8
avr

Lettre à un chercheur de Dominique Massaut

Lettre à un chercheur

 

Après un courrier de l’Office National de l’Emploi,
LETTRE A UN CHERCHEUR

Tu as cherché de l’air, et tu as trouvé de l’air, un très grand cri dès la première bouffée. Tu as cherché la peau douce d’un sein, et son lait, et tu l’as trouvé, à coup très sûr. Tu as cherché pendant de longues années à comprendre mille et une étrangetés qui s’allumaient à portée de tes sens. Tu as cherché à te faire accepter par le monde autour de toi. Et le monde autour de toi était en expansion constante. Le champ de la recherche était vaste. Et sa population dense. Tu as vite compris que, si tu voulais te faire aimer du monde, il fallait que tu ne blesses pas le monde, et qu’il t’était utile de te rendre utile au monde. Alors tu t’es appliqué. Bien avant la fin de ton parcours scolaire, tu essayais de comprendre le vivant. Tout ce que tu en percevais, tout ce que tu en lisais, tu décidais d’en faire relecture en t’imaginant dans la tête d’un autre. Chaque fois que tu croisais un quelqu’un, une quelqu’une hurlant de douleur, tu cherchais à dessiner dans ton propre corps la réplication de cette douleur, et tu t’immobilisais un long moment pour être sûr d’avoir été au plus proche, au plus sincèrement proche. Et tu suivais le même chemin quand tu rencontrais les cris du plaisir ou de la joie, ou même un regard discret où quelque chose invitait à l’écoute. Tu as très souvent ralenti ton pas. Pour ne passer distraitement à côté de rien. Durant de longues décennies, tu as écouté bien plus que tu n’as parlé. Tu as essayé d’entendre les bruits du monde, ceux des langues proches et lointaines, ceux des gens qui pensent avec des dieux, ceux qui pensent avec des machines, ceux qui pensent avec la testostérone, ceux qui pensent avec les livres et ceux qui pensent avec les odeurs. Le bruit des peuples guerriers. Le bruit des peuples aux mâles mijaurées. Celui des peuples aux rôles confus. Tu accueillais sous ton crâne des milliards de petits points d’interrogations, et les pensées qu’ils faisaient fleurir n’étaient pas celles de l’ordre propre d’une plate-bande de ville, mais des pensées sauvages, semées et ressemées hirsutes au hasard des tourbillons. Tu as cherché, tous azimuts, et sans calcul dans le cou. Tu regardais le monde, et tu t’es dit qu’il manquait grossièrement de confiance dans la richesse de sa diversité. La peur dont il affublait le foisonnement de ses singletons et de ses ensembles le conduisait au petit génocide hebdomadaire, rassurant comme un coup de javel de printemps. Car, oui, le monde élaguait, facettait, façonnait les faims et les soifs de sa population, et enseignait avec génie le bêlement. Et cette peur qu’il cultivait si bien était entrée dans chaque tête allant sa vie. Toi, c’est l’efficacité de la peur qui t’a fait peur. Et ton corps s’est comme figé d’azote liquide quand tu as vu comment le monde apaisait cette inquiétude, que par ailleurs il continuait de nourrir. Tu le voyais gaver ses ouailles jusqu’au foie mort, l’inondant d’une marée de victuailles frelatées, de montagnes de verroteries, de troupeaux de sexes virtuels professionnels, de starlettes dopées ou de bibelots électroniques. L’effroi. Mais un moteur fulgurant pour ta recherche. Tu as continué à chercher. A écouter les travailleurs pétris d’angoisse dans les nouveaux packs de management. A écouter leurs arrêts affolés de travail ou leurs suicides. A écouter la parole vide des collégiens errants dans le ventre des centres commerciaux. A écouter ceux à qui on refuse les droits, la protection, les soins de santé sur notre sol parce qu’ils ne sont pas nés sur notre sol, et parce qu’ils n’ont pas de portefeuille obèse à vider sur notre sol. Tu as écouté des vieux perdus devant la multiplication des touches sur les appareils, les changements semestriels des fonctions de ces touches, et la bouche bée de ces vieux devant le changement de la matière même des interlocuteurs au téléphone.
Tu as cherché à voir. Et tu as vu. Des commerçants trafiquer les étiquettes ou les balances, cacher, frelater, voler, privatiser pour mieux encore trafiquer les étiquettes ou les balances, cacher, frelater, voler, et reprivatiser encore. Des actionnaires pousser à la gestion folle. Des propagandistes sournois démanteler l’idée du bien commun. Des chefs démocrates mettre leurs rivaux sur écoute. Des chefs démocrates empoisonner leurs opposants. Des chefs démocrates trafiquer les urnes. Des chefs démocrates accidenter des journalistes. Des candidats démocrates enfouir les questions sous des couches de shows. Des usines télévisuelles censurer la parole brute par leurs castings. Ou des marchants de rêves anesthésier le rêve, ou le réduire sur les bandes étroites de la pécune. Tu n’as pas voulu faire de même. Tu n’as pas voulu occuper, ni même chercher à occuper, un emploi qui fabrique des armes ou porte des valises au Luxembourg. Un emploi qui fabrique des graines stériles, minéralise des terres arables et suicide par étouffement des milliers de paysans. Un emploi qui tue la girouette des abeilles. Un emploi qui rend folles les vaches, file la peste aux cochons, la grippe aux volailles. Un emploi dans la construction d’une centrale nucléaire narguant les houles de l’océan et celles du ventre profond de la Terre. Un emploi qui blanchit le commerce des poisons. Un emploi dans un bureau qui soudoie quelques dizaines de dictateurs. Un emploi dans un centre de recherche du mensonge, payé par un cigarettier ou un exploitant de gaz de schiste. Un emploi dans une association sans but lucratif avec but lucratif.
Tu as cherché à accompagner plutôt qu’à gruger, humilier, escroquer. Tu as cherché à être avec. Tu as cherché en amitié avec les gens. Patiemment. Croyant que c’était là travailler en intelligence. Croyant que le bien était là. Et croyant qu’en faisant le bien dans le monde autour de toi, le monde autour de toi souhaiterait que tu vives. Hier, tu as reçu une autre « lettre à un chercheur ». Une lettre de l’Office National de l’EMploi. L’office tenait à t’informer que tu étais, depuis trop longtemps sans trouver, à la recherche d’un emploi, et que, en conséquence, tes allocations ne te seraient plus allouées d’ici quelques mois.
Tu as compris beaucoup de choses. Mais cela, tu ne l’avais pas compris : pour que le monde t’accorde de quoi te maintenir en vie décente, il faut intégrer un emploi, ou, à l’exclusion de toute autre activité, chercher à intégrer un emploi, y réserver tout ton temps, toute ta concentration, tous tes coudes.
Tu n’as pas compris, ou voulu comprendre, qu’aux yeux du monde qui alloue, un emploi de fabricant de Kalachnikov était plus noble qu’une attention journalière au monde qui t’entoure ou une errance autodidacte de chercheur poète, acteur de ci de là, donnant au passage un coup de main plutôt qu’un croche-pied ou un coup de grâce. Tu fus un chercheur naïf. Tu abandonneras donc sans doute toutes tes recherches sauf celle du premier emploi vacant, suivant ce qu’il t’est demandé.
Dès lors, les menaces disparaîtront. Tu seras un employé. Quelque chose à qui il est demandé de ne plus rien chercher.

13:23 08/04/2013 | Lien permanent | Tags : act-u, poly-tiques |  Facebook

The Insurrection Tour & Troupe Poétique Nomade en Gaume

afficheMiladyMuno 20 04 13.jpg

 

Une tournée poétique et insurrectionnelle propulsée par maelstrÖm reEvolution & l'Arbre à Paroles à partir du nouveau livre de Lawrence Ferlinghetti.
Invitation lancée par Les Grands Lunaires dans le cadre des ateliers et des soirées d'ivresses http://ivresses.ivresses.overblog.
avec
Sandrine Emmery
Milady Renoir
Benjamin Pottel
David Giannoni

Lectures, Musiques, Espaces de Chocs, Choix et Libertés, Scène Ouverte à qui lit, écrit, dit, veut.

Entrée Gratuite
Bar sur Place

Résa & Info: 0476 65 52 65 ou les.grands.lunaires@skynet.be

%&%&%&%&%&%

Enfin en français! le "petit livre rouge" du grand poète de San Francisco

Je te fais signe à travers les flammes.
Le Pôle Nord a changé de place.
La Destinée Manifeste n’est plus manifeste.
La civilisation s’autodétruit.
Némésis frappe à la porte.
À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
À quoi sert la poésie ?
L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.
Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...

Recueil inédit en français… qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA!
A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d’une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d’un grand renouveau… C’est ainsi qu’il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d’art poétique et d’art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération – définition/
anti-définition de la poésie…

29
déc

Participation au Journal 27 de Culture & Démocratie

Si j'avais le pouvoir, je commencerais par redonner leur sens aux mots.
Confucius

À la veille des fêtes de fin d’année, Culture & Démocratie présente son Journal 27 ! Ce nouveau numéro a pris la forme d’un glossaire alternatif. Au total, dix-sept auteurs ont quitté les sentiers battus pour écrire à leur manière (parfois un peu décalée, parfois plus incisive, mais toujours en adéquation avec l’actualité) sur un terme de leur choix. De l'autonomie à la théorie,en passant par la créativité ou encore la modernisation, les mots sont mis à nus, questionnés et présentés sous un nouvel angle.

Des œuvres d’Olivier Sonck illustrent l’ensemble.


En guise d’addendum, un texte de Roland de Bodt autour du mot incivilité.Déjà auteur d’un article pour ce Journal, il livre ici une réflexion sur le projet de loi pour lutter contre les incivilités.

 

Images intégrées 5

 

Ont collaboré à ce numéro
Jean-François Bastin, Sébastien Biset, Christelle Brüll, Roland de Bodt, Jean Delval, Baptiste De Reymaeker,
Sabine de Ville, Laurent d’Ursel, Hugues Esteveny, Abraham Franssen, Nicole Gesché, Paul Gonze, Marc Guiot, Guillermo Kozlowski, Jacques Lennep, Guillaume Losseau, Nimutella Parlaku, Jérémie Piolat, David Puaud, Milady Renoir, Joël Roucloux, Olivier Sonck, Catherine Vanandruel, Georges Vercheval.

12:03 29/12/2012 | Lien permanent | Tags : act-u, poly-tiques |  Facebook

2
mai

CriseBox à commander avant le débat de ce soir...

Face à la crise, les cadeaux futiles deviennent utiles. Bien loin du week-end gastronomique dans le sud-ouest ou du massage relaxant dans une ambiance chic et feutrée, les ©Crisebox sont des coffrets cadeaux qui donnent un petit coup de pouce au quotidien difficile des Français les plus modestes. ©Golem13.fr

Un fake de ©Golem13.fr

18:08 02/05/2012 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

25
avr

Lettre à ...

Merci à Josiane pour cette lettre de ... à ... Peu importe. Le ton est grandiloquent mais l'intention sent juste.

 

 

 

DE PHILIPPE TORRETON A JEAN FERRAT

 

Jean,

 

J'aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J'aurais aimé

 

que ta voix chaude ne serve maintenant qu'à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j'étais à Entraigues il n'y a pas si longtemps et je n'ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c'est sacré ! Pardon te t'emmerder, mais l'heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d'idées, je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n'as que les titres d'une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l'heure est grave!

 

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s'abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s'immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l'on traque comme d'autres en d'autres temps que tu as chantés, celle qu'on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n'est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l'on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l'essentiel...

 

Jean, rechante quelque chose je t'en prie, toi, qui en voulais à D'Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu'un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s'est vendu à la Première dame de France. Ecris-nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !

 

Jean, l'Huma ne se vend plus aux bouches des métro, c'est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l'info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l'aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l'Elysée pour avoir l'honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...

 

Jean, l'Allemagne n'est plus qu'à un euro de l'heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l'haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".

 

Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l'homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n'est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.

 

Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l'industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s'endetter il s'endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite... Finies les jacqueries!

 

Jean, la Commune n'en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe.

 

Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade... Ici on massacre l'Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l'excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...

 

Jean, je te quitte, pardon de t'avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j'aime cette France, je l'aime ruisselante de rage et de fatigue, j'aime sa voix rauque de trop de luttes, je l'aime intransigeante, exigeante, je l'aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d'elle même pour le plus pauvre qu'elle, quand elle s'appelle en 54 par temps d'hiver, ou en 40 à l'approche de l'été. Je l'aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu'à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...

 

Jean, je voudrais tellement t'annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai... Je t'embrasse.

 

Philippe Torreton

 

13:25 25/04/2012 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

28
déc

Nagasaki, August 9th 1945 (from jose ángel gonzález)

nagasaki.jpgNagasaki, August 9th 1945

Interestingly enough, when Hiroshima was atom-bombed, the Tokyo government radio told the people that a “new type of bomb” had been used. The real horrors in Hiroshima were unknown to the wider populace; since the city was utterly destroyed and communications were hard, even the imperial government was not totally of what happened there. Two days would pass before the government met to discuss the new developments. In the wider world, the situation was quickly changing too; the Soviet Union’s declaration on war on Japan threw a wrench into both American and Japanese strategies.

On the American side, the decisions to use two nuclear bombs — to show than American has more than enough supply of such weapons — had been agreed upon since April 1945.  Only the potential targets were debated upon, so that the U.S. could ban conventional attacks on those cities — in part so it would be easier to measure the destruction from the atomic bomb. The top choice was the emperor’s place in Kyoto, but the decision was vetoed by Secretary of War Henry L. Stimson, who spent his honeymoon there and enjoyed the city. (Another thing Stimson considered was that if the emperor were to perish, it would have hardened the Japanese resolve and precluded a surrender.) Top targets became Hiroshima and Kokura. However, August 9th 1945 was a particularly cloudy day in Kokura. The bombing carrying the bomb gave up on Kokura and went on to its secondary target,  Nagasaki.

