi), alors qu’on y est, sur le chantier, depuis le matin. A en baver. Ecrire une phrase, ça marche, hop, on se lève faire autre chose. Ca fait trop trembler, ça trouble trop. C’est trop intense, que ça existe.

Le lendemain, ça recommence, toujours cette nausée de peur de se jeter à l’eau tout en en mourant d’envie. Et puis au moins, si on voyait où se jeter; dans cette brume, comment distinguer. On perd une énergie monstrueuse à se battre contre sa peur, son désir; on est en face d’elle, comme si on cherchait à s’échapper, ne plus la voir. Trouver à l’aveuglette, bêtement, une voie de sortie, l’échappatoire qu’elle vous laisse entrouverte, en adversaire intelligent. Ne pas oser, ne pas oser. Et tout en n’osant pas, dans cette bataille de surface, les choses se font dans la cale, il faut laisser l’écoutille ouverte. On voit souvent, dans les soixante, cent premières pages des romans, cahotiques, maladroites, qui n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière, l’arrachement de cette énergie.

                               La germination

Le temps de maturation. Ce n’est pas ce qu’on croit, vu du dedans, une germination. Je suis sûre maintenant que ça crie au printemps dans la nature, parce que ça fait mal quand ça pousse. Le temps se distend, et on se distend avec lui. Attendre, aider le temps. Lui apporter les matériaux. Les agencer de façon qu’il les avale. Se mettre en situation qui rende possible ce qu’on ignore encore. Inutile de chercher à faire son malin, sa maligne. On n’est pas malin quand on travaille. Il faut trouver un sentiment plus fort que la peur, et qui la dépasse. Une autre peur, plus forte. La rage. La nécessité. Tantôt on se laisse partir comme on s’envole de dos dans le vide, tantôt on se bataille comme on tape au bâton un âne récalcitrant - tu vas y aller. Et de rages en abandons, de langueurs en ferveurs, on s’enfonce pas à pas dans les périls et le labeur de l’imaginaire. Tandis que peu à peu naît l’amour de ce qui existe là, de ce matériel qui est là et qui vous a apprivoisé, avec qui on dialogue, qui vous connaît jusqu’à l’os, qu’on a envie de retrouver tous les jours, vers qui on court. Devant lequel le monde ne tient plus.

                     © Annie MIGNARD

15:52 07/01/2014 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook