13
mai

Ce qui ne se voit pas...

Visionner http://www.derives.tv/Undergrowth en lisant ça

Ce qui ne se voit pas

Par Fernand Deligny, 1990

L’ÈRE DE L’IMAGE. Le temps de l’image, quoi qu’ils disent, ce n’est pas le nôtre.

L’ère de l’image ! Alors que jamais on n’a été aussi loin de l’image. Nous sommes au siècle du langage, de la parlotte, de la reproduction verbalisante, de la parole débridée. Il faut parler.

L’image, c’est ce que Janmari, l’enfant autiste de Ce Gamin là, conçoit, c’est son mode de pensée, lui, chez qui il n’y a pas de langage... Je vis tout le temps aux prises avec cette absence, cette vacance, ce mode de pensée à part.

C’est évident qu’ils pensent, ces enfants qui n’ont aucunement l’usage du langage. Il faut leur foutre la paix, mais l’Institution ne supporte pas ça. Elle ne supporte pas l’absence du langage, rien à faire. Il faut du langage quelque part ou nous, on est perdu.

Ils tiennent à cette caractéristique du langage qui maintient l’homme singulier par rapport à l’animal... une vieille trouille...

L’IMAGE, L’ANIMAL. Or, il se pourrait que l’image soit du règne animal... c’est sans doute très vrai : elle est du ressort profond de la mémoire d’espèce et la mémoire d’espèce est quelque chose de commun entre toutes les espèces, y compris l’espèce humaine... Ils ne supportent pas ça, je ne sais pas pourquoi, on ne supporte pas qu’espèce humaine soit pris au sens littéral du terme, une espèce pas comme les autres qui...

L’image est ce par quoi l’espèce persiste malgré tout... c’est une trace... une trace qui attend, aux aguets...

Il y a de ça dans le cinéma, c’est à dire un enthousiasme immédiat et on ne sait pas pourquoi, mais on est touché par ce qu’on finit par appeler des images et qui ne sont pas des effets de langage, ça touche bien au delà... Y en a qui y sont arrivé, qu’ils le sachent ou non... Charlot y est arrivé, sans aucun doute : ça touche immédiatement très profond où tout le monde est dépassé.

Il n’y a pas de raison, pas de raison... si bien que dans un film, les images comme on dit ne sont pas sur la pellicule, elles ne sont pas dedans, elles se produisent entre qui a filmé et qui regarde. C’est un phénomène qui se produit « entre » et que vous ne pouvez pas maîtriser...

LIBRE, SUR L’ÉCRAN. L’image échappe à la connaissance... une image, si je parle mon propre vocabulaire ne se prend pas...

Une image ne peut pas se prendre, c’est à dire être prise par se (qui est une projection de on : un autre monde que le monde des images)... l’image est perçue mais pas par se : par un autre point de vue qui persiste plus ou moins accablé par l’éboulement perpétuel du on majestueux...

... dans l’absolu, on pourrait dire que l’image a lieu quand se est évacué. A ce moment, il y a certainement de l’image...

Les images ne se prennent pas et pourtant il arrive qu’elles y soient sur l’écran, et sur l’écran elles apparaissent comme délivrées. Elles ne se prennent pas d’un côté, elles apparaissent comme délivrées de l’autre, libres, elles sont libres, c’est formidable la caméra : l’image se développe et apparaît libérée sur l’écran.

Le preneur d’images qui en tant que se, s e, est sujet du langage, assujetti au langage, fatalement, il ne prend pas l’image. Tant qu’il n’est pas sorti du se, s, e, ... il n’y a pas d’image...

... ce qui pèse généralement c’est le poids du soi. Le mot même, le fait... le fait que chacun pense qu’il est soi.

LE MONDE DES IMAGES. C’est la différence entre agir et faire. Nous, nous faisons quelque chose, c’est l’intention ça, c’est le langage : on fait la soupe, on fait la vaisselle, on fait je ne sais pas quoi. Un gamin autiste ne fait rien : c’est de l’agir. Ça se voit très fort. Ça se voit pour qui a l’œil, pour qui vit avec des gamins autistes. De même pour l’image : une image ça ne se « fait » pas dans mon jargon. Une image arrive, elle n’est que coïncidence...

Or coïncidence, l’image au sens où je l’entends, l’image propre, est autiste. Je veux dire qu’elle ne parle pas. L’image ne dit rien ! Et... comme pour ce qui concerne les enfants autistes, raison de plus pour que tout le monde lui fasse dire je ne sais quoi... I’image aussi a bon dos...

UN MONDE SANS INTENTION. Tout le monde s’efforce d’atténuer le hasard. Plus ça va plus la civilisation nous protège, par les institutions multiples, du hasard... et si jamais dans un film pouvait s’entrevoir le hasard ? Il faudrait « désintentionnaliser », ôter l’intention... il peut y avoir de l’attrait pour des gens, des histoires, des situations, tout ce qu’on veut à condition que ce ne soit qu’un attrait et, pour peu qu’on soit un peu doué pour l’image (pour qui il serait resté quelques séquelles de l’autre monde), embarquer sur un thème qui sera riche en images... percevoir les coïncidences, avoir l’esprit libre, débarrassé de tout projet, et de la moindre conviction...

LE CINÉMA C’EST ÇA, C’EST CE QUI NE SE VOIT PAS. Ce Gamin là, c’est un documentaire ou une fiction ? C’est un documentaire pur jus. Et pour cause : vous ne pouvez pas faire faire autre chose à Janmari que ce qu’il effectue chaque jour. On peut pas faire plus documentaire. Eh bien ça fait fiction parce que les gens n’ont jamais vécu un truc pareil. Il n’y a ni documentaire, ni fiction, il y a du coutumier, ce coutumier étant assez réel pour surprendre... l’ultra coutumier surprend : c’est à dire la surprise peut venir de ce qui ne se voit pas. Un geste pour prendre un bout de pain peut surprendre si vous arrivez à « filmer » ce qui dans le geste ne se voit pas, et se met de telle manière que le se s’aperçoive de ce qu’il n’aurait pas vu.

Pourquoi c’est du cinéma ? Parce que ça ne se voit pas... je veux dire : c’est très courant, cela arrive tout le temps entre les gens, donc ils le perçoivent tacitement, mais ça n’a pas d’expression verbale, ou alors ça n’en finirait pas.

C’est ça le cinéma : c’est de venir en aide à tous ces couillons qui croient voir, alors qu’ils voient que dalle, ils ne voient rien... la tâche du cinéma est là, l’urgence du cinéma c’est ça : réanimer ce qui est engourdi, abruti, gâché, surnourri chez ceux là.

LES DIALOGUES DU CINÉMA MUET. Il y a eu le cinéma muet, et puis le cinéma s’est mis à parler. Les images ont commencé à être ravagées par le langage : puisque ça parle, on écoute ce que ça dit. Avant ça ne « disait » rien et du coup les cinéastes étaient contraints de s’en tenir à des choses plus sobres, plus claires.

Ce qui est saisissant, dans l’époque où nous sommes, c’est que l’homme de théâtre qui ressort... ne dit rien : Samuel Beckett, ça ne dit rien du tout et c’est remarquable. Ce qui est étonnant, c’est que ça marque l’époque à ce point... Samuel Beckett est le meilleur d’une époque vouée au langage, c’est merveilleux ça...

... si au cinéma le dialogue était du Beckett...

LE BOULOT DU PRENEUR D’IMAGES. Filmer, c’est un mot qui a pris comme ça... ça m’a toujours géné... je sais bien qu’il s’agit d’un film, mais comment se fait il que c’est le matériau qui est devenu le verbe ? C’est vraiment faire un infinitif qui ne correspond pas, il ne faut pas gâcher les infinitifs... est ce qu’on dit d’une poule qu’elle à « œufé » ? Il faut faire attention que les mots ne deviennent pas malades...