The Japanese Supreme Council received the news that Nagasaki had been destroyed while they were just debating the terms of surrender. Now,  surrender was not only inevitable, but also the only route for survival. On August 15th,the Emperor’s surrender speech was broadcast over the radio — this was the first time an Emperor of Japan had deigned to speak through a radio.

On the day after the Nagaski Bombing,a military photographer  Yosuke Yamahata took over a hundred photographs of the devastated city. His photographs, taken in an interval of twelve hours in the  afternoon of August 10th, were the most extensive record of  the atomic bombings. In between Japan’s surrender and arrival of the American Occupation Forces, these photos were widely circulated; for instance, the 21 August issue of Mainichi Shinbun printed them. The Western audience would, however, have to wait further seven years before the censorship was lifted and they appeared in the 29 September 1952 issue of Life, together with Yoshito Matsushige’s photos of Hiroshima.  The same year they also appeared in the book form.

 

nevver:

9 August 1945, Leaflet Dropped on Nagasaki

The B-29 superfortress Enola Gay lands at its Tinian base after its atomic bombing mission over Hiroshima on Aug. 6, 1945. (AP Photo)

This is a photograph released by the U.S. government in 1960 that shows the Little Boy atom bomb, the type detonated over Hiroshima on Aug. 6, 1945. The bomb was 29 inches in diameter, 126 inches long and weighed 9,700 pounds with a yield equivalent to 20,000 tons of TNT explosive. (AP Photo)

In this undated handout picture from the U.S. Air Force, the ground crew of the B-29 “Enola Gay” which bombed Hiroshima, Japan on Aug. 6, 1945 with the “Little Boy” nuclear bomb, stands with pilot Col. Paul W. Tibbets, center, in the Marianas Islands. It was the first use of nuclear weapons in warfare. (AP Photo/U.S. Air Force)

This picture made from the town of Yoshiura on the other side of the mountain north of Hiroshima, Japan, shows the smoke rising from the explosion of the atomic bomb at Hiroshima, Aug. 6, 1945. It was picked up from an Australian engineer at Kure, Japan. Note the radiation spots on the negative caused by the explosion of the A-bomb, almost ruining the film. (AP Photo)

Survivors of the first atomic bomb ever used in warfare are seen as they await emergency medical treatment, on August 6, 1945, in Hiroshima, Japan. The explosion instantly killed more than 60,000 people, with ten of thousands others dying later from effects of the radioactive fallout. (AP Photo)

 

19:19 28/12/2011 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

19
déc

We want you!

Durant le Première Guerre Mondiale, le gouvernement américain avait décidé d’engager l’anglais Arthur Mole et l’américain John D. Thomas pour créer des photographies de foules de soldats représentant des symboles forts des USA.



patriotic-photography7

patriotic-photography6

patriotic-photography5

patriotic-photography4

patriotic-photography3

patriotic-photography2

patriotic-photography

18:10 19/12/2011 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

11
déc

Iranian Documentary Film About a Leper Colony (The House is Black) - 1963

Documentary film made by Forough Farrokhzad.

Dave Simmons says:
"White people who romanticize other countries, other cultures and other races, have neither lived among them, nor have they ever been at their mercy and forced to live by their rules and standards of living. Western Civilization - aka white people - gave us the modern medicine that made leper colonies a thing of the past. All of the people who have ever lived without modern medicine - or any of the other things white people gave the world, e.g. scientific and technological advances - are thankful for it. None of the spoiled people who accuse whites of racism and like to shake them down with guilt trips, but who gorge their fat carcasses and marvelous physiques on three meals a day provided to them by modern agriculture that whites invented, have ever lived outside of a society that was run by white people, otherwise they would learn to be grateful.

Whites who are ungrateful for their own people's marvelous achievements, view these advances with no special appreciation, and see the advanced state of white people as evidence of their racism instead of appreciating it and seeing how wonderful it is, and saying "thank you" to their OWN PEOPLE for what they have received from them.
These are the people who will not let white people have their own thing, and who will destroy their uniqueness, and who will take from the world the milieu of an all white society that produced these marvelous improvements.
They must be resisted without fear, for the sake of preserving what is good."

house is black.jpg


Press said:

"The House is Black is an acclaimed Iranian documentary short film directed by Forough Farrokhzad.
The film is a look at life and suffering in a leper colony and focuses on the human condition and the beauty of creation. It is spliced with Farrokhzad's narration of quotes from the Old Testament, the Koran and her own poetry. It was the only film she directed before her death in 1967. During the shooting she became attached to a child of two lepers, whom she later adopted.
Although the film attracted little attention outside Iran when released, it has since been recognised as a landmark in Iranian film. Reviewer Eric Henderson described the film; "One of the prototypal essay films, The House is Black paved the way for the Iranian New Wave.