D’habitude, ce qui peut devenir verbe c’est l’outil : marteau, marteler... caméra, camérer... L’éthique, c’est encore un mot nébuleuse... comme image, comme asile. C’est un mot dont je ne me suis jamais servi, sauf depuis que j’ai lu Wittgenstein. D’après lui, l’éthique c’est « l’élan qui nous pousse à aller donner de la tête contre les bornes du langage »... ben c’est exactement le boulot du preneur d’images, son boulot essentiel... c’est d’être imprégné de cette idée qu’il s’agit de dépasser les bornes du langage et de ne pas être asservi à je ne sais quel système symbolique. C’est ça l’éthique.

... les Cahiers du cinéma... des articles de Bazin... je trouve au hasard une citation de Malraux : « le moyen de lier l’homme au monde par un autre moyen que le langage ». Le cinéma pour Malraux c’est ça. Et là encore ça m’a beaucoup rassuré... avec mes histoires d’images je ne suis pas si machin que ça, je ne suis pas tout seul...

Il y a, à mon sens, une tradition qui s’est interrompue par la vogue de la psychanalyse et autres modes de pensée pour lesquels le langage est... tout...

... Et quoi qu’ils disent, le temps de l’image ce n’est pas le nôtre... 

Propos recueillis par Serge Le Péron et Renaud Victor Texte paru dans les Cahiers du cinéma n°428 (Février 90)
 
 
 
ou le contraire.

12
avr

Cabinets Of Curiosities (Vive Charlotte!)

I love Belgium reprend les choses qui font qu'on reste encore en Belgique... et voilà que grâce à ce site, je découvre l'ouverture à Bruxelles d'un cabinet des curiosités ouvert par Charlotte Pasternak, dont j'admire le boulot et l'allure... faites passer!

 

ILOVEBELGIUM - CABINET OF CURIOSITIES

A cabinet of curiosities is an encyclopedic collection in Renaissance Europe of types of objects whose categorial boundaries were yet to be defined. Modern terminology would categorize the objects included as belonging to natural history, geology, ethnography, archaeology, religious or historical relics, art works and antiquities.

Belgium itself is like a cabinet of curiosities. Three languages, three cultures, a gazillion different customs and traditions makes our little country a surreal melting pot. But it’s also what creates a richness. In every little village you can discover something new, taste a local specialty or even see a specific kind of architecture.

We still have a taste for actual cabinets of curiosities since Belgians are known to be collectors. Throughout Belgium you can find mysterious little shops selling art, objects and other knick knacks. Old or new, if it’s collectable, you’ll find it there. If you would  happen to be in the neighbourhood, check out these gems and awake your inner collector.

 

Steen & Been

‘Stone & Bone’ that’s what ‘Steen & Been’ means. And it’s also exactly what this shop in Antwerp sells. Beautiful skeletons, crystals and other precious stones, shells, fossils, antlers, butterflies. If you’re looking for an original gift, you want an eye catcher in a minimalist interior or you want to create your own cabinet of curiosities, you’ll get lost in Steen & Been, even if it’s such a small and cosy shop

Volksstraat 59, 2000 Antwerp

 

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Steen & Been
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Steen & Been – picture by Johannes Vande Voorde
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La Meute

La Meute is a new curisosity shop that opened in the Chatelain area. Owner is photographer Charlotte Pasternak. When you enter the shop you immediately see that Charlotte transferred the aesthetics of her photography into the selection in her shop. She shells old and new curiosities: stuffed animals, sea shells, books on natural history but also a great selection of (sometimes) creepy jewelry and china. Everything on displays looks like it’s a work of art. Charlotte has an eye for detail and isn’t it there where god is?

rue du Page 92, 1050 Brussels

 