فیلم خانه سیاه‌است به کارگردانی فروغ فرخزاد و تهیه کنندگی ابراهیم گلستان در سال ۱۳۴۲ در پی دیدار از آسایشگاه جذامیان بابا داغی تبریز ساخته شد
و در همان سال در فستیوال فیلم آلمان غربی برندهٔ جایزهٔ بهترین فیلم مستند می‌شود
استفاده از جذامی‌ها به عنوان طرد شدگان جامعه که البته نمونه‌ای این طرد شدگان را در بیش تر قشرهای جامعه می‌توان دید، روزمرگی و انسان گرفتار به طور عام از "شاخص‌های مهم این فیلم است

lèpre.jpg

Musée de la Lèpre: http://www.bymuseet.no/?vis=80

 

13:20 11/12/2011 | Lien permanent | Tags : arts, lis tes ratures, poly-tiques |  Facebook

« Ayons les femmes le reste suivra »

Merci à T. pour ce passage d’un ouvrage de Frantz Fanon, L’an V de la révolution algérienne, datant de 1959, dans lequel ce dernier écrivait ce qui suit.

« Ayons les femmes le reste suivra »

Il y a chez l’Européen cristallisation d’une agressivité, mise en tension d’une violence en face de la femme algérienne. Dévoiler cette femme, c’est mettre en évidence la beauté, c’est mettre à nu son secret, briser sa résistance, la faire disponible pour l’aventure. Cacher le visage, c’est aussi dissimuler un secret, c’est faire exister un monde du mystére et du caché. Confusément, l’Européen vit à un niveau fort complexe sa relation avec la femme algérienne. Volonté de mettre cette femme à portée de soi, d’en faire un éventuel objet de possession.

Cette femme qui voit sans être vue frustre le colonisateur. Il n’y a pas réciprocité. Elle ne se livre pas, ne se donne pas, ne s’offre pas. L’Algérien a, à l’égard de la femme algérienne, une attitude dans l’ensemble claire. Il ne la voit pas. Il y a même volonté permanente de ne pas apercevoir le profil féminin, de ne pas faire attention aux femmes. Il n’y a donc pas chez l’Algérien, dans la rue ou sur une route, cette conduite de la rencontre intersexuelle que l’on décrit aux niveaux du regard, de la prestance, de la tenue musculaire, des différentes conduites troublées auxquelles nous a habitués la phénoménologie de la rencontre.

L’Européen face à l’Algérienne veut voir. Il réagit de façon agressive devant cette limitation de sa perception. Frustration et agressivité ici encore vont évoluer de façon permanente.


01 sophie jodoin.jpg

(photo par Sophie Jodoin)

9
déc

Mémé tique...

Mémétique

 

La mémétique utilise le concept de mème, pour étudier les évolutions de la culture avec une approche Darwinienne étendue. Si la génétique se base sur le concept de gène, pour étudier la nature, la mémétique se base sur le concept de mème, pour étudier la culture. On y étudie le comportement des codes et schémas informationnels appelés mèmes, dans leurs milieux physico-chimiques et socio-culturels : l'homme, l'animal, la machine (tout support mémoriel). Le mème peut se définir comme un élément d'une culture pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l'imitation1.

Elle associe les sciences de

autour de l'étude de l'évolution des phénomènes culturels dans le temps et l'espace physico-social, dans une approche culturo-centrée. En s'intéressant autant à l'aspect neuronal que mental, symbolique que pratique, elle se positionne naturellement au sein des Sciences Humaines et Sociales, même si elle n'est pas centrée sur l'humain.

Elle s'inscrit dans le mouvement du darwinisme étendu, cette tendance d'une généralisation de la théorie de l'évolution qui s'observe dans des domaines aussi variés que ceux de l'intelligence artificielle, des neurosciences, de la systémique, la psychologie, ou la sociologie. Par exemple, les chercheurs en intelligence artificielle utilisent l'algorithme génétique, pour résoudre des problèmes d'ingénierie, en modélisant l'évolution de créatures mathématiques virtuelles. En neuroscience, on considère peu à peu que l'apprentissage se base sur des mécanismes darwiniens au niveau des synapses.

 

Sommaire

 [masquer

Origine

Le mot mémétique a été formé dans les années 1980 à partir du terme mème. Les deux accents aigus rappellent l'analogie avec le mot génétique.

Le mot mème vient de l'anglais meme, introduit en 1976 par Richard Dawkins dans son livre Le gène égoïste. Il a été créé à partir de :

  • Mimesis : imitation, similitude (grec ancien) ;
  • Mimeme : chose imitée (grec ancien) ;
  • Gène : unité de base de l'information génétique qui se transmet de génération en génération ;
  • Même : identique, sans différence (adjectif français) ;
  • Memory/Mémoire : capacité de retenir, conserver et rappeler les informations.

La mémétique applique à la culture humaine les concepts et modèles issus de la théorie de l'évolution (et spécialement de la génétique des populations). Elle essaye ainsi d'expliquer de nombreux phénomènes culturels, tels que :

  • La propagation des rumeurs, des modes (sur internet, mais pas seulement) ;
  • Les phénomènes d'adhésion à des mouvements culturels, idéologiques, politiques ou religieux ;
  • Les phénomènes de sélection, tels que l'auto-censure, la charge cognitive, les décisions ;
  • Les phénomènes de variation : l'apparition de variantes culturelles, l'innovation, la création.

L'approche d'Aaron Lynch est un exemple2. Mais aussi celles d'Howard Bloom, de Susan Blackmore, ou encore de Pascal Jouxtel.

De nombreuses têtes pensantes se demandent si l'analogie entre patrimoine génétique et patrimoine culturel peut soutenir un examen approfondi, et comment elle pourrait être vérifiée. Depuis sa création en 2003, la Société francophone de mémétique favorise en langue française leur travail et leur collaboration. Une série de séminaires pluridisciplinaires permettent de consolider peu à peu cette science en devenir, à commencer par son positionnement.

La mémétique doit être clairement distinguée de la sociobiologie. En sociobiologie, les entités considérées sont des gènes et des humains ; on s'y intéresse exclusivement à la part héréditaire des comportements. La mémétique, elle, s'intéresse à la part acquise (non génétique), et manipule les concepts de mèmes et de solutions culturelles. La sociobiologie s'intéresse aux origines biologiques des comportements humains, alors que la mémétique considère l'Homme non seulement comme un produit de l'évolution biologique, mais aussi comme un environnement pour l'évolution des éléments culturels.

Récemment, la découverte des neurones miroirs est venue renforcer l'idée de la reproduction mémétique. En effet la réplication d'actions, d'émotions et d'intentions, d'une personne à une autre, pourrait être favorisée par ce type de neurones.

Quelques concepts

La dérive mémétique se définit comme le processus par lequel une idée ou mème se transforme lors de sa transmission d'une personne à l'autre. Très rares sont les mèmes montrant une inertie mémétique forte, qui est la capacité d'un mème à être transmis de la même façon et à conserver son impact, quel que soit l'émetteur ou le récepteur. La dérive mémétique augmente quand le mème est transmis en exprimant l'idée de façon gauche, tandis que l'inertie mémétique est renforcée quand elle est exprimée en rimes ou par d'autres moyens mnémotechniques utilisés par le transmetteur pour en conserver le souvenir. L'article sur la loi de Murphy présente un exemple de dérive mémétique. Les légendes urbaines et les histoires drôles constituent des types de mème à forte inertie. Le marketing viral est une tentative d'exploitation de l'inertie mémétique à des fins de promotion commerciale.

Une grande partie du vocabulaire de la mémétique est formé en ajoutant le préfixe 'mèm(e)-' à un terme existant, provenant en général de la biologie, ou en substituant 'mèm(e)' à 'gèn(e)'. Par exemple : pool mémétique, mémotype, ingénierie mémétique, complexe mémétique. En tant qu'adjectif, mémétique est parfois remplacé par mémique, avec la même relation qu'entre génétique et génique.

Les méméplexes sont des ensembles de mèmes qui, une fois associés, optimisent leurs chances de se répliquer (tout comme les gènes, lorsqu'ils sont associés dans un organisme, optimisent leurs chances d'être conservés par la sélection naturelle). Par exemple, les religions sont des méméplexes particulièrement adaptés à leur environnement, tout comme la notion de responsabilité, ou l'univers automobile.

Les cultures évoluent-elles ?

Dawkins observa que les cultures peuvent suivre une évolution similaire à celle de populations d'organismes vivants. Différents concepts peuvent passer d'une génération de créatures culturelles à l'autre et influencer, en bien ou en mal, les chances de survie de ces créatures culturelles hébergées par les humains. La mort de l'humain porteur est la plus forte contrainte, pour une créature mémétique, mais pas la seule. Par exemple, différentes cultures peuvent concevoir indépendamment des outils uniques et spécifiques, et leur efficacité peut influencer directement les chances de prospérité de leur concepteur, et procurer ainsi des avantages sur les cultures concurrentes. Les méthodes prouvées ainsi meilleures peuvent alors être adoptées par une plus grande proportion de la population. Chaque mème agit de façon similaire à un gène biologique qui peut être présent ou absent dans des populations de solutions culturelles données, la présence et la transmission génération après génération d'un mème sont directement liées à sa fonction. Le mème 'présence d'une chute' dans un contenu audiovisuel, augmentera sa capacité à distraire, et donc à se re-produire (le contenu sera conseillé, ou revu, plus que d'autres).