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La Meute

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La Meute

ILOVEBELGIUM

ILOVEBELGIUM

Stop Over by Roa

Faithful readers of I Love Belgium know we love Belgian street artist ROA. We’ve posted a lot pictures of his poetic urban murals on our Facebook page. The natural evolution (and celebration) of good street artists is of course a solo show in a renowned gallery. And that’s what happened to ROA. As an avid collector himself he recycled all kinds of different stuff he collected from flee markets in Belgium and all over the world. He created a spectacular cabinet of curiosities and called it Stop Over in the Bodson-Emelinckx gallery in Brussels. The show will be over the 22 of March but nothing can stop you to enjoy his art in the streets because after all, that’s where it’s still for free.

ILOVEBELGIUM

ROA ILOVEBELGIUM CABINET OF CURIOSITIES

ROA – Big Sur Seal #1  - Enamel on Mixed Media, 2013

ILOVEBELGIUM

ROA ILOVEBELGIUM CABINET OF CURIOSITIES

ROA – Puerto Rico Iguana - Enamel on Mixed Media, 2013

ILOVEBELGIUM

© I Love Belgium

15:20 12/04/2013 | Lien permanent | Tags : place net, society, ego trip-e |  Facebook

11
jan

La grande Ourse

"Nous sommes maintenant assis dans la cuisine à la table carrée. Je suis dos à la fenêtre, elle me fait face, son visage est parfaitement éclairé par la lumière du dehors, elle resplendit, je pense : Elle est stellaire. 

after Deakin, 1953 (Joy Parker) - Frank Egloff.jpg

Puis, par référence au nom que les psychiatres donnent aux patients comme elle, bipolaires, je rectifie aussitôt : Elle est polaire. Oui, elle est perchée sur une des deux extrémités du monde." 

Marc Pautrel, Polaire, Coll. "L'Infini", Paris, Gallimard, 2013, p. 82. (merci Jean-Michel D. - art : after Deakin, 1953 (Joy Parker) - Frank Egloff)

08:14 11/01/2013 | Lien permanent | Tags : humoeurs, ego trip-e, lis tes ratures |  Facebook

16
nov

re- mind-er

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Milady Renoir est un personnage grandeur nature d'une auto-fiction réaliste invisible.
Merci.

20:30 16/11/2012 | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

29
oct

Me (and my hair) by Yun

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Yun dessine, parle, écrit, se tait et regarde. Là, elle m'a eue en plein vent.

16:07 29/10/2012 | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

8
jui

Monstre expose un peu de Milady Renoir (et d'autres gens tout à fait adéquats)

En cours // Current

"Monstre s'affiche. Les partitions visuelles"

Jusqu'au samedi 21 juillet // Until July 21st

Commissaires: Cyril Thomas & Gilles Beaujard.

Exposition collective // Group show
Artistes: Pierre Andreotti, Michel Bayetto, Sylvie Blocher, Béatrice Cussol, Nicolas Dhervillers, Clarisse Hahn, Christophe Huysman, Romain Pellas et Agnès Thurnauer
Auteurs: Wendy Delorme, Laurent Herrou, Nicolas Jalageas, Frédéric Junqua, Emma Reel, Milady Renoir & Mathieu Riboulet.

A venir // Upcoming

21 x 29,7

13 septembre au 3 novembre 2012 // September 13th-November 3rd

Commissaires invités: Jean-Jacques Lebel & Nabila Mokrani.

VERNISSAGE 13 SEPTEMBRE de 17H à 21H // OPENING SEPTEMBER 13th, from 5 pm to 9 pm
 
Exposition collective // Group show
Camilla Adami, Jérôme Allavena, Joël Andrianomearisoa, Sandra Aubry & Sébastien Bourg, Oliver Beer, Rana Begum, Julien Blaine, Mathieu Bonardet, Elvire Bonduelle, Mohamed Bourouissa, Mathieu Briand, Les frères Chapuisat, Charles Dreyfus, Ludovic Duchâteau, Mel Edwards, Errò, Esther Ferrer, Alain Fleischer, Aya Haidar, Cyril Hatt, Lily Hibberd, Joël Hubaut, Bernard Heidsieck, Françoise Janicot, Tom Johnson, Rachel Laurent, Arnaud Labelle-Rojoux, Jean-Jacques Lebel, Frédéric Léglise, Gherasim Luca, François Mazabraud, Michèle Métail, Frédéric Pardo, Nathaniael Rackowe, Rero, Louis Roquin, Daniel Pommereulle, Soraya Rhofir, Sophie Riestelhueber, Benjamin Sabatier, Danielle Schirman, Boris Segan, Raphaël Tachdjian, Stéphane Thidet, Achraf Touloub.

News artists

  • Sandra Aubry & Sébastien Bourg
x,y,z & t 
Du 23 juin au 28 juillet 2012, Galerie Anne Barrault
Exposition collective
Commissaire : Romain Salomon
+ infos

Intramuros
30 mai - 21 juillet 2012, La Graineterie
Exposition collective dans le cadre de "Balades en Yvelines"
La Graineterie,  Pôle culturel municipal, Houilles
+ infos

1% artistique à Montargis
juillet 2012, Implantation de la sculpture "connexionS" 
1% artistique, lycée En Forêt, Montargis
Commande du Conseil Régional Centre

  •  Petra Köhle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin
Making History

Du 20 avril au 8 juillet 2012 Museum für moderne Kunst, Frankfurt
Exposition collective
Commissaires d’exposition: Anne-Marie Beckmann, Dr. Holger Kube Ventura, Lilian Engelmann,Celina Lunsford, Alexandra Lechner, Peter Gorschlüter 
+ infos

Module - Palais de Tokyo
Du 15 juin au 3 septembre 2012
 Palais de Tokyo, Paris // Modules - Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent Sous-face Trente-sept.
Solo show
Commissaire d’exposition Hélène Meisel (residence Pavillon Neuflize-OBC, 2011-2012) / Commissaire associée : Daria de Beauvais

+ infos

In Growing up Amid the Historical Mysteries of Proximity: Pros & Cons of Being Neighbours
Du 16 juin au 21 juillet 2012 
International Test Site-Z1, Ritopek, Belgrade, Serbia 
Exposition collective
Commissaires d’exposition: Isin Onol & Dimitrina Sevova

+ infos 

Sinopale 4 / Wisdom of Shadow: Art in the Era of Corrupted Information

Du 28 août au 12 septembre 2012
, Sinopale, Turquie
Commissaires d’exposition: Aslı Çetinkaya, Elke Falat, Işın Önol, Dimitrina Sevova 
+ infos

  • Lily Hibberd
Anti-panopticon: an ur-history of punitive confinement 
Du 15 juillet au 17 août 2012, Musée du rêve de Freud, Saint Pétersbourg 
+ infos

BOOKS UNFOLDED VOL.2
Vernissage 14 juillet 2012, STUDIO VISITS, Berlin
Commissaire d'exposition: STUDIO_VISITS 
 

  • François Mazabraud
Resident "Light up Zone Project" en Corée du Sud (South Korea)
Group Exhibition in Cheorwon County, South Korea, 27/07 - 16/09


La galerie de Roussan vous souhaite de bonnes vacances!
Have wonderful holidays!
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15:47 08/07/2012 | Lien permanent | Tags : arts, ego trip-e |  Facebook

30
aoû

dépots

ego trip-e

  • Casse d'un Canon G11 acheté il y a trois mois (garantie obsolète pour cause de chute): DONE!
  • MP3 Zen incapable de se rallumer: DONE!
  • Petit PC Portable ACER à l'écran piétiné, écrasé par un ogre blond de 3 ans: DONE!
  • Voiture familiale prêtée pour les vacances griffée à deux endroits lors de créneaux entre des roches: DONE!
  • Seconde mobylette volée en 3 mois: DONE!
  • Petites Maladies inconfortables accumulées: DONE!
  • Changement de direction peu souhaité dans mon boulot: DONE!
  • Perte de la clé de la cave qui contient toutes les choses utiles à un week-end entre amis et à une brocante prochaine: DONE!
  • Enfant malade à deux jours de sa rentrée en 1ère maternelle et divers RDV reportés: DONE!

...

Allez, un peu de culture:

SCHLEMIEHL ET SCHLAMASSEL


Tout le monde n’ pas de chance, et la chance ne sourit pas toujours. Il arrive même qu’on rencontre son contraire : SCHLEMASSEL (Schlimm Mazal) = "Malchance", "catastrophe".
(schlemassel ou schlamassel : mot composé, avec déformation, de l’allemand schlimm = mauvais, et de l’hébreu mazal = étoile, constellation, chance.)

Il existe aussi des personnes qui semblent attirer la malchance : sans que l’étymologie de ce terme soit certaine, on les qualifie de "Schlemiehl".

Certains attribuent l’origine de "Schlemiehl" à un personnage biblique, Shloumiel, dont il est question dans Nombres 15:6-8  : n’eut été sa maladresse ou sa malchance, il aurait pu éviter la mort qui lui a été infligée (Talmud Sanhédrîn 62 b).

Pour illustrer à quel point le "Schlemiehl" manque de chance, on dit de lui - et c’est un comble ! - que :  Wenn's Bäbb Reyet, hot er ke Leffel "
"S’il pleuvait de la bouillie, il n’aurait pas de cuillère."

Contrairement au fameux proverbe : "on ne peut pas être et avoir été", on peut être "Schlemiehl: et l’avoir été toujours  : "A Schlemiehl bliebt a Schlemiehl"
"Un schlemiel reste un schlemiel." (d’après Hoenel Meiss).

J’ai connu un Juif alsacien qui affirmait qu’il détenait le pouvoir de faire en sorte qu’il ne pleuve jamais : "Il suffirait, disait-il, que j’ouvre un magasin de parapluies".

Si le "Schlemiehl" attire parfois la malchance à cause de sa maladresse, il est une autre catégorie de personnes qui semblent marquée par la malchance : c’est celle du "Schlamassel".

Sur le plan étymologique, le terme "Schlamassel" est composé d’un mot allemand (schlimm = mauvais) et d’un mot hébreu (mazel = chance)  : il n’arrive que des malheurs ou des catastrophes au pauvre "Schlamassel".

Rien ne permet de saisir la nuance entre le "Schlemiehl" et le "Schlamassel" comme cette illustration populaire  :
Si quelqu’un porte une soupière et en renverse le contenu sur l’un des convives, c’est un "Schlemiehl", mais celui sur qui la soupe tombe toujours, presque systématiquement peut incontestablement être qualifiée de "Schlamassel".

14:02 30/08/2011 | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook

Livré(s) à Domicile

22:50 - Lundi 12 Septembre
ladeux
  • Durée: 00:30
  • Genre: Magazine
La seule émission littéraire télévisuelle de Belgique francophone, Mille-feuilles, change de forme, de récurrence... et de nom. Dès ce soir, avec la même équipe, la RTBF lance un concept original, unique dans le paysage audiovisuel, afin de rendre le propos sur les livres plus actuel, en phase avec l'évolution de la télévision. Pour cela, l'équipe de « Livrés à domicile » va sortir du studio et emmener ses caméras chez les lecteurs et lectrices. Dans « Livrés à domicile », Thierry Bellefroid continuera à parler de toutes les littératures, tant avec les chroniqueurs : Michel Dufranne, Gorian Delpâture, Ysaline Parisis, Laurent Dehossay et Jacques De Decker, qu'avec les invités et les lecteurs. Pour ce premier rendez-vous : l'émission a élu domicile chez une lectrice schaerbeekoise qui reçoit Eric-Emmanuel Schmitt pour son livre « La femme au miroir ».
Livrés à domicile
  • Journaliste présentateur: Thierry Bellefroid
  • Producteur: Anne Hislaire
  • Chroniqueur: Laurent Dehossay, Michel Dufranne

 

Une lectrice Schaerbeekoise = Emmeline Dolléans (alias Milady Renoir)

11:19 30/08/2011 | Lien permanent | Tags : ego trip-e, lis tes ratures |  Facebook

21
aoû

retour de danse...

du 23 au 29 juillet, dans une salle des fêtes au parquet non flottant, dans un village dont le nom porte goûts et rossignol, dans une Dordogne vibrante ou morne, selon l'ouverture de l'obturateur, nous avons dansé.

Claude Magne est un danseur moine (ZEN) Pierre Richard homme de taille moyenne et de mains crues. Doux et maladroit, juste et infini. C'est lui qui DONNAIT le stage.

Il a donne (de) l'air. Nous avons respiré.
Nous? un groupe de trop de gens à mon petit goût mais chacun était de trop donc nous étions tous là pour une bonne raison. De totue façon, on se fait à la foule tant qu'elle ne nous écrase pas les genoux.

Cinq jours de roulades, de chamboulements, de tentaculaires approches de soi, de confrontation à l'autre comme passerelle ou comme obstacle.
J'ai été l'observatrice, je crois, celle qui aime le groupe de loin, le conçoit mais ne l'avale pas. (trop de gens vus, sentis, attendus cet été). Je suis restée à côté mais ne suis sortie que pour pisser dans le pré, pas pour m'extirper du monde. J'ai donc été dans ce groupe, emplie d'une unité volontaire et agréable.

Il a fallu que je regarde pour voir. J'ai cependant senti les choses simples monter et descendre dans le corps pendant la semaine. J'ai aimé comprendre que ça vient (présent de généralité) de dedans, vous savez, le geste. Et que parfois, s'il émerge, ce n'est pas de toute notre responsabilité, de toute notre volonté.

Par exemple. D'abord, m'assoir. Prendre les deux jambes à mon cul, tenter de comprendre la chute volontaire.
Lever les bras, ne pas les lever pour dire je suis grande mais bien pour atteindre un point d'ancrage invisible. Former une puissante cloche exponentielle autour de soi et dire: j'y suis. (ou mieux, j'y vais).

Bien sûr, il n'y a pas que le collectif que j'ai observé de "loin", j'ai aussi rejeté la danse, celle qui se voit, celle qui se procure en chorégraphie, en organisation (remake de Fame, Flashdance... le geste qui lance le corps en l'air sur un air de Priesner. cliché), en gestes suivis, au suivant, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, ...9. Du tout cuit (apparemment).

Suivre, être derrière, faire comme, à la manière de... parce que quand le geste est dit, il vient plus vite. Oui mais moi, en manque d'être seule, en manque d'être loin, c'était un peu trop. J'ai regardé, l'ironie sous l'aisselle mais les yeux dans ma vision. (égoïste de mes élans, peureuse d'être à l'aise dans un schéma, trouillarde de danser comme les autres, aussi, de réussir, quelque part à être parmi/avec/comme...).
On apprend de son ridicule, parfois, juste après de souffrir.

Ce que je retiens, là, après un peu de vide et de trop plein (familles, patrie...), c'est une conscience du geste quotidien, un état de danse pour les phalanges, les genoux et le périné.

S'étirer dans le lit est danse.
Prendre mon enfaon par la main est danse.
Embrasser un autre que soi est danse.
Enfiler une robe est danse.
Marcher sous le soleil est danse.
Croire en son pas est danse.
Danser "mal" est danse.

Cette liste... Une évidence pour ceux qui dansent, un détail pour les élégants, les talentueux, les instinctifs... un labeur paysan, un travail à la chaîne en usine des corons pour moi.
Une sculpture de l'âme... sans évoquer le corps, mon pauvre corps, que je lamine, auquel j'assène tant de coûteuses infamies.

De quand date les doutes du bien fait? Je me rappelle le martinet, la gifle et la honte, ils n'étaient pas danse mais vipères au poing. Mais ils étaient des gestes et quand je danse parfois, je me lève comme l'aspic et fonce sur la vitre de la voiture qui m'emporte chez le pharmacien, me retirer ma sève... souvenirs d'enfance et répercutions répétitives, comme un passage à vide à fond de Terry Riley.

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Claude n'a pas été un maître pour moi, mais un guide encourageant, chercheur et attentif. Les autres du groupe ont alterné de fragilités en puissances, d'aboiements en soupirs, de rires en fusions.
Je suis sortie avec l'onde qui provoque les résolutions. Depuis, l'oscilographe perdure, un peu, en soutien face aux retours malhabiles à une forme de réalité.

Je regrette cependant (ici, je parle en tant qu'animatrice de groupe) qu'il faille "toujours" terminer sur une apogée de l'intime, une apothéose du parcours. Une transe obligatoire après un cheminement et une fatigue ne conclue pas nécessairement pour moi. Le dernier exercice a eu trop l'allure du dernier exercice. Du coup, les pleurs fondent sur le bois, l'émotion à son comble, les mots et les yeux troubleraient même un corps de pierre.
Oui, j'aime qu'on m'accompagne dans la possible descente de l'après "tout ce qui a été vécu" mais pas dans la largeur, plutôt le rétrécissement, (quitte à me faire faire des gammes ou du Qi Qong
氣功 pour me calmer l'âme, bref, qu'on ne monte pas la sauce juste à la fin, ça me rappelle B-/H-ollywood....

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Voilà, la danse entrée dans mon corps riche de nature morte, la danse comme outil de propagation de ma pensée, la danse comme évitement du psychique omnipotent, la danse comme vertèbre sensuelle, la danse comme parade sexuelle, la danse comme nombre premier.

Mais encore, une flagellation de dernière minute:
J'ai encore bien trop peur de danser depuis que je m'use en trops de corps et peu de sens... (suis corporelle pas physique, voici la conclusion en dernier mot entre Claude Et moi sur le parking)... Pourtant, je sens la verve de la chimie se taire dans le thorax avant que la main ne la frotte, cette rage de danser n'émerge qu'en cas d'extrême urgence.
Je devrais danser. Je devrais danser seule ou accompagnée, en fond et improvisé mais je...
C'est ailleurs, avec d'autres, avec un moi ultérieur que je sens la danse aux premiers temps de la valse.
Je ne trouve pas ici la base d'un travail à effectuer, et ceci ne concerne pas que la danse mais la sacrifier me ronge. (procrastination/paresse/peur/manque... et autres épines sempiternelles).

J'ai depuis fait de nombreux rêves de danse, d'allégresse, de transport aérien, d'enthousiastes sauts à travers l'eau, le feu et l'autre. Des élans fétiches, des rages décomposées, des libertés d'herbes fraîchement coupées, d'herbes d'eau claire. Ces rêves viennent du début de ma sensation, celle de faire comme je veux.

Je dois trouver d'autres lieux pour apprendre à apprendre. L'acquis est une quenouille. Le doute, son venin. Je cherche le fil tissé.

DSC05512.JPG

(photo prise par un apprenti voyeur, ceci n'est pas un gibet mais un filet de secours)


22:55 21/08/2011 | Lien permanent | Tags : ego trip-e, arts |  Facebook

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jui

ABC...

http://www.ufunk.net/artistes/eco-arte-alphabet-et-mur%C3%A8nes-par-george-chichinadze/

 

Alphabet-and-Eels-02 R.jpgAlphabet-and-Eels-11 M.jpg

12:22 11/07/2011 | Lien permanent | Tags : ego trip-e |  Facebook