Une caractéristique clé d'un mème vient de son mode de propagation par imitation, comme l'a montré le sociologue français Gabriel Tarde. Le phénomène d'imitation appliqué à l'homme peut être considéré comme un comportement augmentant la capacité d'un individu à se reproduire et propager son génome. Les imitateurs auraient ainsi réussi à génétiquement accroître la capacité du cerveau à bien imiter. Dans ce sens, imiter signifie la capacité d'absorber des informations en utilisant ses sens pour ensuite les réutiliser. Cette information peut être inanimée, comme un livre, ou plus typiquement animée comme un autre humain dont le comportement va fournir des informations qui pourront être réutilisées. Les sources inanimées d'information ont été appelées systèmes de rétention. Sans le support de cerveaux suffisamment évolués pour évaluer leurs points clés de comportement et l'intérêt de les copier, les mèmes ne pourraient pas se propager. Les mèmes (ou des comportements acquis et propagés par imitation) ont été observés chez d'autres espèces que l'homme telles que les dauphins, les primates ou certains oiseaux. D'autres exemples de transmission de mèmes simples ont été aussi mis en évidence artificiellement chez les céphalopodes ou les rats. Une fois cette couche biologique installée, elle favorise une certaine indépendance du culturel sur le biologique.

Les mèmes et les gènes peuvent survivre plus longtemps que les organismes qui les transportent. Par exemple, un gène fournissant un avantage évolutif tel qu'accroître la force des dents d'une population de lions peut rester inchangé pendant des générations. De même, un mème particulièrement efficace peut se propager par copie d'un individu à l'autre longtemps après sa première apparition.

Exemples de solutions culturelles

Une solution culturelle est une réponse, souvent partielle, aux contraintes actuelles d'une situation. C'est l'expression du code mémétique dans les systèmes mentaux, sociaux et physiques. Les solutions culturelles sont les véhicules des mèmes, les "individus" de l'algorithme évolutionnaire.

  • Le jeu de Yams, solution culturelle ludique, répondant à l'ennui de plusieurs personnes.
  • Un repas, solution culturelle codée avec plusieurs mèmes : à plusieurs ou en solitaire, avec des assiettes ou pas, cuisiné par un autre ou pas, ...
  • utiliser une fourchette, solution culturelle d'usage d'un objet, codée entre autres avec le mème du nombre de dents.
  • fabriquer une fourchette, solution culturelle de fabrication.

Une fois définie la solution, le méméticien va :

  • étudier son cycle de reproduction (par imitation, enseignement, médias, bouche à oreille, récits),
  • déterminer l'importance des phénomènes de sélection qui peuvent contraindre cette reproduction (désintérêt, compétition avec d'autres solutions répondant aux mêmes contraintes, charge cognitive, contexte, ...)
  • évaluer les possibilités d'innovation par croisement ou variation, intentionnels ou non.

Exemple de mèmes

Quelques mèmes très répandus sont décrits ci-dessous :

  • la chanson Happy Birthday to You est un des mèmes les plus performants de tous. Il est présent dans presque tous les faits culturels de fête d'anniversaire.
  • les origamis sont des mèmes qui possèdent une très grande fiabilité lors de leur réplication.
  • la technologie contient de nombreux mèmes qui sont liés à son évolution (voiture...) ; la technologie démontre clairement le mécanisme de mutation permettant à des améliorations d'apparaître et de se répandre.
  • les images pouvant être associées à des épisodes de l'histoire,
  • les images associées à des représentations du monde,
  • jingles accompagnant les messages publicitaires,
  • musiques que l'on ne peut chasser de son esprit
  • blagues, du moins celles qui sont communément considérées drôles
  • proverbes, dictons et aphorismes
  • les poèmes épiques étaient très importants pour conserver l'histoire orale
  • chanson enfantine qui se propage de parents à enfants de génération en génération
  • chaînes de lettres
  • religions et croyances
  • théories de complots

Critiques

Certains auteurs critiquent la mémétique sur la base qu'elle ne permet pas de faire de prédictions concernant les évolutions futures de la culture. Si elle décrivait adéquatement les mécanismes mis en œuvre, elle devrait pouvoir le faire. Certains répondent qu'elle se place dans la catégorie des phénomènes complexes, comme l'économie ou la météo, et que la recherche de la prédiction parfaite est impossible, par manque d'informations sur les conditions initiales (il faudrait scanner et interpréter le "contenu" de tous les cerveaux).

D'autres auteurs, comme le darwinien et chrétien Connor Cuningham, pensent que la théorie des mèmes comporte une erreur intrinsèque, dès sa formation. Si l'on applique la théorie des mèmes à la culture, aux connaissances, alors cette théorie est un mème au même titre que la théorie créationniste, ou religieuse. Et si je suis victime de l'expansion d'un mème, que ce soit en défendant l'une ou l'autre de ces théories, qu'est-ce qui distingue les mèmes "corrects" des "incorrects" ? Cette théorie ne le permet pas. Elle permet par contre, de placer au centre du débat nos filtres personnels ou collectifs, nous permettant d'évaluer et de comparer. Le fait qu'une théorie puisse s'appliquer à elle-même n'est d'ailleurs pas considéré ordinairement comme une faiblesse, ainsi les sociologues du programme fort en sociologie de la connaissance scientifique font de la réflexivite de leur théorie un des 4 piliers essentiels de la discipline.

Notes et références

  1. Oxford English Dictionary, Traduit par Pascal Jouxtel dans Comment les systèmes pondent ? Introduction à la mémétique, Le Pommier, Paris, 2005.
  2. Aaron Lynch, 1996, Thought contagion. How Belief Spreads Through Society. The New Science of Memes. Basic Books

Bibliographie

  • (fr) Claidière Nicolas, Théories darwiniennes de l'évolution culturelle : modèles et mécanisme thèse de doctorat, 2009 [1].
  • (fr) Dominique Guillo, la culture, le gène et le virus, La mémétique en question, Hermann, 2009
  • (fr) Gérard Ayache, Homo sapiens 2.0 - Introduction à une histoire naturelle de l'hyperinformation, Max Milo, Paris, 2008.(ISBN 978-2-35341-038-5)
  • (fr) Safi Douhi, Mémétique. Une théorie de l'évolution ...des idées ? Science & vie no 1093 , octobre 2008 , p. 103-109
  • (fr) Michel Serres, Récits d'humanisme, Le Pommier, 2006.
  • (fr) Susan Blackmore, La théorie des mèmes, Max Milo, 2006 (traduction de The Meme machine)
  • (fr) Pascal Jouxtel, Comment les systèmes pondent ? Introduction à la mémétique, Le Pommier, Paris, 2005. Citations
  • (fr) Howard Bloom, Le cerveau global, le principe de Lucifer tome 2. Paris: Le jardin des livres, 2004.
  • (fr) Howard Bloom, Le principe de Lucifer. Paris: Le jardin des livres, 2002.
  • (fr) Jean-Michel Truong, Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2001.
  • (fr) D. Sperber, La contagion des idées, Paris, Odile Jacob, 1996.
  • (fr) N. Khouri, Il y a vingt-cinq ans, la sémiotique, in Horizons Philosophiques, vol 1 no 2, p. 161-175, 1991.
  • (fr) Richard Dawkins, Le gène égoïste, Menges, Paris, 1978, Armand Colin, Paris 1990.
  • (fr) Julia Kristeva, Sêmeiôtikê, recherche pour une sémanalyse, Seuil, Paris, 1969.
  • (en) Howard Bloom ,The Genius of the Beast: A Radical Re-Vision of Capitalism, 2009
  • (en) R. Brodie, Virus of the Mind: The New Science of the Meme, Integral Press, 1996.
  • (en) Susan Blackmore, The Meme Machine, Oxford, Oxford U. P., 1999.
  • (en) Susan Blackmore, Imitation and the definition of a meme, 1998.
  • (en) Charles Darwin, The origin of species [1869], Penguin Books, Londres, 1985.
  • (en) Richard Dawkins, Viruses of the mind, in (B. Dalhbom, ed.) Dennett and His Critics: Demystifying Mind, Blackwell, 1993.
  • (en) Richard Dawkins, Is religion just a disease?, The Daily Telegraph, Wednesday December 15, p. 18, 1993.
  • (en) Daniel Dennett, Memes and the exploitation of imagination, J Aesthetics Art Criticism 48 : 127-135, 1990.
  • (en) Daniel Dennett, Consciousness Explained, Penguin Books, 1991.
  • (en) Daniel Dennett, Darwins dangerous idea. NY, Simon & Schuster, 1995.
  • (en) L. M. Gabora, Memetics: The creative spark, Wired 5.06, June 1997.
  • (en) A. Lynch, Thought Contagion: How Belief Spreads Through Society, the New Science of Memes. Basic Books, 1996.
  • (en) W.V.O. Quine, Theory and Things, Harvard U.P., Cambridge, 1981.
  • (en) W.V.O. Quine, Ontological Relativity and Other Essays, Columbia U.P.Mélissa Thériault, New York, 1969.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

 

01:54 09/12/2011 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook